La future plateforme de compostage de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi sera recouverte d'un dôme, comme celui sur le site de la MRC du Rocher-Percé (sur la photo).

Des pertes de 557 500 $ envisagées par la RIGMRBM

Le fait de transformer les matières organiques des résidants en compost aura un impact financier important sur la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi. L'organisme paramunicipal pourrait perdre chaque année plus de 557 500 $ en revenus.
La Régie se trouve déchirée entre deux missions: l'enfouissement des déchets et la transformation de matières organiques en compost, service qu'elle entend offrir aux 21 municipalités de la MRC Brome-Missisquoi dès l'automne.
En 2015, les revenus de l'organisation se sont élevés à 3 182 227 $, alors qu'un total de 59 000 tonnes de déchets ont été enfouies. Chaque tonne enfouie se fait au coût de 55,75$. Ce tarif est ensuite chargé au client. Sur les 59 000 tonnes, 10 000 sont des matières organiques. Or ce volume ne devrait plus être enfoui dès le mois d'octobre, d'où le manque à gagner envisagé.
«C'est clair qu'on n'aura pas les mêmes revenus et c'est aussi clair que le compostage ne sera pas rentable. Donc qu'est-ce qu'on fait? On ne peut pas se fermer les yeux ou jouer à l'autruche. On réfléchit pour voir comment on peut conserver nos revenus», explique le maire de Cowansville, Arthur Fauteux.
La RIGMRBM est en bonne santé financière, assure son président, Pierre Janecek, maire de Dunham. En 2015, confirme-t-il, la Régie a dégagé un surplus de 630 952 $. Elle doit cependant demeurer alerte, dit-il. «Si on passe de 59 000 à 49 000 tonnes, on est encore rentable. Mais il faut faire attention parce que nos coûts fixes restent presque les mêmes, peu importe le tonnage.»
Différents scénarios sont sur la table, souligne M. Janecek. Les dirigeants de la Régie discutent du tout avec la compagnie Matrec. «Ils ont une expertise dans le domaine. On veut voir si on peut aller chercher d'autres clients, d'autres municipalités intéressées à enfouir chez nous», dit-il.
Les revenus engendrés combleraient ceux perdus par le compostage, croit-il. «On doit regarder tout ça maintenant et ne pas attendre de se réveiller un jour et réaliser qu'on n'est plus rentable.»
Parmi les options, une hausse du prix d'enfouissement de la tonne est aussi analysée. Cette approche est dangereuse, croit toutefois M. Janecek. «Il y a d'autres sites d'enfouissement ailleurs. Leurs prix sont très bas. C'est un marché féroce.»
La Régie a le droit en vertu d'autorisations gouvernementales d'enfouir jusqu'à 75 000 tonnes par année. Elle n'a jamais atteint ce plafond, souligne M. Fauteux. «On n'est pas un site privé. On doit bien le gérer pour qu'il dure dans le temps.»
Les 21 municipalités de la MRC chargeront une taxe de service à leurs citoyens pour payer pour la collecte, le transport et la transformation de leurs matières organiques. À Dunham, la taxe devrait être de 105 $ ou 106 $ par unité de logement, a dit M. Janecek.
Plateforme
La RIGMRBM a d'ailleurs officiellement déposé le 13 avril sa demande de certificat d'autorisation pour construire une plateforme de compostage. Sa capacité sera de 12 600 tonnes par année.
Le projet comptera aussi un bassin de captation des eaux de lixiviation du compost. Elles seront répandues dans une forêt de saules spécialement aménagée sur le site. Cette forêt de saules, reconnus pour leur capacité d'absorber l'eau, couvrira une superficie de quatre hectares.
Une rencontre est prévue à la mi-mai entre les dirigeants de la Régie et les maires des 21 municipalités de la MRC pour faire le point sur le projet, a dit Robert Desmarais, directeur général de la MRC. Les conseils municipaux devront passer des résolutions confirmant qu'ils feront affaire avec la Régie pour traiter les matières organiques de leurs citoyens.