Marie-Josée Thibert a été invitée à fournir une analyse poussée sur la profession d'aviseur technique afin d'ajouter le titre à la prochaine mouture de la Classification nationale des professions, prévue pour... 2021.

Des critères trop rigides?

La grande majorité des employeurs présents au Salon Priorité Emploi s'estiment satisfaits de l'organisation de l'événement. Il en va toutefois autrement avec le site de placement en ligne d'Emploi Québec, que plusieurs jugent « désuet ».
Marie-Josée Thibert est arrivée au Salon Priorité Emploi avec une douzaine de postes à combler au sein de Les Équipements Adrien Phaneuf Inc. La directrice des ressources humaines déplore la complexité du processus pour afficher certaines offres d'emploi sur le site web d'Emploi Québec. 
Comme les appellations d'emploi à utiliser sont les termes imposés par le gouvernement fédéral, certains ne correspondent pas à la réalité et compliquent l'affichage des postes. « J'ai des emplois de vendeurs et de mécaniciens, mais aussi des postes plus spécialisés, comme un technicien GPS ou un aviseur technique, des titres qui n'existent pas sur le site d'Emploi Québec, explique Mme Thibert. Je dois donc afficher mes emplois avec d'autres noms, comme commis aux pièces, ce qui ne reflète pas réellement ce en quoi l'emploi consiste. »
« On l'utilise peu, pour différentes raisons, entre autres parce qu'on n'affiche pas tous nos postes. Mais c'est un site désuet qui aurait besoin d'une petite refonte, reconnaît également Josée Marcotte, présidente de l'agence de recrutement Émergence­. Quand vient le temps de choisir le titre de l'annonce, le nom du poste n'est jamais le bon. »
Même son de cloche de la part de Magalie Morrissette, qui représentait NSE Automatech au salon. « Quand c'est un poste qui existe déjà, il n'y a pas de problème, relève-t-elle. Mais on a par exemple un poste qu'on a créé de toutes pièces, qui est très technique et qui demande des compétences précises. Il a fallu changer le titre quatre fois dans nos annonces, sinon on ne sort pas dans les résultats de recherche usuels. »
Une mise à jour en 2021
La problématique n'émanerait toutefois pas d'Emploi Québec, mais plutôt du gouvernement du Canada, via la Classification nationale des professions du Canada (CNP). Celle-ci fournit à Emploi Québec les appellations des dif­férents emplois, une liste mise à jour tous les cinq ans.
Après avoir signalé la problématique à un représentant de la CNP, Mme Thibert a été invitée à fournir une analyse poussée sur la profession, incluant entre autres le nombre approximatif de travailleurs dans l'ensemble du pays, les études requises, les exigences d'accréditation prévues par la loi et les coordonnées d'experts ou de personnes-ressources dans ce domaine professionnel.
Tout cela pour ajouter le terme « aviseur technique » dans la prochaine mouture de la CNP, prévue pour... 2021. « On a ri de moi », déplore la directrice, qui ne s'explique pas pourquoi il lui reviendrait à elle de réaliser une telle étude sur l'état d'une profession pourtant en croissance. « Si je cherche "aviseur technique" sur Internet, je trouve plus de 56 000 liens... » laisse-t-elle tomber, ajoutant qu'il existe pourtant des postes aussi « précis » que « commis à la recherche de colis perdus, commis au comptoir de beignes et surveillant de cantine ambulante » parmi les options disponibles au moment de remplir une offre d'emploi.
Les organisateurs du Salon Priorité Emploi ont indiqué ne pas avoir été mis au parfum de ces doléances. Il n'a pas été possible de s'entretenir avec un responsable de la Classification­ nationale des professions.