Pierre Marc Johnson, négociateur en chef du Québec pour l’Accord économique et commercial global, a pris la parole durant un colloque tenu à Granby et animé par François Gagnon.

Tournée de l’AECG: «une opportunité fantastique»

Les tenants et aboutissants de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) ont été démystifiés, jeudi, alors qu’une tournée québécoise s’arrêtait à Granby. Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre du Québec, avocat-conseil, mais surtout négociateur en chef du gouvernement du Québec pour l’AECG, s’est prêté à l’exercice devant des gens d’affaires présents au Zoo pour l’occasion.

« J’ai fait le tour avec eux de ce qu’il y a dans l’accord, relate Me Johnson en entrevue. On a regardé certains des tarifs spécifiques qui sont partis. Mon rôle est un peu de leur dire de regarder comme il faut les marchés européens, que c’est important, et de leur dire : “vous avez une opportunité fantastique que n’ont pas les Américains, parce que les produits américains qui pénètrent les marchés européens ont des tarifs. On a un avantage concurrentiel important.” »

Avec l’Accord économique et commercial global, la presque totalité des tarifs douaniers a été abolie entre les marchés européens et canadiens, tant pour les produits manufacturiers, commerciaux et agroalimentaires que pour les services.

Avant l’entrée en vigueur de l’AECG, le 21 septembre dernier, une grille tarifaire imposait toute une brochette de frais pour importer, d’un côté comme de l’autre de l’océan Atlantique, des produits et services. Par exemple, les produits de la pêche canadiens étaient sujets à un tarif douanier de 22 %.

Profiter du libre-échange

« Nos entreprises commerciales vont pouvoir se trouver un marché en Europe, qui est [...] riche de 500 millions de personnes. Il y a du monde en masse. Il y a du potentiel. On fait déjà du commerce avec l’Europe, qui est notre deuxième partenaire après les États-Unis. C’est à peu près 12-13 % des exportations. Ces exportations augmentent d’année en année et la fin des tarifs, l’ouverture, la diminution des autres contraintes vont faire en sorte que ça devrait croître beaucoup plus rapidement. »

L’accord a fait beaucoup parler en raison de l’importation de fromages européens, faisant craindre une concurrence déloyale pour les producteurs québécois. 

« On a limité à 6,5 % du marché la quantité de fromages que les Européens vont pouvoir envoyer ici sans tarif. Pour les surplus, on n’abolit pas les tarifs. En échange, ils vont nous permettre [d’exporter] 75 000 tonnes de porc sans tarifs. Il y a un équilibre qui a été fait sur le plan des denrées alimentaires. »

Le marché européen pourra avoir accès à 50 000 tonnes de bœuf et de veau également. Le tarif douanier de 8 % pour le sirop d’érable sera ainsi éliminé, tout comme les jus de fruits, dont le tarif à la douane est d’en moyenne 18 %, et les préparations alimentaires (12 % et plus).

C’est aussi la première fois qu’un accord de libre-échange canadien consacre par ailleurs un chapitre au développement durable.

Journée bien remplie

Plusieurs conférenciers étaient présents lors du colloque ayant pour thème cet accord économique transatlantique.

C’était le cas de Philippe Bertin­, de Stratégies Trois-Quatorze, de Marc Fillion, coordonnateur des marchés de l’Europe au sein d’Export Québec, d’Étienne Lapalme, délégué commercial au bureau régional du Québec d’Affaires mondiales Canada, de Julie Lessard, de BCF, d’Arnaud Philibert­, responsable du groupe ASD Montréal, et de Jean Thibodeau­, du CRIQ.

Hélène Bienvenue a reçu un trophée pour la nomination du Zoo de Granby aux Mercuriades, remis par Charles Lahaye des Fonds régionaux de solidarité FTQ – Estrie.

UN TROPHÉE POUR LE ZOO

Après l’allocution de Pierre Marc Johnson, un trophée a été remis au Zoo de Granby puisque l’entreprise est finaliste aux Mercuriades. Il ne s’agit pas du trophée du lauréat, par contre, puisque le gala aura lieu jeudi prochain au Palais des congrès de Montréal.

Le Zoo de Granby est finaliste aux côtés d’Agropur et de Sopremo dans la catégorie Stratégies d’affaires à succès.

« On a eu la meilleure année de l’histoire du Zoo cet été avec plus de 720 000 visiteurs à l’été et à l’automne, souligne Hélène Bienvenue, conseillère en communication et marketing. On attribue ce succès-là à trois facteurs en particulier : la météo qui a été favorable pour nous, évidemment la nouvelle attraction Dinozoo et aussi les abonnements qui ont augmenté. Au niveau de la stratégie d’affaires, on voulait démontrer comment on bonifie l’offre aux visiteurs, soit en allongeant la saison d’été avec l’automne avec Noctambule, puis en ajoutant des nouveautés pour les visiteurs, comme la patinoire réfrigérée en hiver. »

L’attraction Noctambule sera par ailleurs de retour à l’automne. Les dinosaures reviennent également.