Alain Dion avait 14 ans au moment de l'Expo 67. Il est un des rares privilégiés à l'avoir vécue de l'intérieur.

Au coeur de l'Expo 67

Le 27 avril 1967, l'Exposition universelle de Montréal, qui a vibré sur le thème de la Terre des Hommes, accueillait ses premiers visiteurs. En six mois, l'événement a attiré plus de 50 millions de personnes. Parmi celles-ci, plusieurs venaient de la région. Pour souligner les 50 ans de l'Expo 67, Le Plus ramène des souvenirs à la surface.
La mère d'Alain Dion, Adeline, a conservé de nombreux souvenirs de cet événement grandiose, dont un scrapbook rempli de coupures de journaux et de revues.
La débrouillardise, la polyvalence, la confiance, le bilinguisme et l'art de faire des noeuds en huit peuvent mener loin. Grâce à ses qualités de bon scout, Alain Dion, membre du regroupement
1st Cowansville au milieu des années 1960, a eu le privilège de travailler trois semaines à l'Exposition universelle de Montréal. Terre des Hommes, il l'a vécue de l'intérieur. Il avait 14 ans.
« C'est toute une chance que j'ai eue, reconnaît le responsable du service photo de La Voix de l'Est et de l'hebdo Le Plus. L'Expo 67, j'en ai fait partie ! »
De nombreux artéfacts prouvent d'ailleurs sa participation à cette grande aventure en août 1967. Après 50 ans, les passeports de ses parents, son album-souvenir et celui d'une de ses soeurs sont intacts. Tous débordent d'estampes colorées de nombreux pavillons visités et de signatures de gens rencontrés. Complètement emballée par l'événement, sa mère, Adeline, avait pris soin de créer un scrapbook dans lequel elle collait diverses coupures de journaux, des photos. Sur une veste achetée dans le pavillon mexicain, elle a cousu des badges de défis rappelant les efforts fournis par son fils pour atteindre son objectif et des écussons obtenus par Alain pendant son séjour à Terre des Hommes. « Mes parents y allaient presque tous les week-ends, se souvient-il. Ils capotaient ! »
Choisi parmi de nombreux scouts canadiens dans le cadre des célébrations du centenaire de la Confédération (passé sous silence par la grandeur de l'Expo 67...), Alain Dion n'a pas chômé pendant ses trois semaines de service. Le rôle des scouts lors de l'Exposition universelle était de veiller à la sécurité des visiteurs. Parfois, ils étaient appelés à estamper les passeports dans certains pavillons. Alain Dion se rappelle avoir travaillé, par exemple, au pavillon de l'Éthiopie. 
Souvent, les scouts guidaient des groupes ou des gens présentant des conditions spéciales, comme un handicap.
Fait inusité : une journée, Alain Dion a fait visiter Expo 67 à un non-voyant ! « Je lui ai expliqué tout ça avec des mots d'un p'tit gars de 14 ans ! », se souvient-il.
Les scouts, dans leurs beaux habits, participaient également à la cérémonie protocolaire de levée de drapeau quand un pays était reçu (voir encadré). Cela se passait à la Place des Nations. 
« À 14 ans, t'arrives là et tu te fais frapper en pleine face, et d'un seul coup, par toutes les cultures, illustre le photographe. Moi, ça m'a ouvert au plaisir d'apprendre. À la beauté des autres cultures. À la musique, etc. À cet âge-là, ça fesse ! C'est toute la planète qui s'ouvre à toi. »
Pas facile la vie de scout
Dans leurs multiples tâches lors de l'Exposition universelle de Montréal, les jeunes scouts canadiens veillaient à hisser le drapeau des pays reçus lors du passage de leurs dirigeants et dignitaires. Dans son livre paru tout récemment intitulé Expo 67, 50 ans de souvenirs marquants et autres secrets bien gardés, Luc Desilets, fils du célèbre photographe Antoine Desilets, lève le voile sur une anecdote mettant en scène les scouts. Lors du passage du président des États-Unis de l'époque, Lyndon B. Johnson, une rumeur circulait voulant que celui qui hisserait le drapeau des États-Unis allait recevoir une balle en plein coeur. Rappelons qu'en 1967, les Américains occupaient le Vietnam et le Moyen-Orient. Ainsi, plusieurs Québécois et visiteurs étrangers présents à l'Expo et opposés à cette présence avaient hué le président américain à son arrivée à la Place des Nations. Pour éviter qu'un accident impliquant un jeune scout ne se produise et par respect pour le protocole, il avait alors été décidé de charger un chef scout de hisser le drapeau... vêtu d'une veste pare-balles. Luc Désilets raconte également qu'une fois hissé, le drapeau des États-Unis était déchiré ! L'histoire ne précise pas s'il s'agit d'un accident ou d'un acte de sabotage, écrit-il. Isabelle Gaboriault