L'ex-Beau Dommage souhaiterait profiter de sa retraite pour effectuer un retour à la création.

École nationale de la chanson : Robert Léger à l'aube de la retraite

Robert Léger ne s'en cache pas: il commence à songer à sa retraite. Il n'est pas pressé, mais, à 67 ans, le directeur musical de l'École nationale de la chanson se dit prêt à confier certaines tâches à quelqu'un d'autre.
Un premier pas a été franchi en ce sens il y a deux semaines, alors que Vincent Vallières a rallié les rangs des enseignants à titre de professeur du cours Paroles et musique auparavant dispensé par l'ex-Beau Dommage.
«Vient un temps où c'est le temps de laisser sa place à du sang neuf. De plus en plus, je souhaite me retirer par rapport à l'École, admet celui qui conserve toutefois son poste à la direction de l'établissement pour le moment. Je vieillis, je n'ai plus l'énergie que j'avais, et je n'ai certainement pas l'intention d'y être encore à 80 ans.»
Il tient toutefois à bien faire la transition. «Notre mission reste la même: celle de bien préparer les auteurs-compositeurs-interprètes à leur métier. Mon rêve n'est pas d'avoir soudainement une douzaine de jeunes professeurs - il ne faut pas non plus se priver de l'expérience qu'on a déjà -, mais de mêler les forces de ceux qui sont dans le métier présentement et le savoir-faire de gens qui ont 30, 40 ans de carrière derrière la cravate. Ça permettra de donner accès à nos élèves à deux facettes du métier.»
Vallières, un excellent choix
Vincent Vallières, selon Robert Léger, est un excellent choix de nouveau professeur pour trois raisons principales. «De un, c'est un extraordinaire auteur-compositeur-interprète. Il fait partie des trois ou quatre de sa génération qui offrent une qualité constante dans leur création. C'est d'abord une question de respect pour l'artiste.»
«Il a également une très belle personnalité, poursuit-il. Certains artistes développent de gros égos, mais pas lui. Malgré un très grand talent, il sait rester souple et humble. Et puis il y a son background de professeur qui n'est pas à négliger.»
Robert Léger verrait d'ailleurs bien Vallières prendre sa place à la tête de l'ÉNC. «Mais bon, il faut voir s'il a le temps parce que c'est exigeant et qu'il a déjà un horaire passablement chargé...»
Pour sa part, l'ex-Beau Dommage souhaiterait profiter de sa retraite pour effectuer un retour à la création. «Le désir n'est pas éteint. J'aimerais beaucoup écrire et composer des chansons à nouveau, mais en ce moment, l'École demande une énergie qui anéantit l'énergie créatrice.»