Jacques Bouchard et Myriam Herman, que plusieurs ont eu le plaisir d'entendre dans La Mélodie du Bonheur l'automne dernier, préparent un spectacle de chansons d'amour pour la St-Valentin.

Du bonheur à l'amour

Après avoir chanté le bonheur, voilà que le capitaine von Trapp et la belle Maria se préparent à chanter l'amour. À l'aube de la St-Valentin, Jacques Bouchard et Myriam Herman - de la distribution granbyenne de La Mélodie du Bonheur - donneront une deuxième vie à leurs personnages respectifs dans un spectacle né d'un coup de foudre artistique.
« Jacques a une grande qualité vocale, insiste Myriam Herman, soprano à l'Opéra de Montréal. Quand j'ai écouté ce qu'il avait enregistré, ça a fait Wow ! Un grand coup de foudre. Je me suis dit 'Oh my God : j'ai un diamant entre les mains ! Il ne reste qu'à le polir'. »
En octobre dernier, la chanteuse lyrique d'expérience a partagé la scène avec M. Bouchard dans La Mélodie du Bonheur. C'est toutefois en entendant son côté crooner et certains airs d'opéra interprétés par celui qui incarnait à ses côtés le capitaine von Trapp qu'elle a découvert tout son potentiel. « C'est là que je l'ai reconnu à sa pleine valeur, admet-elle en toute franchise. Il a ouvert une porte. »
Récemment, Le Plus faisait la rencontre de Jacques Bouchard. Atteint du syndrome d'Asperger, l'homme de 64 ans qui venait de participer à quatre représentations de la célèbre comédie musicale souhaitait sensibiliser les gens à la réalité du trouble du spectre de l'autisme. Fier d'avoir relevé un tel défi, il souhaitait dire aux gens dans sa situation « Osez ! Vivez des expériences ! »
Dans le processus de production de La Mélodie du Bonheur, M. Bouchard a dû, à un certain moment, s'ouvrir à ses camarades sur sa réalité. Pour lui, rendre une émotion, s'abandonner à un sentiment, demandait beaucoup de travail. Une déclaration qui a permis à Myriam, entre autres, de comprendre bien des choses. « Je me suis dit 'Ah, c'est ça ! ' », lance-
t-elle en riant.
Habituée d'enseigner à des enfants, appelée à « répéter souvent », illustre-t-elle, la soprano savait qu'elle avait la patience pour prendre M. Bouchard sous son aile. Ensemble, le duo forme une « équipe de feu ! » Et des projets, Myriam en a plein la tête.
Après seulement deux cours de chant en sa compagnie, M. Bouchard a connu une évolution phénoménale, admet l'enseignante. « Jacques n'a pas la voix de son âge, dit-elle. Il a une voix en forme, sans mauvais plis. »
« J'ai la voix de mon coeur ! », lance celui qui dit être motivé à mener le duo le plus loin possible. Lui qui n'avait jamais suivi de cours de chant auparavant.
Chanter l'amour
Réunis par la passion de la musique, les deux chanteurs ont donc décidé de faire revivre le capitaine von Trapp et Maria pour la St-Valentin. Maria et le capitaine chantent l'amour sera présenté le samedi 11 février, à 20 h, à l'église St.George de Granby. Au programme : de l'opéra, de la pop, en français, en anglais et en italien. En solo et en duo.
« C'est le début d'une belle aventure », insiste Myriam, visiblement impressionnée par le talent de celui qu'elle nomme « son poulain ».
« Moi, je carbure à cette passion, dit M. Bouchard. Je suis appuyé sur une base solide. C'est du bon mentorat. J'ai une bonne coach ! »
Une rencontre qui semble apporter aux deux.
« Jacques est un cadeau, poursuit Myriam. Il m'a donné la flamme pour me battre. J'avais un peu perdu la drive, moi qui suis une vraie Nitro ! Là, je suis partie ! J'ai des ailes. Je vends un show, une cause (voir autre texte) et j'ai mon diamant à polir ! »
Les billets pour Maria et le capitaine chantent l'amour sont en vente (20 $) au café Madame Hortense. N'oubliez pas que deux dernières représentations de La Mélodie
du bonheur auront lieu le samedi 7 janvier, à l'auditorium
du cégep de Granby, à 14 h 30 et à 20 h.
Une passion, une cause
Avec le spectacle Maria et le capitaine chantent l'amour, Myriam Herman souhaitait soutenir une cause, mais laquelle ? C'est à ce moment que son collègue Jacques l'a regardée en lui disant : 'Je l'ai la cause : je suis la cause ! »
« Évidemment ! , lance-t-elle. Je l'avais en pleine face et je ne la voyais pas ! »
Cette cause, c'est l'autisme. Comme Jacques Bouchard est atteint du syndrome d'Asperger et que le neveu et la nièce de Myriam sont tous deux aux prises avec le spectre de l'autisme, il n'en fallait pas plus au duo pour l'adopter.
Lors du spectacle du 11 février, une partie des profits sera donc remise à la Fondation Véro et Louis qui souhaite offrir un milieu de vie sécuritaire et stimulant à des adultes autistes âgés de 21 ans et plus.
C'est Guylaine Guay, l'humoriste, conférencière et auteure du livre Deux garçons à la mère, qui agit à titre de marraine de cette Fondation lancée en avril dernier par Véronique Cloutier et Louis Morissette. Mme Tremblay est la maman de deux enfants autistes, Léo 15 ans et Clovis, 13 ans.
« Je l'ai dit à la dame à la Fondation : nous, on est partis pour plusieurs années, alors on peut vous aider pendant longtemps ! », a souligné
M. Bouchard.