Louis-Étienne Beaupré, dg de Sunny Side Up Creative, et Claude Bordeleau, dg de Volta, travaillent maintenant sous le même toit.

Volta et Sunny Side Up Creative: l’union fait la force

Unir ses forces sans perdre son identité propre, mission impossible dans le monde des affaires? Pas chez Volta et Sunny Side Up Creative, deux compagnies de Québec qui se sont unies sous un même toit, maintenant qu’elles sont toutes deux dans le giron de Keywords Studios, une compagnie irlandaise qui possède une soixantaine de studios spécialisés à travers le monde.

«C’est vraiment une bonne nouvelle pour Québec et pour nos entreprises. Sunny Side Up et Volta partagent le même ADN axé sur la créativité et la qualité. C’est un bel exemple de la synergie qui peut être développée», a commenté Claude Bordeleau, directeur général et fondateur de Volta, à la veille de l’inauguration officielle des nouveaux locaux communs. 

Volta est un studio de conception visuelle; Sunny Side Up, une agence marketing. Tous deux travaillent dans le domaine du jeu vidéo, en tant que compagnies de services. Chez Volta, on agit souvent à l’étape de la conceptualisation d’un jeu, pour traduire des idées en images concrètes. Sunny Side Up, de son côté, produit notamment des bandes-annonces de jeux vidéos, comme celle du prochain jeu d’Ubisoft, Gods and Monsters.  

Dans cette filière moins connue de l’industrie, il ne se produit pas de jeux à proprement parler. Volta et Sunny Side Up ont d’abord agi comme sous-traitants pour de plus grosses compagnies, dans les domaines qu’ils couvrent. «Maintenant, les gens vont de plus en plus se tourner vers des fournisseurs de services qui sont experts dans certains domaines. Ce n’est plus pour sauver des coûts», constate Claude Bordeleau. «On a des partenaires locaux, comme Beenox et Ubisoft, mais l’essentiel de notre marché reste international. Il n’y a pas de frontières dans les jeux vidéos, et l’expertise québécoise est vraiment reconnue au niveau mondial», soutient pour sa part Louis-Étienne Beaupré, directeur général de Sunny Side Up.

Fondé en 2006, le studio Volta été appartenu à Frima pendant quelques années avant de passer chez Keywords Studios il y a trois ans. Quand Sunny Side Up, fondée en 2012, a aussi été achetée par le même gros joueur, l’occasion était belle de regrouper les troupes de ces deux compagnies sœurs. 

Les rénovations dans l’étage où logent les deux entreprises sur le boulevard Charest viennent de se terminer. Chacune possède ses quartiers, mais la cinquantaine d’employés partagent une aire de repas et de détente, en plein centre. Dans le hall d’entrée, on retrouve le pavoisement des deux compagnies, mais pas celui de Keywords Studios. 

Croissance en vue

«Il n’y a aucune ingérence professionnelle de leur part. On a une grande autonomie, mais faire partie d’une plus grande entreprise nous permet de nous concentrer sur le long terme», note Claude Bordeleau. «Ça nous donne les outils pour continuer à grandir», complète Louis-Étienne Beaupré.

L’heure est à la croissance pour les deux studios, qui sont constamment à la recherche de nouveaux talents. «Notre idée de la croissance, ce n’est pas nécessairement de compter le plus grand nombre d’employés possible. On veut plutôt grossir avec des emplois de qualité, des gens hyper qualifiés. On veut faire attention à garder la valeur de notre entreprise, de continuer de grandir au niveau de notre réputation», soutient Claude Bordeleau.  

Chez Volta, on compte sur un noyau fort d’artistes venus du Québec, mais aussi d’un peu partout sur la planète : Brésil, Roumanie, France, Indonésie… «Mon premier employé est venu de Malaisie. J’avais découvert son portfolio sur Internet», raconte Claude Bordeleau.

Dans le domaine des artistes conceptuels, il faut savoir dénicher la perle rare, poursuit-il, peu importe où elle se trouve. «Ce sont des employés qui s’installent ici, des gens qui s’enracinent», s’enorgueillit-il. Il déplore toutefois que les démarches pour faire venir des travailleurs qualifiés d’ailleurs semblent s’alourdir sans cesse.