Vide depuis la fin 2016, l’immeuble où a longtemps logé la papeterie La Liberté s’apprête à reprendre vie. L’entreprise de marketing promotionnel Malga y déménagera ses départements de ventes et administration.

Une éclosion projetée de commerces à Granby

Le secteur commercial est en effervescence à Granby. L’ouverture de 19 nouveaux commerces, dont 12 au centre-ville, a été confirmée depuis le début de l’année. Et le nombre total d’ouvertures devrait grimper à 30 d’ici la fin 2019, assure le conseiller en développement commercial chez Commerce Tourisme Granby région (CTGR), Egide Blanchard.

Celui-ci a évoqué ces données lors du récent forum des commerçants, tenu dans le cadre du projet de réaménagement du centre-ville, prévu en 2020, 2021 et 2022.

« Avec 30 nouveaux commerces d’ici la fin de l’année, je reste très conservateur. (...) Il y a de l’intérêt. Granby est une bonne ville, qui a du potentiel. Et elle doit le développer », dit M. Blanchard, en précisant que ces chiffres n’incluent pas les commerces des Galeries de Granby.

« Les joueurs qui viennent y voient une opportunité parce que les locaux sont moins chers que dans d’autres villes. Ça permet de générer les mêmes revenus avec des loyers moindres. Ça attire beaucoup de monde de la région métropolitaine », renchérit-il.

Sur les 19 nouveaux commerces évoqués par CTGR, certains ont déjà ouvert leurs portes depuis le début de l’année, comme la succursale Dollarama de la rue Denison ainsi que celle de Thaï Express au 880, rue Principale. Également nouveaux, Jocelyne Brien, styliste et coloriste, Louis’ Pub et le comptoir à tartares Küto ont tous pignon sur rue au centre-ville.

Malga au centre-ville

La boutique d’articles pour vapoteurs Tu-Vap, située au cœur du centre-ville, changera pour sa part d’adresse la semaine prochaine. Le commerce a fait l’acquisition de l’immeuble situé au 495, rue Principale, à l’angle des rues Principale et Laval. La Boîte à musique y a longtemps eu ses quartiers.

La gérante du commerce, Marie-Pier Gaudreau, affirme que c’est la possibilité d’être propriétaire plutôt que locataire qui a incité les propriétaires de Tu-Vap à aller de l’avant avec ce changement. Le commerce sera d’ailleurs fermé quelques jours la semaine prochaine pour permettre le déménagement.

L’entreprise de marketing promotionnel Malga a de son côté choisi le centre-ville pour aménager les nouveaux bureaux de sa vingtaine d’employés qui œuvrent à l’administration et aux ventes. Malga a fait l’acquisition de l’immeuble où logeait la papeterie La Liberté jusqu’à sa fermeture en décembre 2016, confirme le président directeur général de l’entreprise, Dominic Côté.

Selon lui, l’entreprise, où l’ensemble des opérations est actuellement regroupé dans le parc industriel, est en très forte croissance. Et l’espace est de plus en plus restreint.

« On va laisser la production, l’entrepôt et la logistique dans le parc industriel. Les travaux au centre-ville pour l’administration et les ventes vont commencer dans les prochaines semaines. On devrait s’installer d’ici juillet. Ça va amener une dynamique très différente pour les employés », affirme M. Côté.

Selon lui, l’opération nécessite un investissement de « quelques centaines de milliers de dollars ». Le PDG calcule que le projet de réaménagement du centre-ville ne devrait pas être néfaste pour ses affaires, alors que les ventes sont surtout réalisées sur rendez-vous. Les ventes au détail ne représentent qu’une petite partie des affaires, fait-il valoir.

Autre nouveauté à venir : Max Tattoo s’installera au 166, rue Cowie, laisse savoir Egide Blanchard.

Pas un frein

Selon le conseiller en développement commercial, un autre grand local vide du centre-ville devrait reprendre vie cette année : celui qui a tour à tour accueilli les magasins Avril et Rachelle-Béry.

« Le dossier est pas mal réglé. On travaille ça avec un client. L’intérêt est mutuel. On doit juste trouver le franchisé. Ce qui est bien aussi, c’est que c’est un locataire qui va attirer du monde », laisse savoir M. Blanchard, qui préfère toutefois demeurer discret pour le moment sur l’identité du futur commerce.

Selon lui, d’autres espaces sont aussi « gelés », laissant ainsi présager la venue de nouveaux joueurs commerciaux. « Il y a des chaînes avec qui je travaille. On n’a pas signé de bail encore. Mais c’est en train de se faire. On cherche les franchisés », dit-il.

Le projet de réaménagement du centre-ville, qui entraînera un chantier majeur et des coûts estimés entre 20 et 25 millions $, ne semble ainsi pas être un frein à l’implantation de nouveaux commerces. « En étant deux ou trois ans en avance [selon les secteurs], les gens ont le temps de se faire connaître et d’agir en conséquence », dit Egide Blanchard.

Celui-ci demeure convaincu que le projet du centre-ville peut représenter une « opportunité » à saisir pour l’ensemble des commerçants.

« Il ne faut pas oublier qu’en 2019-2020 le secteur du commerce de détail vit déjà des difficultés. Il faut pallier à ça et ce n’est pas un chantier qui va faire une grande différence. Il faut déjà prévoir s’il y a des livraisons ou d’autres services qu’on peut offrir à nos clients. Mais si on reste avec les vieilles philosophies et les vieilles méthodes, c’est sûr que ça va être difficile », croit-il.

À moyen et long terme, le visage du centre-ville est appelé à changer, est convaincu le conseiller en développement commercial. « En ajoutant des marchands, on va créer un achalandage supérieur. Et tout le monde va être gagnant », déclare-t-il.