Paul-Yvon Robichaud, 72 ans, sera de la ligne de départ du Triathlon international de Montréal dans le sprint triathlon début août.

Avocat, retraité et...triathlète!

Paul-Yvon Robichaud ne craint pas de se jeter à l'eau, au sens figuré comme au sens propre. Du haut de ses 72 ans, l'avocat de Granby à la retraite entend être de la ligne de départ du Triathlon international de Montréal en août prochain. Arrivé deuxième dans son groupe d'âge l'an dernier au sprint triathlon, il entend cette fois terminer premier. Surtout s'ils sont encore juste deux à se disputer la médaille d'or !
« La natation, c'est ce qu'il y a de pire, estime M. Robichaud. C'est impressionnant de se jeter à l'eau ! Mais c'est aussi ce que j'aime le plus, car une fois que tu es parti, tu es seul avec toi-même. Nager dans le fleuve, seul, sans trop de repères, c'est quelque chose. »
Bien qu'il nage depuis longtemps et qu'il attend avec fébrilité l'ouverture de la nouvelle piscine municipale (voir autre texte), Paul-Yvon Robichaud a plus souvent couru que nagé dans sa vie. Lors de gros événements comme le Triathlon international de Montréal, il prend part à des sprint triathlon qui offrent la moitié des distances normalement franchies lors d'un triathlon traditionnel. Ainsi, il traverse 750 m à la nage, 20 km à vélo et 5 km à la course.
À l'aube des années 1980, après avoir cessé de fumer, il a fait partie des rares personnes qui courraient à Granby. « À l'époque, ça commençait, dit-il. On passait d'ailleurs pour des hurluberlus. En (août) 79, j'étais du premier Marathon de Montréal. » Plusieurs ont suivi par la suite, dont le Marathon de New York, qu'il a fait deux fois, en 1989 et 1990. « Ma femme me suivait, se rappelle-t-il. J'aimais beaucoup ça. »
Son bel élan a toutefois été freiné vers 1993 quand un de ses genoux s'est mis à faire des siennes. « Je me suis laissé aller », ne cache pas le coureur. Au même moment, M. Robichaud a mis le sport de côté pour se consacrer à la femme de sa vie atteinte prématurément de la maladie d'Alzheimer.
« Je me sentais toutefois englouti dans un marasme », souligne-t-il.
Après une opération au genou, l'envie de courir lui est revenue. Pas question cependant de trop solliciter les talons, le somme alors son médecin. « J'ai donc développé une autre technique, explique M.  Robichaud. Je cours plus sur le bout des pieds. Ou je fais de la marche rapide. Et j'ai découvert le triathlon ! Ça me convenait. Je venais de trouver quelque chose. »
Une fois qu'il a repris l'entraînement, jamais il ne s'est arrêté. Un nouveau mode de vie qui lui a d'ailleurs permis de perdre 40 livres. « Je me prépare toute l'année (pour les événements), dit-il. L'hiver, j'ai un vélo et un tapis roulant pour m'entraîner à l'intérieur. »
Et, chaque fois, il suit la même routine : il récite des textes en courant. « Je récite Nelligan, avoue-t-il. Ça me relaxe. »
M. Robichaud aurait aimé qu'à l'époque de ses premières foulées, la course soit aussi populaire qu'aujourd'hui. « Je suis jaloux, jaloux, lance-t-il en riant. Il y en a partout ! Je sais ce qu'ils ressentent quand ils sont dans leur bulle. J'ai couru toute ma vie ! Ce sont les premiers kilomètres les pires. Il faut continuer. Après, un certain bien-être physique s'installe, mais surtout un bien-être mental. On ne pense à rien et à tout en même temps. »
La course, le vélo et la natation aident tous, actuellement, M. Robichaud à surmonter le deuil de la femme qu'il a tant aimée. « Je cours encore avec elle, laisse-t-il tomber. Et chaque fois, elle m'attend au fil d'arrivée... »
Comme un poisson dans l'eau
Pour les habitués de la piscine Miner, le visage de Paul-Yvon Robichaud est familier. Le septuagénaire s'y rend sur une base régulière pour y faire ses longueurs. Un sport « extraordinaire » pour ses genoux rafistolés, dit-il. « On a une belle piscine, insiste l'homme qui a fait carrière dans le droit municipal. Là, j'ai hâte de voir la nouvelle ! Le dossier est bien géré. C'est extraordinaire. Une piscine comme ça, c'est un must à Granby, un must pour une ville. Aussi, pour les familles, c'est un sport qui ne coûte pas cher. » Afin de se préparer à ce qui l'attend lors d'un sprint triathlon à Montréal début août, l'athlète de 72 ans se lance toutefois quelques fois par printemps dans un plan d'eau extérieur. « Faut se jeter à l'eau ! », conclut-il, en soulignant que pour se mettre dans le bain, il a récemment fait saucette dans l'eau du lac Boivin, au parc de la Yamaska.