Cyrille Commer a commencé à faire du sport de façon sérieuse il y a huit ans. Depuis, il a parcouru de nombreux kilomètres à la course, à la nage et en vélo. En juillet, il sera du Canada Man/Woman Lac-Mégantic Xtrême Triathlon.

Canada Man/Woman Lac-Mégantic Xtrême Triathlon: progression, régularité et constance

« Moi, je n'étais pas sportif du tout. J'étais le petit gros à l'école ! Tu sais, celui qu'on ne prend jamais dans les équipes et que l'on met dans les buts. J'étais nul dans les buts ! J'étais aussi nul en natation. »
Cyrille Commer
Cyrille Commer n'a gardé aucun goût amer de son enfance. Au contraire. Le 9 juillet prochain, il sera sur la ligne de départ du Canada Man/Woman Lac-Mégantic Xtrême Triathlon.
Dès 4 h 30, l'homme de 47 ans aura à parcourir 3,8 km à la nage, 180 km de vélo avec 2500 mètres de dénivelé positif et 42 km de course à pied dans les vallons de Mégantic pour tenter d'atteindre l'Observatoire - et les étoiles - avant minuit.
Son laissez-passer, il l'a gagné à la loterie. Comme quoi dans la vie, tout est possible. 
« Là, je m'attaque à quelque chose de plus grand que moi ! », ne cache pas le père de famille qui a commencé à courir à l'aube de la quarantaine. 
Un pas à la fois
Pour plusieurs, avoir 40 ans représente une étape charnière. Pour la marquer de belle façon, M. Commer s'est lancé comme défi de franchir les 42 km d'un marathon... sans jamais avoir couru avant. Après s'être entraîné pendant sept mois, progressivement, il a participé au Marathon de Montréal en 2009. Une course de 4 h 10. « Quand tu commences, ton corps se transforme, raconte-
t-il. Tu t'adaptes. Ton corps s'adapte. Et après, tu ne veux plus revenir en arrière ! C'est dur. C'est fou, mais tu te dis que tu peux faire mieux.»
Deux ans et demi plus tard, il franchissait la ligne d'arrivée du Marathon d'Ottawa en 2 h 56. Il avait trouvé sa zone de confort. Après, il s'est ouvert au vélo de route, qu'il détestait depuis toujours à cause des connaissances en mécanique nécessaires pour une sortie agréable et... complète. Finalement, lui qui se disait « nul en natation», s'est mis à nager jusqu'à trouver, là aussi, ce qu'il nomme son « point d'équilibre ».
« C'est fou, lance-t-il en riant. Là, je suis bien et tout est possible. »
Suite logique
Après les marathons ont donc suivi les demi-triathlons. « Je me disais qu'un jour j'allais faire un vrai triathlon, un full, raconte le Français d'origine. Je pense, par exemple, au Norseman Xtreme Triathlon en Norvège. Un sacré défi ! ».
Mais il était encore trop tôt, selon lui, pour un défi aussi colossal. Même le Canada Man/Woman, il pensait être mûr pour le faire seulement dans trois, quatre ans. Voilà pourquoi il n'a pas été trop peiné de voir les billets pour l'événement s'envoler en seulement 48 heures. Mais à l'ouverture d'un tirage de
23 dossards supplémentaires, il a tenté sa chance.
« C'était en novembre dernier, raconte-t-il. Je me suis toutefois dit : 'Si je suis pris, je dois être prêt ! C'est toute une opportunité, mais il ne me reste que six mois ! »
Et la chance lui a souri. La semaine dernière, on lui annonçait qu'il avait gagné son passeport pour prendre part à cette course extrême. Depuis, il se prépare.
Membre du club de triathlon TriZone de Granby, il suit un plan d'entraînement pour de longues distances. Aussi, il fait de la musculation et du vélo en gymnase chaque semaine. « Là, je dois me renseigner au niveau de la nutrition, fait-il remarquer. Tout ça, ça reste excitant ! »
Cyrille Commer croit en la progression. C'est d'ailleurs de cette façon, il y a à peine huit ans, qu'il s'est ouvert à la course, au vélo et à la natation. « Il faut être gentil avec notre corps, lance-t-il. Ça prend une progression, une régularité, une constance. Chaque fois que j'ai abandonné, c'est parce que je partais trop vite. »
« Mais après chaque course, on se sent fort, confiant, solide et capable, poursuit-il. Et quand tu avances, tu ne veux pas perdre tes acquis. Alors tu n'arrêtes pas ! »
Le Canada Man/Woman Lac-Mégantic Xtrême Triathlon est un événement organisé par Endurenace Aventure. C'est l'Olympienne Lyne Bessette qui agit à titre de porte-parole cette année.
Sur les traces des pionniers
Si les distances qu'il propose ressemblent en tout point à un Ironman traditionnel, c'est dans son essence que le Canada Man/Woman Lac-Mégantic Xtrême Triathlon se démarque. 
Organisé pour la première fois au Canada, l'événement veut honorer les pionniers de ce pays très diversifié géographiquement. 
Ce triathlon veut rendre hommage aux bâtisseurs canadiens qui ont su s'adapter aux rudes éléments de la nature et faire de la forêt et des grandes étendues du Québec leur terre de subsistance et d'appartenance, peut-on lire sur le site de l'événement.
Ainsi, les coureurs ne pourront pas compter sur l'appui d'une armée de bénévoles. Chacun sera laissé à lui-même dans cette course organisée « en pleine forêt canadienne » et qui se veut le triathlon « le plus sauvage et le plus beau en Amérique du Nord ».
« Plein de copains veulent me suivre, les enfants aussi », souligne Cyrille Commer, qui sera des participants en juillet. 
Pour des raisons de sécurité, les organisateurs exigent que quelqu'un accompagne les coureurs lors des huit derniers kilomètres de cette longue épreuve. « À ce moment, Sarah (sa conjointe) sera présente pour me supporter si je trébuche ! »