Aura fluo

La chose est connue chez ceux qui me connaissent : j'entretiens un goût prononcé pour tout ce qui touche les années 1980. La musique, les films, les vêtements, une certaine insouciance, une grande excentricité, quelques relents de guerre froide et beaucoup trop de Spray Net.
Les derniers CD de chansons que je me suis fabriqués (oui, j'écoute encore des CD, signe supplémentaire que je ne renie pas le passé) contiennent presque exclusivement des tubes de cette époque révolue où porter du fluo, c'était beau, les films se louaient sur cassette VHS (ou Beta pour les snobs) et faire un album avec aucun autre instrument qu'un synthétiseur, ça passait et ça pouvait même être bon.
J'en veux pour preuve Richard Marx, Laura Branigan, Depeche Mode, Men Without Hats, Bananarama, Duran Duran, a-ha... (voyez comment je suis capable de namedropper comme Réjean Tremblay). J'adore ça. Bizarre quand même puisque j'étais très jeune dans les années 1980. Mais je me souviens de la musique. Et des films...
Ça aussi, c'est un goût qui ne se perd pas. Je revois souvent les films de cette décennie, surtout les comédies, qui ont une aura que les comédies d'aujourd'hui n'ont pas. Pas nécessairement bonnes, mais franchement décomplexées et outrancières.
Le film Mannequin (1987) en est un bon exemple. Il passait l'autre nuit à la télé... J'ai pas pu résister à l'envie de l'enregistrer. Dans le ton et dans le style, c'est un feel good movie engageant. Ce qui ne veut pas dire qu'il a bien vieilli !
Pour ceux qui ne connaissent pas ce bijou, il revisite le mythe de Pygmalion façon années 1980 : une ancienne princesse égyptienne (Kim Cattrall) est réincarnée en... mannequin de plastique qu'un jeune artiste distrait (Andrew McCarthy) a fabriquée.
Elle ne prend vie que lorsqu'elle se trouve en présence de son créateur désormais reconverti en designer de vitrine de magasin de luxe, ce qui donne lieu à une pléthore de scènes de danse et de déguisements. 
C'est charmant et déconcertant en même temps puisque certaines « blagues » ne passeraient plus aujourd'hui. Le collègue du designer, par exemple, est un gai joué à très gros traits par un acteur qui se la joue « grande folle » comme si sa vie en dépendait. Caricaturer les homosexuels de cette façon serait aujourd'hui vu, à juste titre, comme très insultant. 
Un autre acteur personnifie un Italien lubrique et opiniâtre qui se révèle moins performant qu'il en a l'air. Là aussi on sourit tout en se disant : ah, les années 1980 ! Elles furent marquantes, mais heureusement qu'on a évolué... un peu.
Point
Ma collègue Isabelle Gaboriault, grande prêtresse de l'hebdomadaire Le Plus/amatrice de voyages piquants et de jouets érotiques, s'est récemment prêtée au jeu d'identifier les mots qui colorent sa vie dans sa chronique et dont je m'inspire abondamment.
Après avoir nommé libellule, moignon et mascarpone (des choix judicieux), elle ajoute que le signe de ponctuation qui la caractérise est le point. Ce qui est ironique étant donné qu'elle a la fâcheuse habitude de FAIRE DES PHRASES SANS POINT dans Le Plus
Pourquoi faire des phrases sans point ? Parce que si ladite phrase se termine par une adresse courriel, l'égérie de Saint-Paul-d'Abbotsford n'y met PAS DE POINT - balayant du revers du clavier 3000 ans de langue française - au bénéfice des gens trop nonos pour penser à omettre le point à la fin quand ils recopient une ADRESSE COURRIEL ou DE SITE INTERNET (ça ne marche pas si vous en mettez un).
Je regrette Isa Gabo, mais le signe de ponctuation qui te caractérise est plutôt le point d'interrogation. Comme dans WTF* ?
(Si vous ne connaissez pas cet acronyme en anglais et plutôt vulgaire, je vous suggère de le googler. Sans mettre de point à la fin.)