Des résidants de la rue Vittie attribuent à tort la décision d'y aménager une piste cyclable à la conseillère Julie Bourdon. La décision est celle de plusieurs conseillers et du maire.

Candidatures coup de tête

CHRONIQUE / On est entré cette semaine dans une période fertile en politique municipale, celle du dépôt des bulletins de candidature pour les postes de maire et de conseiller. Il faut féliciter ceux et celles qui ont courageusement décidé de se présenter devant l'électorat pour lui faire part de leurs idées, de leurs engagements et de la philosophie soutenant leur action politique. Ils ont pris le temps de réfléchir pour proposer leur vision de leur municipalité.
L'inverse, cela dit, est également vrai : certains candidats font de l'improvisation leur outil politique. Ils n'ont rien à proposer. Hélas, ça existe !
Quand on les questionne un peu sur les dossiers, sujets ou enjeux en cours dans leur municipalité, ils nous servent des banalités. Les « idées » classiques : ils veulent que la municipalité se développe, que l'environnement soit protégé, que les taxes demeurent basses. Ce sont de bons objectifs. Sauf qu'ils ne proposent rien pour les atteindre. Avoir le goût ou le temps d'être maire ou conseiller n'est pas suffisant.
Certains se lancent en campagne avec un programme électoral composé d'une page blanche à remplir au fur et à mesure. Dans La Voix de l'Est jeudi, une candidate à un poste de conseiller à Granby expliquait qu'elle allait s'informer des enjeux et des préoccupations des gens du quartier qu'elle souhaite représenter en faisant un porte-à-porte. Elle n'est pas seule à se lancer ainsi les mains vides.
Ça manque de sérieux. C'est même insultant pour les électeurs. Surtout qu'une des premières questions que les citoyens posent aux candidats qui cognent à leur porte est de savoir ce qu'ils ont l'intention de faire pour le secteur...
Un bon politicien est un politicien qui sait écouter. Le faire en campagne électorale démontre un manque de préparation. On peut même penser que ça illustre un manque d'intérêt pour les affaires publiques.
Cela explique peut-être pourquoi autant de nos élus, à tous les niveaux, sont dépourvus de sens critique ; ils ne posent pas de questions, ni ne cherchent à se renseigner sur les sujets, dossiers, projets en cours. Leur participation aux discussions et délibérations est anémique. Tous les conseils municipaux comptent quelques individus­ de cette trempe.
Notre démocratie permet les candidatures coup de tête. Et c'est parfait ainsi. Aux électeurs de faire le ménage.
Entendu une drôle de remarque cette semaine de ma fille de 12 ans. Alors qu'on effectuait en famille notre marche quotidienne avant l'arrivée de la brunante, elle nous dit en voyant la pancarte électorale de Julie Bourdon que la conseillère décide où passent les pistes cyclables dans les rues de la ville de Granby.
Interloqué, je lui demande d'où elle tenait cette information. Des camarades en avaient parlé dans l'autobus scolaire en matinée. Ah bon !
J'ai analysé le parcours de l'autobus de ma fille. Il transite par le secteur de la rue Vittie. Il appert que des citoyens du coin digèrent encore mal l'aménagement d'une piste cyclable sur cette artère. Ils en font même de la propagande en identifiant Mme Bourdon comme étant la grande prêtresse des pistes cyclables ! Peut-être s'inspirent-ils de l'Halloween qui est à nos portes !
Le cafouillage du plan d'aménagement des pistes cyclables à Granby continue d'alimenter la colère chez bon nombre de gens. Ce n'est pas tant ce dossier que la carence en communication du conseil en place qui est devenu un enjeu électoral.
Mme Bourdon a donné son aval aux tracés des pistes proposés par les services techniques. Tout comme ses collègues (enfin, ceux qui ont eu le courage d'être présents aux assemblées lors desdits­ votes...). Il est injuste que des résidants du quartier 3, celui de la jeune conseillère, lui attribuent la maternité de ces choix.