La transformation du complexe sportif Artopex en OBNL permettra d’assurer la pérennité des installations, affirment Martin Pelletier et Paul Goulet.

Transformation du complexe Artopex en OBNL

Aux prises avec des défis financiers importants, le complexe sportif Artopex à Granby, financé par des intérêts privés, a été transformé en organisme à but non lucratif (OBNL). Un changement qui vise à assurer la pérennité des installations, affirme le président du conseil d’administration, Martin Pelletier.

Le changement est déjà effectif depuis le début de l’année. D’un point de vue opérationnel, cela ne change rien, assure M. Pelletier. « Les usagers ne verront pas de différence et les tarifs n’augmenteront pas. Notre volonté, c’est de continuer à desservir l’intérêt premier des gens d’ici », dit-il.

Selon lui, différentes options ont été étudiées au cours des dernières années, incluant la vente à des intérêts privés, de même que le transfert des installations à la Ville. Un changement s’imposait, dit-il, car malgré la progression constante des affaires, le complexe sportif enregistre des pertes. L’endroit, en activité depuis sept ans, est confronté à des défis de saisonnalité et à des coûts fixes importants.

À titre d’OBNL, le complexe sportif a d’ailleurs récemment déposé une demande d’exemption de taxes municipales auprès de la Commission des affaires municipales du Québec. S’il reçoit l’aval de la Commission, le complexe pourrait être épargné d’une facture annuelle de 105 000 $ à la Ville de Granby.

La construction du complexe a entraîné il y a sept ans un investissement de 5,3 millions de dollars. Sept actionnaires, à titre individuel ou en groupe, dont le Collège Mont-Sacré-Coeur, Marie Benoit, Paul Goulet, Luc et Simon Lapointe ainsi que l’entreprise Artopex, sont à l’origine du projet.

Le groupe aurait d’ailleurs dû réinjecter plus de 1 million de dollars depuis l’ouverture, afin d’être en mesure de continuer à offrir des services à un coût raisonnable.

Long terme
Martin Pelletier affirme cependant qu’il n’a jamais été question, « dans la tête et le cœur » des associés, de vendre l’endroit à des investisseurs de l’extérieur. Pour eux, il demeure important que le complexe soit géré « par des gens d’ici pour des gens d’ici ».

« Une infrastructure comme ça, c’est un investissement multigénérationnel. Ça va être encore là dans 50 ans. Et il faut le voir comme ça. Ceci étant dit, il fallait trouver des moyens pour s’assurer de se rendre là », fait pour sa part valoir le directeur général, Paul Goulet.

La majorité des clients du complexe sportif Artopex sont des écoles, réparties dans trois commissions scolaires de la grande région, ainsi que des associations sportives (soccer, ultimate frisbee, baseball, etc.). La transformation de l’entreprise privée en OBNL devrait par ailleurs permettre de nouvelles collaborations et d’accentuer la mission de l’endroit qui est d’aider les jeunes — et moins jeunes — de la région à bouger, estiment les membres du conseil d’administration.

D’un point de vue technique, en optant pour ce modèle d’affaires, les associés du complexe sportif Artopex ont toutefois mis une croix sur tous profits qu’auraient pu générer l’endroit. Ils pourront récupérer leur mise de fonds, « et pas plus », précise Martin Pelletier, une fois que les autres dettes auront été remboursées.

« Il n’y a pas grand groupe d’affaires qui ferait ça pour zéro intérêt, profits ou quoi que ce soit », affirme Martin Pelletier.