Un logo a été conçu expressément pour marquer le coup.

Un premier gala carboneutre

Le 25 mai, la Chambre de Commerce Haute-Yamaska marquera l’histoire. C’est ce soir-là qu’aura lieu son gala annuel, le tout premier gala d’affaires au Québec à être carboneutre.

Cette année, le gala ajoute une catégorie « Développement durable » à sa liste de prix. Souhaitant présenter cette nouvelle distinction, la firme LCL Environnement de Granby a soumis l’idée à la CCHY, qui y a immédiatement adhéré. « Tout allait bien ensemble, c’est une emballante idée ! a fait savoir la directrice générale de la chambre de commerce, Claude Surprenant. C’est une bonne action pour l’environnement, en plus d’être une idée de gens d’ici. »

La carboneutralité consiste à compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par l’activité humaine par des initiatives vertes qui en annuleront l’empreinte écologique. 

À Granby, cela se traduira par la plantation d’arbres via Carbone Boréal, un programme doublé d’un projet de recherche géré par l’UQAC.

Environ 500 personnes sont attendues en début de soirée au Centre des congrès de Granby, le 25 mai. 

À leur arrivée, on recueillera certaines informations sur le moyen de transport qu’elles ont utilisé pour se rendre à l’événement, par exemple le type de véhicule et le nombre de passagers et la distance parcourue pour aller et revenir du gala. 

Ces informations permettront ensuite d’estimer la production de GES, comme le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane, engendrés par la soirée. 

Le résultat obtenu sera par la suite converti pour obtenir une quantité d’arbres qui seront plantés dans le cadre d’un projet de forestation normé permettant de capter une quantité équivalente de CO2 contenue dans l’atmosphère, d’où le terme « compensation ». 

« Un arbre séquestre environ l’équivalent de 120 kilogrammes de CO2 », indique Luc Baillargeon-Nadeau, géologue superviseur chez LCL Environnement de Granby, qui estime entre 0,40 $ et 1 $ par participant le coup de la compensation.

Sans connaître la quantité exacte d’arbres qui seront plantés, il est tout de même réaliste d’estimer leur nombre à quelques dizaines. Les arbres s’enracineront dans le nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a fait savoir le géologue. 

« La plantation doit se faire là où les arbres n’auraient jamais poussé naturellement, explique M. Baillargeon-­Nadeau. Si on les avait plantés sur un terrain vague, à Granby, où les arbres auraient pu pousser seuls, ça ne compte pas comme des arbres additionnels. »

Claude Surprenant, directrice générale de la Chambre de commerce Haute-Yamaska.

Implanter l’habitude par l’exemple

Un logo a été conçu expressément pour marquer le coup. Claude Surprenant espère le réutiliser à plusieurs reprises dans un futur rapproché. 

« C’est un premier pas. Ça peut facilement s’implanter dans le cadre d’un tournoi de golf ou d’une activité de fondation. On espère aussi que ça va montrer l’exemple aux entreprises de la région et même à d’autres chambres de commerce à prendre un virage vert », souhaite-t-elle. 

Si la CCHY fait figure de pionnière pour l’instant, la tendance carboneutre est là pour rester, puisqu’elle commence tranquillement à s’implanter hors du cercle des environnementalistes. 

« La carboneutralité est de plus en plus comptabilisée, c’est de plus en plus considéré et de plus en plus réglementé, explique Luc Baillargeon-Nadeau. On ne peut plus écarter l’idée que d’ici dix ou vingt ans, les compagnies seront peut-être obligées de compenser pour leurs émissions de GES. Il existe en outre déjà plusieurs initiatives individuelles qui le permettent aussi. »