Julie Perreault

Courir la Muraille

Sa « passerelle d'hier vers demain ». C'est ainsi que Julie Perreault illustrait sa participation à l'événement Courir pour la vie sur la Muraille de Chine au profit de la prévention du suicide. Et le phénomène s'est produit. En franchissant la ligne d'arrivée, elle sentait déjà avoir les deux pieds ancrés dans sa nouvelle vie. Une transformation captée en images et visible dans un court métrage du réalisateur Antoine Trudeau, Pao : Courir la Muraille.
Un grand sentiment de liberté a envahi la marcheuse eu terme de son défi de 70 km.
Julie Perreault a marché sur la Grand Muraille pour une cause qui lui tient à coeur : la prévention du suicide.
Du plus loin qu'elle se souvienne, Julie Perreault a été habitée par un profond mal de vivre. « J'ai toujours été en quête de bien-être, d'amour de soi, raconte-t-elle avec ouverture. Ce vide, je suis allée le remplir de l'intérieur, alors qu'avant, je tentais toujours de le remplir de l'extérieur. »
Cette approche infructueuse lui a d'ailleurs fait vivre des moments de grande détresse au fil des années. À l'âge de 21 ans, pour faire taire la douleur, elle a tenté de mettre fin à ses jours. Fortement bousculée par ce qu'elle qualifiait « d'uppercut de la gauche » en 2015, elle avoue avoir encore broyé du noir et envisagé le pire. D'où son profond attachement à la cause de la prévention du suicide.
« Il y avait quelque chose qu'il fallait que j'aille guérir (en Chine), indique la mère de trois enfants.
Cette quête, comme celle de Louis, de Josée, de France et de Daniel, Antoine Trudeau l'a mise en images pour en faire un documentaire. Pao : Courir la Muraille a été projeté pour la première fois le 10 septembre dernier à Québec. Cette présentation se tenait lors de la Journée mondiale de la prévention du suicide. Le film, d'une durée d'environ 23 minutes, sera dévoilé aux gens de Granby en février prochain, en pleine Semaine de la prévention du suicide.
Julie Perreault a assisté à la première avec ses proches. « Avant la projection, j'étais nerveuse et fébrile, dit-elle. Finalement, ça a été beau et grand. »
« Antoine a fait ça dans le respect, poursuit une Julie aujourd'hui rayonnante, épanouie. Il a créé un climat rempli d'humanité et de compassion. Avec lui, on se confiait comme à un ami. Il est voué à un avenir prometteur. »
Le réalisateur a suivi les coureurs/marcheurs avant et pendant le défi, et ce, jusqu'au fil d'arrivée. Rappelons que le défi Muraille de Chine consistait à franchir 70 km, en courant ou en marchant, en cinq jours.
Dans le court métrage, on découvre donc comment Julie et les autres ont affronté cet imposant et fascinant joyau mythique, parfois rude et rempli de surprises, la chaleur et les hauteurs. « Aller à l'autre bout de la Terre pour relever un défi aussi intense, je le conseille à personne ! , lance Julie en riant. T'as pas le choix d'être dans le moment présent. Moi, ça a été le défi physique le plus intense que j'ai eu à relever jusqu'à présent dans ma vie. »
En franchissant le fil d'arrivée, celle qui avait également des kilomètres du chemin de Compostelle dans les talons d'un voyage précédent a fondu en larmes. « Des larmes de joie, car au-delà de la fierté du dépassement, je vivais un immense sentiment de libération.»
Avant de s'arrêter à Granby en février, le court métrage Pao : Courir la Muraille fera un arrêt à Saint-Jean-sur-Richelieu, Bécancour, Saguenay et Montréal. Pour connaître les dates exactes de projection, on visite la page Facebook Pao : Courir la Muraille Présentation du court métrage.
Julie Perreault
Précieux les CPS
L'idée de participer au trail sur la Grande Muraille de Chine, est venue comme un appel pour Julie Perreault. Que son aventure soit maintenant cristallisée dans un court métrage produit pour soutenir la cause de la prévention du suicide, est un beau plus dans la démarche de la marcheuse plutôt réservée.  
«J'avais envie de remettre ce que j'ai reçu au niveau de l'aide, insiste-t-elle. Ils font des choses extraordinaires (dans les centres de prévention du suicide). Ils nous appuient vraiment.»
Avant de s'envoler pour la Chine, Julie et Lise Beaudoin, qui formaient l'équipe Les petits pieds du bonheur, ont amassé 5300$ pour le Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska. Une des activités de financement pensée par Julie pour amasser des fonds en avril dernier, la dégustation d'huile d'olive, deviendra d'ailleurs une activité récurrente en vue de soutenir le CPS H-Y. «Je l'ai créé pour l'organisme, tranche-t-elle. Cet événement lui est dédié.»
Julie rappelle d'ailleurs aux gens ayant des pensées suicidaires de ne pas hésiter à demander de l'aide. «Allez chercher de l'aide, martèle la femme de 44 ans.  L'entourage peut aussi servir des sentinelles.»
Elle se réjouit d'ailleurs de voir le succès que connaît le programme de formation de sentinelles. «C'est tellement précieux que, par exemple, des entreprises se fassent ce cadeau-là.»
«Je suis une ambassadrice du CPS H-Y, insiste-t-elle. C'est quelque chose qui va toujours me suivre. Mon coeur est là.»
Une autre chose qui la suivra encore longtemps, c'est ce sentiment de bien-être vécu au terme de son défi sur la Muraille. «Depuis, dit-elle, mon sens de l'émerveillement est encore plus grand.»