Tout le problème des chiens potentiellement dangereux est là. Tant qu'ils sont éduqués et surveillés, ça va, mais il suffit de les négliger et d'une seconde d'inattention et... qui sait ce qui peut arriver?

Apartheid canin

Je marchais à Granby quand, de l'autre côté de la rue, sur le trottoir, il y avait une femme et son petit chien.
Tout à coup, un clébard beaucoup plus costaud a surgi de derrière une maison. Sans que la promeneuse ait eu le temps de réagir, il a sauté sur son congénère plus chétif pour le mordre.
L'esclandre canin fut bref. Après quelques jappements stridents, les propriétaires du dogue ont accouru pour séparer les bêtes. La dame est repartie en tenant son caniche dans ses bras. Moi, j'étais éberlué.
Tout le problème des chiens potentiellement dangereux est là. Tant qu'ils sont éduqués et surveillés, ça va, mais il suffit de les négliger et d'une seconde d'inattention et... qui sait ce qui peut arriver?
On le sait, en fait. Et vous aussi si vous avez lu les journaux ces dernières semaines. À chaque agression, les villes - dont ce ne devrait pourtant pas être la responsabilité - se demandent si elles ne devraient pas interdire cette race de chien surreprésentée dans les statistiques d'attaques, les pitbulls.
Et chaque fois, les défenseurs de ces bêtes, qui n'ont pas tort, dénoncent cet apartheid canin qu'ils jugent immoral et illogique. C'est le maître qui dresse l'animal, rappellent-ils. Il est cruel de blâmer une race plutôt qu'une autre. Bien éduquée, elle n'est pas nécessairement agressive.
C'est vrai, mais... D'abord, cet argument ressemble en tous points au leitmotiv du lobby des armes aux États-Unis: ce ne sont pas les armes qui tuent, mais les tireurs. Il ne faut donc pas blâmer les pitbulls qui tuent et blessent, mais leurs propriétaires négligents.
Mais les propriétaires sont bien plus difficiles à contrôler qu'un objet ou une race de chien. Parce qu'il y aura toujours des fous ou des négligents. Il faut stopper le massacre et, dans les deux cas, ça prend des règlements plus sévères.
On ne peut rien faire pour les États-Unis. Chez nous, il y a des moyens de se protéger. Tous les pitbulls ne sont pas agressifs, mais ils sont génétiquement programmés pour l'être. Les interdire et régler le problème à la source n'a rien d'excessif. C'est une simple question de bon sens.
Rolling Stones québécois?
Moi qui étais tout content d'avoir assisté au mégaspectacle d'«adieu» du chanteur Corey Hart, ce fleuron canadien, au Centre Bell en 2014.
Puis, que lis-je dans La Presse+? Le plus célèbre Canadien/Bahamien aux cheveux en brosse sera en concert à Québec ce soir, en plus d'avoir chanté quelques chansons l'avant-veille.
Coudonc, est-il devenu le Rolling Stones québécois, celui qui multipliera les spectacles après avoir fait un «concert d'adieu» ? Je l'espère bien.
Poème
À tous les quadragénaires, je dédis ce poème que m'a récemment offert une lectrice pour mes 40 ans. Elle l'a écrit elle-même à ses 40 ans, et cela remonte à environ 40 ans, donc c'est full concept.
«Quarante ans»
«L'horloge à midi arrêtée
En plein milieu de la sagesse
L'heure qu'on veut éternelle
Mais qui repart et qui nous laisse
L'envie de tout recommencer
Avec brio et sans faiblesses...
 C'est l'aube d'un nouveau printemps
Qu'on souhaite plus long peut-être
La vie qu'on croque à pleines dents
Par peur de la voir disparaître
Le temps de prendre enfin le temps
Le temps de vivre, le temps d'être...
 C'est un bouquet un peu fané
Abandonné avec tristesse
Au calendrier des années
Où régnaient extase et caresses
La symphonie inachevée
Sur le chemin de la tendresse
 Un regard neuf sur l'avenir
Qui nous entraîne en son sillage
Le coeur rempli de souvenirs
De nuits de feu, de ciels d'orage
Il n'est question de revenir
Quand on vogue au bout de son âge! »
C'est beau, hein? Merci Janou!