Bertrand Derome est le seul camelot de L'Itinéraire à vendre la publication au-delà des limites de la métropole. On le retrouve les 1er et 15e jours du mois dans le stationnement du bureau de poste de Sutton.

Des rues de Montréal à Sutton: l'itinéraire de Bertrand Derome

Lui, c'est « Monsieur Sutton ». Un surnom dont on l'a affublé en raison de la tuque, arborant le nom de sa ville d'adoption, qui ne le quitte presque jamais. Depuis deux ans et demi, Bertrand Derome est camelot pour le magazine de rue L'Itinéraire, qu'il vend les 1er et 15e jours du mois dans le stationnement de Postes Canada, rue Principale, à Sutton. C'est d'ailleurs dans cette municipalité qu'il vit paisiblement depuis six ans, après une vie de tourmente.
Il faut l'admettre, M. Derome ne l'a pas eue facile. Dès la préadolescence, l'homme, aujourd'hui âgé de 54 ans, s'est retrouvé dans le monde interlope, fréquentant des motards et vendant de la drogue. « J'ai eu beaucoup de mauvaises influences qui m'ont fait prendre des mauvaises décisions », reconnaît-il.
Il a lui-même consommé du crack pendant deux décennies. Il s'est retrouvé en prison pour dix ans et en a ensuite vécu neuf ans dans les rues de Montréal. Il dormait dans les portiques de guichets automatiques ou d'immeubles à logements. Les derniers temps ont été très difficiles. « La dernière fois que j'ai consommé, [je suis] passé proche de la mort, raconte l'ancien itinérant. Ma consommation était devenue très dévastatrice et moi, très maigre. Je devais peser environ 80 livres. Pour un gars de 5'11'' comme moi, c'est pas beaucoup... »
Une décision qui change une vie
Puis, un jour, un juge lui donne le choix: ou bien il se tient loin de Montréal durant six mois, ou bien il retourne derrière les barreaux. Il n'en a pas fallu plus pour que Bertrand Derome saisisse l'occasion qui a changé sa vie. Aidé par ses parents, avec qui il entretient cependant une relation conflictuelle, il emménage dans un appartement à Sutton. La transition ne s'est pas faite sans heurt. « Il a fallu que je réapprenne à vivre. Ce n'est pas facile quand tu vis dans un monde de dope, de crime, et qu'après ça, tu retournes dans un monde normal », dit-il.
Tous les détails dans notre édition de jeudi