La sculpteure Brigitte Dahan a ouvert son jardin, le temps d'un après-midi. Celui-ci est une véritable salle d'exposition en plein air.

Dans le jardin de Brigitte Dahan

Le paysage est surréel. Juché dans la montagne, l'atelier de la sculpteure Brigitte Dahan ne laisse pas présager ce qu'on trouvera dans sa cour arrière. Vue imprenable sur le lac Bromont, aménagement paysager digne d'un film, le jardin de l'artiste, qu'elle a ouvert à une cinquantaine d'invités hier, abrite des sculptures mêlant êtres humains et créatures de la nature.
Installés depuis une vingtaine d'années à temps partagé entre Montréal et Bromont, Mme Dahan et son conjoint ont transformé le terrain en véritable salle d'exposition à ciel ouvert. «On agrandit le jardin à mesure que je produis et on les place (les oeuvres), explique l'artiste. Mon mari adore l'horticulture, il appelle ça du jardinage extrême.»
En contrebas, un petit sentier longe un étang où de l'eau s'échappe d'un poisson d'argile. D'autres sculptures se fondent dans les fleurs, protégées des chevreuils par une clôture bien agencée. Un sentier en cul-de-sac laisse voir deux autres oeuvres. Plus haut, dans une grande étendue, sont exposées une dizaine de sculptures de grande taille, mais aussi quelques-unes plus petites, comme ces sphères qui flottent dans un autre étang.
L'oeuvre préférée de l'artiste? Un être à deux têtes. L'une d'humain, l'autre de chevreuil.
«C'est un style qui est contemporain et mon inspiration, c'est la place de l'être humain dans la nature, explique Brigitte Dahan. Ce qu'on voit, c'est des motifs, des textures qui rappellent la nature, les arbres, les traces du temps qui passe. Ça ressemble à une espèce de tronc d'arbre. De la nature jaillissent l'animal et l'être humain. Le personnage et l'animal, c'est la raison et l'instinct.»
Émotion
L'artiste, qui faisait à l'occasion visiter son jardin sur rendez-vous, l'ouvrait pour la première fois de la sorte à ses proches, ses amis, ses clients et autres aficionados de sculpture. «Ça fait longtemps que j'y pense et que j'ai envie de le faire, dit-elle. Cette année, on a eu la visite d'une association d'horticulture et ça a été vraiment le fun. J'ai aimé ça que les gens puissent voir le jardin. Je trouve que c'est là qu'elles sont belles, mes sculptures.»
Au moins deux d'entre elles ont d'ailleurs trouvé preneurs la semaine dernière. Les gens «s'identifient, ils s'imaginent dans leur jardin. Ils arrivent devant l'oeuvre et tu sens boum!, il se passe quelque chose, ils ont une émotion. Ça m'émeut tout le temps parce que c'est moi qui fais ça. C'est ça qui me stimule.»
Certaines oeuvres de l'artiste, qui sculpte depuis une douzaine d'années, peuvent être admirées à l'exposition Nature et création, au Domaine des Côtes d'Ardoise et au vignoble Côte de Vaudreuil.