Me voici à l'âge de 14 ans! Lors de la Fête des mascottes de l'été 1990, le Kolorami est devenu ma deuxième peau. Avec moi sur cette photo, ma tante Nicole, preuve que c'est vraiment moi qui se cache à l'intérieur du toutou.

Fête des mascottes 1990 : j'ai porté l'uniforme!

Quatre jours. Mon premier emploi d'été, celui une coche au-dessus du gardiennage d'enfants et de la cueillette de fraises, a duré quatre jours. Pas que je ne faisais pas l'affaire. Au contraire. C'était ça le contrat. Dans le temps, la Fête des mascottes et des personnages animés s'étirait sur quatre journées. Je vous ramène en juillet 1990. J'avais 14 ans. Kodak venait de lancer une série de petits toutous, les Koloramis. J'ai personnifié le jaune.
Comment je me suis retrouvée à donner vie à une grosse boule de fourrure au nombril ressorti alors que Granby se trouvait en pleine canicule? Une petite annonce publiée dans La Voix de l'Est. Tout simplement. Après avoir accepté le fait que j'allais sans doute y suer ma vie, j'étais prête à vivre cette chaleureuse expérience. L'aventure piquait ma curiosité. Paradoxale pour moi qui, enfant, avait une peur bleu foncé des mascottes et de tous ces personnages de la trempe de Ronald McDonald.
De toute façon, je percevais cet emploi relativement «facile». Incarner une mascotte se résumait, dans ma tête d'ado, à faire des cabrioles, distribuer des câlins aux plus téméraires, penser à des détours pour éviter les peureux, décoiffer quelques parents et faire des tatas subtils à ma famille et à des amies venues m'encourager. Tout ça enveloppée dans ce qui pourrait s'apparenter à une housse à divan poilue avec des yeux et des pieds surdimensionnés.
Une fois réunis autour de celui qui, à l'époque, incarnait l'illustre rouquin Youppi, j'ai pourtant réalisé à quel point rendre un toutou grandeur nature vivant venait avec une importante responsabilité. Les enfants viennent fous de joie à la vue d'une mascotte. L'espace d'un instant, dans leur petit coeur, on se retrouve au même niveau que le père Noël et la Fée des dents. Ce n'est pas rien! Les faire rire, ajouter un brin de magie à leur été et les faire se sentir spéciaux et importants, voilà ce que nous avait enseigné celui qui donnait vie à la mascotte des Expos de Montréal.
Bien sûr, il nous avait refilé quelques trucs pour mettre un pied (ou une patte) devant l'autre sans cassures et arriver à voir plus loin que le bout de notre deuxième nez à travers des yeux ou une bouche en moustiquaire. Finalement, il nous a partagé LA chose que toute bonne mascotte se doit de respecter: le silence. Une mascotte ne parle pas. On y allait donc de signes divers pour signifier à notre accompagnateur que nous avions soif, envie de pipi ou que nous nous trouvions au seuil de l'évanouissement sous notre deuxième peau. Malgré la chaleur intense qui régnait cette semaine-là, je n'ai vécu aucun malaise. Chaque animateur a sa propre histoire, comme vous pourrez le découvrir dans le texte suivant...
J'ai su m'écouter et m'hydrater faut croire, car je portais quand même une des plus grosses peluches à déambuler rue Principale cette année-là. Tant qu'à devenir une mascotte, je voulais en être une vraie. Une avec une grosse tête tenue par un casque de hockey. D'ailleurs, après quelques minutes à faire des steppettes sous un soleil de plomb, la bête vient qu'à sentir la chambre des joueurs. Je ne voulais rien de moins qu'une vraie mascotte avec de gros petons qui donnent l'impression de marcher avec des palmes. Avec mon Kolorami, j'étais servie! Et, bonne nouvelle, mon nouveau copain aux allures de hamster ne portait qu'un petit bout de queue. Car devinez ce que fait un enfant qui suit une mascotte? Je pense avoir perdu 15 livres au cours des quatre jours où j'ai joué la mascotte.
À ceux et celles qui se préparent à vivre l'expérience pour une première fois cette année, j'aimerais vous donner un tout petit conseil. Un léger avertissement qui vient en deuxième position après «hydratez-vous» et qu'il suffit d'appliquer à la Fête des mascottes. 
C'est une ligne lancée par un humoriste un jour. Elle m'avait fait beaucoup rire, car je connaissais le sentiment, ou plutôt la sensation, d'enfiler une mascotte. Et avec mon imagination débordante, je n'avais aucun mal à visualiser l'étendue potentielle des dégâts. Ceci dit, ça ne m'est jamais arrivé, mais on n'est jamais trop prudent. Alors chers amis, n'oubliez pas qu'il vaut mieux être malade au Carnaval que dans le Bonhomme Carnaval!
Sur ce, bonne fête des mascottes chères mascottes!