ÉCR: des problèmes à souligner

Certains problèmes rencontrés par plusieurs amis chrétiens/ protestants concernant le cours Éthique et culture religieuse (ÉCR) m'ont poussé à y regarder de plus près moi-même.
Il faut remarquer que ceux qui ont conçu ce cours voulaient répondre aux attentes de chaque religion représentée, et cela de façon honnête et précise. Ceci étant dit, deux problèmes existent avec la façon dont le cours traite de religion en général.
 
D'abord, elles sont comme des spécimens qui sont examinés (pages 12-13 du cours ÉCR au primaire). Ceci nie la nature des religions qui sont plutôt une vision que nous pouvons utiliser pour voir (les lunettes différentes). Il faut voir le monde au travers de leurs yeux, et non de comparer les différentes célébrations de Noël ou Pâques.
Le deuxième problème implique une approche «magasinage» aux religions. Le cours veut développer une diversification du «goût» pour la religion (page 14), mais nous ne pouvons pas écrire notre propre recette d'une religion. Elles ne peuvent pas être toutes vraies. Dieu est soit une personne (christianisme) ou une force impersonnelle (hindouisme et bouddhisme). Jésus est soit mort sur la croix pour sauver les pécheurs (christianisme), ou il n'est pas mort du tout (islam).
Selon le psychologue Jean Piaget, les enfants, entre deux et sept ans (phase pré-opérationnelle) ne sont pas capables de se mettre dans les souliers d'un autre. Leur pensée est concrète, loin de déductions logiques et de généralisations. Ce n'est qu'à partir 7-11 ans (phase concrétisation opérationnelle) que les enfants peuvent faire les classements dans un monde concret. Les abstractions complexes ne peut être saisies jusqu'à 12-15 ans (phase opérationnelle formelle). Comment les enfants situés entre l'âge de cinq et onze ans peuvent évaluer les revendications compétitives des différentes religions quand ils n'ont pas encore développé ces capacités?
Il y a le problème majeur de la pression des pairs, la compétition et un environnement hostile. Je sympathise avec les enfants sincères qui ont une petite semence fragile de spiritualité grandissant dans leur coeur. Pourquoi faire d'eux des objets dans la classe afin de les analyser et de les disséquer, quand des jeunes peuvent très bien utiliser n'importe quoi pour les ridiculiser?
En terminant, il y a de sérieux problèmes avec la manière que le gouvernement applique ce programme. Le cours essaie de promouvoir la tolérance sans être tolérant envers ceux qui pensent différemment d'eux. Il semble promouvoir la pensée démocratique sans utiliser un processus démocratique. Ils ne pratiquent pas ce qu'ils prêchent!
Ça me rappelle la manière dont les États-Unis ont essayé d'apporter la démocratie en Irak avec les armes de guerre. Je suis en accord avec les deux buts ultimes du cours: la connaissance et l'appréciation des autres ainsi que la poursuite d'un but commun. Mais il y a plusieurs autres moyens d'accomplir ces buts sans écraser l'identité spirituelle qui prend racine dans le coeur de nos enfants sous le poids d'un programme qui a des problèmes avec son enseignement, sa structure et son application.
David Warner
pasteur associé avec Église Évangélique Baptiste de Cowansville