Des dizaines d'étudiants du cégep de Granby se sont réunis au café de l'établissement pour écouter le débat électoral.

Des cégépiens intéressés par le débat

Des cégépiens intéressés par le débat
Des cégépiens intéressés par le débat
Granby - Les dizaines d'étudiants du cégep de Granby réunis au café de l'établissement pour écouter le débat électoral opposant les quatre principaux chefs, hier, ont prouvé que ce ne sont pas tous les jeunes qui sont désintéressés, voire désabusés de la politique.
Question d'attirer le plus de personnes possible, les organisateurs de l'événement, notamment chapeauté par le Forum jeunesse Montérégie Est, ont d'ailleurs misé sur les réseaux sociaux. Ainsi, la plateforme Twitter a été mise à contribution pour transmettre les commentaires des participants des quatre coins de la province, en temps réel, dans la salle à l'aide d'un projecteur.
La Voix de l'Est a donc pris le pouls de quelques auditeurs avant le lancement du débat. La candidate du Parti québécois dans Granby, Joanne Lalumière, a fait de même en prenant un rapide bain de foule, échangeant avec les jeunes au passage. Le maire de Granby Pascal Bonin était aussi présent.
Marie-Philippe Gill votera pour la première fois le 7 avril. La jeune femme affirme que le brassage d'idées lui permettra de choisir la case où elle apposera son «x». «J'aimerais que le débat porte sur des thèmes qui touchent les jeunes. L'éducation, la culture. Selon moi, un bon chef doit être spontané. J'ai hâte d'entendre ce qu'ils ont à dire. Je veux prendre une décision éclairée, parce que ça va avoir une incidence sur ce qui se passera au cours des prochaines années», explique-t-elle.
Bien qu'il ait 19 ans, Alexandre Bourdages s'intéresse depuis longtemps à la sphère politique. Il dit se camper davantage vers les partis de gauche, particulièrement le Parti québécois. Le charisme, voilà le principal atout que devra avoir le chef qui dirigera la province selon lui. Les principaux sujets dont il voulait entendre débattre sont en lien avec l'éducation et le système de santé.
«Je suis étudiant en soins infirmiers et je crois qu'il y a beaucoup de problèmes dans ce secteur, mentionne-t-il. Mais, on n'en parle pas assez. Les jeunes sont aussi laissés de côté. Il n'y a pas grand-chose pour nous. Malheureusement, je crois qu'on va assister à une campagne de salissage du PQ durant le débat, notamment en ce qui concerne l'économie et le bilan de la création d'emplois.»
Malgré que la Charte de la laïcité et la souveraineté l'interpellent, il est d'avis que le gouvernement Marois n'a pas pris la bonne tangente pour arriver à faire passer ses idées.
«Il y a plusieurs choses qui ont été mal menées par le PQ depuis le début de la campagne, notamment la Charte, dit-il. Ça a pris des allures du Plan Nord de Jean Charest. J'espère qu'ils vont corriger le tir.»
Vincent Maltais croyait avoir pris sa décision. Mais, les récents sondages qui ont annoncé une montée du Parti libéral ont semé le doute dans son esprit. «Je suis un partisan du PQ. J'ai vu l'arrivée de Pauline Marois comme première ministre du Québec d'un très bon oeil. Je la vois comme une "mamie gâteau". Comme je veux un chef qui innove, je vais voir après le débat si mon vote va pencher vers un autre parti, mais ça me surprendrait. Ça va être tout un show de télé (le débat). Mme Marois va certainement se faire questionner sur la Charte. Tous vont se lancer la balle et la seule qui restera neutre, c'est Françoise David.»
Dès le début des face-à-face, la salle s'est animée. Chaque fois qu'un chef marquait un point, surtout la dirigeante du PQ qui semblait avoir la faveur des étudiants sur place, les auditeurs s'exclamaient. L'attaque de Pauline Marois à l'égard de Philippe Couillard en lien avec l'expulsion du caucus libéral de Fatima Houda Pépin, députée de Lapinière, en a par ailleurs fait sourire plus d'un. Mme Marois a lancé qu'une seule femme au Québec avait perdu son emploi en raison de la Charte et qu'il s'agissait de Mme Houda Pépin.
Une certaine déception
Au fil d'arrivée, Pauline Marois a coiffé ses adversaires, estiment Alexandre et Marie-Philippe. «Mme Marois était beaucoup plus en contrôle de son message et du débat en général. De toute évidence, elle était très bien préparée», affirme la jeune femme. «Elle a été très habile dans sa façon d'amener ses réponses, sans être trop agressive ni sur la défensive», renchérit l'étudiant en soins infirmiers, qui affirme que son vote demeurera au PQ.
Les attentes des deux électeurs n'ont toutefois pas été comblées par la joute oratoire. «C'est décevant!», lancent-ils à l'unisson. «Nous savions que les chefs allaient se lancer la balle, mais il n'y a rien de neuf qui est sorti de là», poursuit Alexandre. Les deux cégépiens estiment que le perdant du débat a été François Legault. «Il a été beaucoup trop discret», soutient le jeune homme. «Il suivait la vague, sans plus. Ce n'est pas ce que l'on s'attend d'un chef charismatique», affirme Marie-Philippe.
Quant à la performance de Philippe Couillard, ils se questionnent sur sa préparation. «On dirait qu'il ne maîtrisait pas ses dossiers. Il était tout le temps sur la défensive. Il aurait dû miser sur son message et son programme», déplore l'étudiante, sous les regards approbateurs de son vis-à-vis.
Et Françoise David? «Bien, sans plus, dit Alexandre. Pas trop incisive, mais sans éclat. Comme je m'y attendais.» Même son de cloche du côté de Marie-Philippe, qui affirme que son choix commence à se dessiner. Le journal n'a pas pu recueillir les propos de Vincent Maltais, celui-ci ayant vraisemblablement quitté les lieux avant la fin du débat.
Photos Maxime Sauvage
Alexandre Bourdages est d'avis que Pauline Marois a remporté le débat.
Marie-Philippe Gill estime que Philippe Couillard était mal préparé et beaucoup trop sur la défensive
Bien que Vincent Maltais se dise souverainiste, il affirme ne pas être encore fixé au sujet de son vote.
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