Les voitures ont recommencé à glisser à l'Autodrome.

Fraicheur de début de saison

La communauté sportive de la région est divisée en plusieurs familles. Celle du hockey, du baseball, du football, du soccer, du tennis, etc. Et il y a celle de la course automobile aussi. Et c'est celle qui, malgré de nombreux déchirements, est la plus tissée serrée.
C'est probablement le danger, ou la peur, qui unit les gens du stock-car de la région. Car chaque course peut mal finir. Les pilotes veulent gagner et les amateurs aiment les belles batailles en piste, mais personne ne veut voir un conducteur se casser la gueule. Et lorsque ça arrive - parce que ça arrive -, plus rien ne compte à l'exception de la santé de la victime.
C'était l'ouverture de la saison vendredi soir à l'Autodrome Granby. Et il y a eu de la casse. Pour la peine à part ça. La soirée s'est d'ailleurs terminée sur un accident qui a fait craindre le pire à plusieurs. Disons que lorsque Frédéric Lussier a réussi à s'extirper de son pro-stock viré à l'envers, on a tous poussé un long soupir de soulagement.
Josée, qui a à peu près tout fait à l'Autodrome au fil des ans, m'a fait faire un méchant saut lorsqu'elle a lâché un cri de mort après que la voiture de Lussier ait volé dans les airs à la suite d'un contact avec celle de Rolland Hébert. « Je m'excuse, mais ce sont mes p'tits gars ! », a-t-elle dit.
La veillée a pris fin comme ça, sur un accident. Ça finit mal un peu. Mais les gens de la grande famille des courses avaient renoué et les pilotes, leur entourage et les amateurs étaient contents que la saison soit enfin commencée, un gros huit mois après le dernier programme.
Et avec toute cette pluie qui nous est tombée dessus au cours des dernières semaines, les gens se considéraient chanceux d'avoir eu des courses. Faisait pas chaud, les grosses couvertures étaient bien visibles dans les gradins, mais il y avait eu des courses. Et c'est tout ce qui comptait.
Dans les puits, avant le début de la soirée, les sourires étaient nombreux. À peu près toutes les conversations commençaient par un ronflant : « Pis mon Pierre (ou Jean, ou Jacques), t'as passé un bel hiver ? » Et les réponses commençaient presque toutes par : « Oui, mais il était temps que les courses recommencent ! »
Sans compter que les voitures, toutes fraîchement repeintes et les carrosseries réparées, étaient superbes. Mais déjà, à la fin de la soirée, plusieurs étaient moins sexy...
Ça sentait le frais, vendredi soir, à l'Autodrome. La fraicheur d'un début de saison. Bref, ça sentait bon.
On va vous parler de courses souvent pendant les quatre prochains mois. De courses sur terre battue, bien sûr, mais aussi de NASCAR, dont les activités de la série canadienne débutent le week-end prochain.
Vous êtes contents vous autres aussi ?