« Cette appellation, ça garantit au consommateur que le vigneron a respecté un cahier des charges au niveau de la production, de la transformation et de la qualité du produit », explique Charles-Henri de Coussergues, de l'Association des vignerons du Québec.

Faire confiance aux vins du Québec

L'Association des vignerons du Québec est actuellement en période de consultation publique quant à sa demande au Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV). Elle souhaite obtenir pour les vins du Québec une Indication géographique protégée (IGP) Vin du Québec, pour que tous fassent confiance aux vignerons québécois.
« C'est un vieux rêve, que le Québec ait une appellation dans le vin », débute Charles-Henri de Coussergues-, propriétaire de L'Orpailleur et membre de l'Association des vignerons du Québec. « Parce qu'une appellation, ça donne tout de suite de la crédibilité à une industrie. C'est un outil de communication, pour prouver que les produits sont de qualité ».
Parce que selon le vigneron d'expérience, certains Québécois boudent leur vin local. « Il y a encore des gens qui ont des craintes, des réticences, des préjugés sur les vins québécois ». Une appellation permettrait aux Québécois d'avoir confiance en leurs vignerons. « On estime que l'industrie est assez mature aujourd'hui pour se doter d'une appellation », juge-t-il.
Même certains critiques remettent parfois en doute l'origine de certains bons vins du Québec. « Certains chroniqueurs en vin, quand ils dégustaient des vins et qu'ils les trouvaient bons, ils avaient des doutes sur l'origine du vin. Ils avaient du mal à admettre que parce que c'est bon, ça peut aussi être Québécois. C'est frustrant. Nous on veut démontrer que nos vins sont bons ! », s'insurge Charles-Henri de Coussergues.
En date d'aujourd'hui, les vins québécois « certifiés » respectent un cahier des charges géré par l'Association des vignerons. Si la demande passe au conseil, la nouvelle Indication géographique protégée sera prise en charge par le CARTV, ce qui assure une plus grande impartialité et un plus grand gage de qualité. 
Opposition
Le cahier des charges actuellement disponible pour consultation publique ne fait pas l'accord de tous. Déjà, la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) démontre son désaccord sur deux points du projet. La RACJ s'oppose au partage d'équipement, dont les pressoirs, des vignobles établis aux nouveaux vignobles. Aussi, elle dénonce la volonté de l'Association des vignerons du Québec de produire certains de leurs vins avec 100 % de raisons achetés à d'autres producteurs québécois.
Il est possible de prendre connaissance de la demande de l'Association des vignerons du Québec à l'endroit du CARTV, de lire le cahier des charges proposé et de faire part de vos commentaires en visitant le www.cartv.gouv.qc.ca/demande-reconnaissance-l-igp-vin-quebec.
La consultation publique prendra fin le 10 août.