Amélie Dubé, du restaurant Chardo à Bromont

Un premier réseautage entre des producteurs et restaurateurs locaux

Connecter les producteurs et les restaurateurs locaux : voilà la mission du tout premier salon réseautage Brome-Missisquoi, organisé par le Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi, qui se tenait lundi après-midi à Cowansville. L’objectif ? Servir davantage de produits d’ici dans les restaurants du territoire. Découvertes, dégustations, opportunités d’affaires et échanges étaient au rendez-vous.

« On s’est rendu compte qu’on ne connaissait pas bien les producteurs de la région et qu’il y en a une multitude. Par contre, ce sont des microentreprises, donc de là est venue l’idée de faire un salon pour permettre aux restaurateurs de rencontrer tous ces beaux producteurs », explique Amélie Dubé du restaurant Chardo à Bromont, aussi impliquée dans l’organisation du salon.

Vignerons, microbrasseurs, maraîchers, éleveurs et producteurs se sont déplacés en grand nombre pour promouvoir leurs produits auprès des restaurateurs.

L’événement — faisant partie du plan stratégique agroalimentaire 2018-2020 du CLD — a attiré 150 personnes, dont 55 entreprises de production et de transformation, 25 restaurateurs et une dizaine de distributeurs.

Opportunités d’affaires

Edem Amegbo, du Jardin d’Edem à East Farnham, s’est déplacé au salon afin de tâter le terrain auprès des restaurateurs intéressés à utiliser des légumes moins communs.

« Je veux voir s’il y a des restaurants intéressés à avoir des légumes africains, comme le gomba. Je sais qu’il y a des restaurants qui vont l’utiliser, alors ça me ferait des débouchées pour ça. Ce sont des produits plus nichés que les gens n’achètent pas, mais qui peuvent se manger en restaurant », remarque M. Amegbo.

Outre la visibilité que lui procurerait ce partenariat, le maraîcher avance aussi l’aspect « challengeant » de l’expérience. « Parfois, les restaurants veulent des choses plus spécifiques. J’ai l’impression qu’avec eux on peut développer quelque chose de plus précis. C’est la curiosité qui m’a amené ici », lance-t-il.


«  Si on peut réduire de plus en plus l’approvisionnement ailleurs c’est encore mieux autant pour l’écologie, l’économie et la santé.  »
Amélie Dubé, du restaurant Chardo

De son côté, Sylvie Bernatchez, copropriétaire de la Safranière des Cantons à Stanbridge Station, a dit souhaiter établir des contacts avec les gens du coin et développer davantage sa jeune entreprise qui fournit déjà deux restaurants à Sherbrooke en safran et en paprika.

Nicholas Allan, cofondateur et directeur des opérations de la microbrasserie La Knowlton Co., dont l’ouverture est prévue en juin, désire quant à lui élargir son réseau.

Edem Amegbo, du Jardin d’Edem à East Farnham

« C’est important de montrer que c’est possible d’offrir de la nourriture locale », croit-il, alors que la nouvelle entreprise comprendra une pizzéria en plus de la microbrasserie.

« On aura besoin de producteurs », ajoute-t-il.

Rayonnement

Des distributeurs étaient également sur place pour flairer les occasions d’affaires.

Stéphanie Girard-Giguère, responsable du développement des affaires chez JG fruits et légumes à Chambly, a pour but de faire rayonner les produits de Brome-Missisquoi dans la métropole.

« C’est le fun de prendre la région et l’amener ailleurs. Notre réseau de distribution est tellement large qu’on peut faire valoir les produits plus loin que dans Brome-Missisquoi », relève-t-elle.

À l’affût des nouveautés, l’entreprise JG fruits et légumes souhaite constamment agrandir sa gamme de produits locaux et encourager les entreprises agroalimentaires.

Déjà après une heure sur place, Mme Girard-Giguère avait ciblé la Ferme du grand pin blanc à Cowansville pour ses œufs de caille et la fromagerie Missiska à Bedford.

« On aime beaucoup travailler avec les œufs de caille. C’est le genre de produit qu’on pourrait acheter ici et qu’on ne savait pas que ça existait. Pour nous, c’est une occasion en or d’acheter des produits locaux et d’aller les porter dans le grand Montréal, chose que le producteur ne pourrait peut-être pas faire », avance-t-elle.

Un lien privilégié

En tant que restauratrice, Amélie Dubé se considère chanceuse de faire découvrir les produits d’ici à ses clients.

« J’ai un lien direct avec le consommateur. Il n’y a rien qui vaut plus que de déposer une assiette et de dire “la laitue vient de la Ferme de la Colline du chêne récoltée ce matin” », illustre-t-elle.

À son avis, de plus en plus de gens veulent savoir ce qu’ils mangent et privilégient les producteurs locaux.

« Si on peut réduire de plus en plus l’approvisionnement ailleurs c’est encore mieux autant pour l’écologie, l’économie et la santé. [...] C’est impératif de changer nos habitudes de vie et de le faire rapidement. Pour moi, l’alimentation locale c’est l’avenir », a-t-elle conclu.