Olivier Bigler est vice-président du Groupe Maadi. L’entreprise a construit le tablier et les garde-corps du pont qui relie les deux écoles primaires de Lac-Brome. La structure a remporté un prix à Chicago.
Olivier Bigler est vice-président du Groupe Maadi. L’entreprise a construit le tablier et les garde-corps du pont qui relie les deux écoles primaires de Lac-Brome. La structure a remporté un prix à Chicago.

Un pont construit à Lac-Brome remporte un prix international

Le pont construit et installé l’hiver dernier entre les écoles Saint-Édouard et Knowlton Academy, à Lac-Brome, par le fabricant de passerelles, de ponts et de structures flottantes en aluminium Groupe Maadi, a récemment remporté le premier prix dans la catégorie Architectures et structures à l’International Aluminum Extrusion Design Competition à Chicago. L’ADN de l’entreprise, dont l’un des trois actionnaires habite West Brome, se trouve un peu partout sur le sentier pédestre et cyclable qui relie Knowlton à Waterloo.

Depuis environ cinq ans, l’entreprise de Boucherville a aidé Lac-Brome à finaliser son sentier Argyll-Coldbrook, dont le nom officiel reste encore à trouver, notamment en fournissant les deux passerelles de 40 mètres à l’anse Tresle. « On a fourni sept structures pour compléter le sentier », indique Alexandre de la Chevrotière, président et fondateur de l’entreprise. Un autre pont, joignable à vélo en arrivant de Lac-Brome, a aussi été réalisé à Waterloo. Deux technologies avaient été utilisées pour ces structures.

Pour le pont reliant les deux écoles primaires, il s’agit d’une toute nouvelle façon de faire, par extrusion, brevetée par le Groupe Maadi.

« En discutant avec la Ville de Lac-Brome, on nous avait dit qu’il y avait un pont de bois entre les deux écoles qui était en fin de vie, raconte M. de la Chevrotière. Ils avaient besoin de remplacer le tablier du pont. » Une situation qu’a constatée le vice-président et Bromois Olivier Bigler, puisque ses enfants allaient à l’école Saint-Édouard.

Le pont, installé durant la pause des Fêtes, comprend un éclairage intégré au garde-corps.

Vitrine

Cependant, la Ville n’avait pas les moyens d’investir dans une structure d’aluminium, qui coûte cher à l’achat, mais qui ne coûte rien en entretien pendant des décennies, contrairement au bois et à l’acier.

« On s’est dit qu’on pourrait faire une vitrine technologique pour démontrer notre projet, explique le président de l’entreprise. Alors, on a réalisé le pont, une structure de 30 mètres, on a pris des photos et on a envoyé ça à Chicago, où on a gagné le concours. Tout le monde est en train de connaître le produit grâce au projet de Lac-Brome. »

M. Bigler explique que leur nouvelle technologie GuarDECK est un tablier de pont en aluminium et des garde-corps qui peuvent s’ancrer sur des poutres de bois ou d’acier et que peuvent installer eux-mêmes les entrepreneurs, ce qui le rend polyvalent. Le matériel vient avec un livret d’instruction et tout ce qu’il faut pour monter l’ouvrage.

L’installation a été faite en plein hiver durant la pause des Fêtes pour éviter de nuire aux déplacements des élèves. Un éclairage a même été installé dans les garde-corps.

La Ville a payé 20 % des coûts. « On est allé chercher un partenaire financier, le Conseil national de recherche du Canada, qui nous a aidés à payer une partie du projet », ajoute le président.

Le prix remporté à Chicago leur permet d’avoir une grande visibilité dans l’industrie de l’aluminium et de la construction.

Plus durable que l'acier

On retrouve peu d’ouvrages en aluminium au Québec, même si le Canada est le quatrième plus grand producteur de ce matériau. Pas moins de 75 % du chiffre d’affaires du Groupe Maadi est réalisé à l’extérieur du pays, malgré ses tentatives pour percer le marché.

Le problème est qu’il leur est rarement possible de déposer leur candidature sur des appels d’offres en raison de la règle du plus bas soumissionnaire. « Il faut arrêter de penser que l’acier est moins cher à l’achat, plaide Alexandre de la Chevrotière. Le pont Champlain n’était pas cher en 1962, mais, 57 ans plus tard, c’est le pont le plus cher qui a existé. En entretien, l’acier coûte extrêmement cher. »

« Je pense que les élus de Lac-Brome sont différents des autres élus au Québec, évoque Olivier Bigler. Ils calculent le coût sur le cycle de vie. C’est tout à l’honneur de l’administration de Lac-Brome. Ils ne veulent pas d’entretien et je pense qu’ils ont une petite équipe de cols bleus qui ont autre chose à faire que ça. Ils ont vraiment une vision que les élus de 99 % des municipalités du Québec n’ont pas. »

La technologie créée par le Groupe Maadi permet d’installer le tablier du pont en aluminium sur des poutres en acier (photo) ou de bois.

Charte de l’aluminium

L’entreprise reçoit par ailleurs de plus en plus d’appels du Mexique où un virage se fait vers l’aluminium. « L’eau saline dégrade l’acier en 20 ans. On est présentement en soumission au Mexique pour avoir un partenariat là-bas. Ils ont très bien saisi la durée de vie de l’aluminium. Le matériau ne rouille pas », ajoute M. Bigler.

L’industrie de l’aluminium au Québec réclame par ailleurs l’adoption d’une Charte, comme la Charte du bois pour la construction d’immeubles, ce qui permettrait aux transformateurs d’avoir accès aux contrats publics, rapportait La Presse+ mercredi.

« On veut que ce soit le moins cher, mais sur une durée de vie de l’ouvrage, conclut Alexandre de la Chevrotière. On veut vendre au meilleur rapport qualité/prix pour le contribuable. »