Cuba a conclu samedi un «accord historique» avec ses créanciers, à propos d'anciennes dettes qui n'étaient plus remboursées depuis un quart de siècle.

Accord «historique» entre Cuba et ses créanciers

Cuba a conclu samedi un «accord historique» avec ses créanciers, à propos d'anciennes dettes qui n'étaient plus remboursées depuis un quart de siècle, a annoncé samedi le ministre français des Finances, Michel Sapin.
«Cet accord permet de résoudre définitivement la question de la dette de moyen-long terme de Cuba (...) qui n'était plus honorée depuis la fin des années 1980», a fait valoir le ministre dans un communiqué.
Les intérêts de retard, qui s'élèvent à 4 milliards de dollars, «seront intégralement annulés, tandis que les arriérés (environ 2,6 milliards de dollars) seront remboursés par Cuba sur une période de 18 ans afin de tenir compte de sa situation économique», précise le texte.
Dans un communiqué séparé, le Club de Paris, instance informelle qui regroupe des créanciers publics, et mène régulièrement ce type de négociations, a expliqué que «cet accord offre un cadre de résolution définitive et durable à la question des arriérés dus par la république de Cuba au Groupe des Créanciers de Cuba, soit un stock total de dettes de 11,1 milliards de dollars (dont les intérêts de retard) au 31 octobre 2015».
Le Club de Paris précise que ce groupe de créanciers réunit l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse.
Selon le ministère français des Finances, «cette négociation vient parachever des discussions au sein desquelles la France, premier créancier de Cuba et présidente du groupe ad hoc des créanciers, a joué un rôle moteur essentiel».
Intérêts annulés
Dans ce cadre, la France précise qu'elle «procédera comme les autres créanciers à l'annulation des intérêts de retard», tandis que le capital qu'elle avait prêté à Cuba et les intérêts originels, soit 470 millions de dollars, sera pour partie remboursé, le reste (230 millions de dollars) étant converti «en projets de développement à Cuba à titre d'effort bilatéral additionnel».
Cet accord représente une nouvelle étape dans la normalisation des rapports entre Cuba et les pays occidentaux, après l'accord historique annoncé il y a un an par La Havane et Washington, qui a conduit au rétablissement cet été des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'île communiste, après un demi siècle de rupture.