Le président de la jeune entreprise Zeal Motor, Maxime O’Shaughnessy, prévoit que les premiers véhicules industriels hors route sortiront de la chaîne de montage dès 2019.

Zeal Motor s'installe à Bromont

Zeal Motor veut révolutionner le monde des véhicules hors route industriels. Rien de moins. La jeune entreprise a choisi Bromont pour établir son quartier général et son usine d’assemblage. L’ambitieux projet, qui nécessite un investissement de départ avoisinant 1,5 million de dollars, devrait générer une quinzaine d’emplois d’ici deux ans.

Accéder aux oléoducs, gazoducs, parcs éoliens, lignes électriques et tours de télécommunication représente souvent un défi de taille, notamment en raison de reliefs accidentés. Zeal Motor veut y remédier en proposant une gamme de véhicules ayant des capacités hors route uniques et spécifiques aux besoins de chaque client.

« En ce moment, c’est un marché où l’on retrouve une panoplie de véhicules qui n’ont pas été construits pour cette application. À travers les études de marché et les rencontres avec des clients, on a constaté qu’il y a un besoin fort depuis plusieurs années. Alors, on arrive avec une solution qui va frapper un grand coup », a indiqué le président de Zeal Motor, Maxime O’Shaughnessy.

Comme les tests d’ingénierie ne sont pas encore complétés, le jeune entrepreneur a préféré ne pas dévoiler dans le détail les aspects techniques des véhicules en gestation, secret industriel oblige. « C’est en quelque sorte l’extension du pick-up », a-t-il imagé. Deux configurations seront disponibles en ce qui concerne le véhicule développé initialement : l’un sera muni d’une boîte arrière pour le transport d’équipements, l’autre proposera une cabine entièrement fermée pouvant transporter plusieurs personnes.

En fait, Zeal Motor a été initié par trois ex-employés chevronnés de chez Prinoth. Il s’agit d’une multinationale établie à Granby spécialisée dans la production de véhicules à chenilles, entre autres pour le damage de pistes et sentiers puis pour la gestion de la végétation.

« Prinoth est une excellente compagnie. On est partis en très bons termes. Mais le modèle d’affaires de l’entreprise ne cadre pas avec le type de véhicule (plus petit et sur roues plutôt qu’à chenilles) que l’on développe. Alors on a décidé qu’il était temps de voler de nos propres ailes », a fait valoir M. O’Shaughnessy, ayant notamment une formation d’ingénieur. Il s’occupera du développement des affaires, tandis que ses partenaires, Benoit Marleau et Amine Khimjee, se chargeront respectivement de l’ingénierie et des ventes puis du marketing.

Conjoncture favorable
Se lancer en affaires peut donner le vertige. Ce n’est pas le cas de M. O’Shaughnessy. « Au total, les [trois] fondateurs de Zeal Motor, nous cumulons plus de 50 ans d’expérience dans notre domaine. J’en suis à ma troisième startup. Le côté entrepreneur a toujours été fort en moi. Et l’économie roule à plein régime. Le financement est disponible et les opportunités sont là. C’est le temps de plonger. »

Le protectionnisme américain n’a pas non plus freiné les élans du trio. « Certains produits peuvent avoir de la difficulté à s’établir aux États-Unis, c’est vrai, a concédé celui qui tient les rênes de la compagnie en démarrage. De notre côté, ça représente 80 % de notre marché, qui est principalement regroupé en Amérique du Nord. Les politiques américaines ne devraient pas nous affecter parce que nos produits sont très innovateurs. On ne sera pas au milieu d’une guerre de prix. Du moins, pas tant qu’il n’y aura pas de compétition. »

Sans compromis
Lorsqu’est venu le temps d’établir l’ADN de Zeal Motor, les initiateurs du projet n’ont laissé place à aucun compromis.

« Notre philosophie est d’être un manufacturier de classe internationale dès le départ, a précisé M. O’Shaughnessy. On ne veut pas être un atelier où on fait des véhicules spécialisés un à la fois. On aura une ligne de production et on veut être capables de prendre des commandes avec des quantités importantes. On s’attend à une croissance rapide et on bâtit la fondation en fonction de ça. »

Pour le Bromontois, il n’était pas question de s’expatrier. Son voeu a finalement été exaucé. « On voulait être dans la région, c’est certain. Il y a un réseau incroyable d’experts dans le secteur des véhicules spécialisés. [...] On en a besoin. Mais ce qui a fait la différence est la disponibilité des locaux avec une certaine hauteur [pour l’usine]. »

Ainsi, Zeal Motor s’enracine depuis quelques jours dans les locaux d’Olymbec, situés au 90, boulevard de l’Aéroport dans le parc scientifique bromontois. Au cours des prochaines semaines, l’entreprise y implantera sa chaîne de montage. Il ne sera toutefois pas question de fabriquer des composantes. L’équipe s’occupera également de la conception des produits, du service après-vente et de l’approvisionnement.

Les premières unités devraient sortir de l’usine dès 2019. « On misera au départ sur un produit-pilote. Ça nous permettra de faire notre rodage et on se limitera à quelques commandes ciblées. Dès 2020, on rouvrira les valves », a indiqué le président. Les véhicules seront disponibles via un réseau de distributeurs. Ils seront aussi offerts directement aux grandes organisations, comme Hydro-Québec par exemple.

Zeal Motor devrait embaucher une quinzaine d’employés d’ici 2020. Par ailleurs, M. O’Shaughnessy n’entrevoit pas le recrutement de main-d’oeuvre spécialisée comme un obstacle à surmonter. « Aujourd’hui, une startup qui se lance dans des véhicules industriels attire beaucoup de professionnels. C’est tripant. Il y a une expérience de vie derrière ça. Et beaucoup de gens qui ont choisi de s’établir dans la région ont cet engouement. »