De l'alcool, de la musique pis ben des chips, amenez-en, tant que ça ne vire pas en bacchanale.

De l'alcool, pis ben des chips

Je n'ai jamais été un fan des partys de Noël de bureau. Parce que dans « party de bureau », il y a le mot bureau. Qui, avouons-le, fait plutôt penser à travail, fatigue ou même ennui. L'expression « party de bureau » constitue donc un oxymoron*.
Longtemps, je les ai fuis. Ou j'y allais à reculons. Pas parce que ça ne me tentait pas ; j'y allais VRAIMENT à reculons parce que le devant de mes bottes était troué et je voulais user davantage mes talons. (C'est une blague. Vous pouvez la rire à reculons.)
C'est tout le concept de party de bureau qui me mettait mal à l'aise, en fait. Faire la fête avec mes collègues de travail ? Même ceux que je n'aime pas ? Suis-je obligé ? Si une telle, que j'abhorre, se mettait à me cruiser ? Et si un autre, avec un verre dans le nez, répétait tout ce que je lui ai confié au sujet de celle que je n'aime pas ? Il y a de quoi stresser.
Il faut dire qu'avant j'étais très nerveux, alors j'angoissais pour tout de toute façon - et les partys de bureau ne faisaient pas exception. J'avais de la misère à me laisser aller, alors que c'est le but de tout party de bureau : se laisser aller et voir nos collègues sous un autre jour (pas nécessairement avantageux).
Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux et j'apprécie davantage ces sauteries. Ce sont les autres qui me retiennent de faire certaines pitreries (pas nécessairement drôles). De l'alcool, de la musique pis ben des chips, amenez-en, tant que ça ne vire pas en bacchanale. 
Le dernier party de Noël La Voix de l'Est était à cet effet très réussi. À travers les multiples échanges à l'emporte-pièce, on a pu constater que certains avaient des aptitudes pour le karaoké (pas nécessairement ceux qui chantaient), tandis que d'autres ont exhibé leur souplesse au Twister. Certaines images resteront gravées dans ma mémoire, pour le meilleur ou pour le pire.
Il y en a qui ont abusé de l'alcool, bien sûr, mais en devenant simplement chaleureux et confus. Moi, j'ai bien essayé d'être saoul, mais je n'aime pas assez la bière pour ça (le vin encore moins). L'abus d'orangeade et de crottes de fromage est venu combler mon besoin d'ivresse.
Bon party de Noël de bureau à vous, s'il n'est pas déjà passé. Et si vous faites un fou de vous, c'est pas grave, vos gaffes seront effacées par d'autres dans 365 jours.
 * « Oxymoron » : figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoire. Par exemple : silence éloquent, obscure clarté, folle sagesse ou impitoyable tendresse. D'origine grecque, il se découpe en « oxy » qui réfère à « aigu, spirituel » et en « moron » (oui oui) qui veut évidemment dire « niais, stupide ». Donc « malin stupide », ou « spirituel, mais sous une apparence de stupidité ».)
Arguer
Il y a de ces mots qu'on n'aime pas. Comme j'ai déjà écrit, moi, c'est le verbe falloir. Ou-ache. C'est pas qu'il n'est pas beau. Il sonne très beau. C'est son sens que j'haïs. Faudrait ci, faudrait ça... « Faudrait ben rénover la chambre de bain. ». Ben oui. Faudrait. Fais-le donc à la place d'en parler !
Un autre verbe que je n'aime pas pour la raison inverse (il ne sonne pas beau) : « arguer ». Re-ou-ache. Je le lis souvent dans les journaux et je me demande bien pourquoi. 
« "Ça ne fait pas partie de nos priorités", argue le ministre. » Argue ? Comme dans argumenter ? Pourquoi pas argumenter, alors ? Et puis, qui dit « argue » de nos jours ? Personne. À part peut-être un collègue élancé dont je tairai le nom parce qu'il est d'origine écossaise/susceptible (il dit aussi « nonobstant ». Re-re-ou-ache).
Cette chronique fait relâche jusqu'au 7 janvier.