Dans une vidéo mise en ligne, on peut voir l’eau jusqu’au tiers d’une porte de garage de l’usine située au cœur des inondations.

Usine Vachon de Sainte-Marie: les employés craignent une fermeture

Les employés de la boulangerie Vachon de Sainte-Marie, en Beauce, craignent une fermeture de l’usine endommagée par l’inondation, bien que l’employeur ne donne pour l’instant aucune indication en ce sens.

Selon le Syndicat international des Travailleurs et Travailleuses de la Boulangerie, Confiserie, Tabac et Meunerie (BCTM), local 480, les employés redoutent que l’usine ne survive pas au coup d’eau historique qui a frappé le centre-ville de Sainte-Marie, où est située la boulangerie. 

«Les membres craignent une fermeture», dit le conseiller syndical Sébastien Boies, porte-parole du syndicat qui représente la grande majorité (565) des quelque 700 employés de la boulangerie Vachon. «On craint le pire», ajoute-t-il. 

L’usine de Vachon a effectivement «subi des impacts de l’inondation», indique Sylvia Sicuso, porte-parole de Bimbo Canada, le groupe mexicain qui est propriétaire de Vachon depuis 2014, sans préciser l’étendue des dommages. 

«Notre objectif est d’évaluer les dégâts dans la boulangerie et de mettre en œuvre un plan de redressement pour que les opérations reprennent», a-t-elle écrit au Soleil

Malgré tout, le syndicat appréhende que l’employeur décide de mettre la clé sous la porte après avoir constaté l’importance des dommages, notamment sur la machinerie. Les travailleurs redoutent aussi que le Groupe Bimbo décide de déménager la production ailleurs, vu que l’usine est située sur la rue Notre-Dame, à proximité de la rivière.

«La place où elle est, c’est à peu près la place où ça déborde en premier à Sainte-Marie», dit M. Boies. 

Publiée dimanche sur Facebook, une vidéo partagée près de 200 fois montre un homme en canot qui pagaie aux abords de la boulangerie Vachon après l’inondation. On peut y voir que la flotte est montée environ au tiers d’une porte de garage. «On peut s’imaginer comment il y a épais d’eau», dit l’homme en canot. «Méga désastre». 

En plus des dégâts de l’inondation, l’usine doit déjà composer avec une importante pénurie de main-d’oeuvre, souligne le conseiller syndical. Mardi, lors du passage du Soleil, on pouvait voir devant la boulangerie une large banderole «Nous embauchons». 

Production interrompue

Pour le moment, la production de Jos. Louis, Ah Caramel ! et autres p’tits gâteaux est interrompue. Une vingtaine d’employés ont commencé à nettoyer l’usine. Mais les autres ne peuvent pas travailler et ignorent quand il pourront retourner au boulot. 

«L’usine est sale, sale, sale, dit Sébastien Boies. Tant qu’elle ne sera pas propre, on n’est pas capable de savoir c’est quoi le diagnostic. Est-ce que le cancer est pogné ou si c’est rien qu’un petit bobo?»

L’incertitude est d’autant plus angoissante que de nombreux employés ont vu leurs propres maisons inondées, souligne M. Boies. «Il y en a qui sont des «double sinistrés», dit-il.