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Donald Trump
Donald Trump

Facebook ne prévoit pas de lever la suspension du compte de Trump

AFP
Agence France-Presse
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NEW YORK — Facebook ne va pas lever la suspension du compte de Donald Trump et va retirer tous les messages comportant le slogan «Stop au vol», que le président américain sortant a contribué à répandre sur les réseaux sociaux, en référence à l’élection qu’il accuse les démocrates de lui avoir «volée».

«Étant données les tentatives répétées d’organiser des événements pour contester le résultat du scrutin présidentiel américain, qui peuvent conduire à des violences, et l’utilisation de cette expression par ceux qui étaient impliqués dans les violences de mercredi à Washington, nous prenons des mesures supplémentaires à l’approche de l’investiture», a indiqué le réseau social dans un communiqué lundi.

L’entreprise californienne a annoncé, jeudi, bloquer les comptes Facebook et Instagram de M. Trump, au lendemain des émeutes à Washington et de l’invasion du Capitole pendant plusieurs heures par des partisans du milliardaire républicain, qui a perturbé la validation par le Congrès de la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

«Notre interdiction est à durée illimitée. Nous avons dit qu’elle durerait au moins jusqu’à la transition présidentielle, mais nous n’avons pas l’intention de la lever», a déclaré Sheryl Sandberg, la numéro 2 du groupe, lors d’un forum en ligne organisé par l’agence Reuters.

Twitter a pris une décision plus radicale vendredi en supprimant le compte de M. Trump, le privant ainsi de son outil de communication préféré.

Les profils du locataire de la Maison-Blanche ont également été suspendus de services comme Snapchat ou Twitch.

«Pas au-dessus du règlement»

«Notre règlement s’applique à tous», a défendu Mme Sandberg. «Nous avons retiré des publications de Don Jr (le fils aîné de M. Trump), nous avons retiré des publications d’autres dirigeants internationaux et d’autres responsables politiques. [...] Cela montre que même un président n’est pas au-dessus de notre règlement».

Facebook a décidé de maintenir une bonne partie de ses règles initialement prévues pour l’élection, comme la suspension de toutes les publicités liées à la politique ou aux scrutins.

Supprimer tous les contenus avec le slogan «Stop au vol» pourrait «prendre du temps», a reconnu le réseau social, «mais nous avons déjà retiré un nombre significatif de messages».

Facebook avait justifié sa décision la semaine dernière en expliquant que les messages récents de M. Trump faisaient courir le risque de nouvelles violences.

Mme Sandberg a assuré que Facebook avait appris de ses erreurs, après les nombreux ratés lors de l’élection présidentielle américaine de 2016.

Avant le scrutin présidentiel de novembre aux États-Unis, le réseau social avait multiplié les efforts pour démanteler des tentatives de désinformation et suspendu de nombreux comptes, groupes et pages à caractère violent ou haineux.

Interrogée sur le pouvoir parfois considéré comme démesuré des grandes plateformes numériques, Mme Sandberg a assuré être favorable à davantage de régulation et a dit espérer travailler en ce sens avec l’administration Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

«Nous sommes une entreprise privée qui offre un service», a-t-elle toutefois précisé. «Il en va de notre responsabilité que ce service ne soit pas utilisé de manière inappropriée, comme cela s’est produit mercredi dernier».

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TWITTER SUPPRIME 70 000 COMPTES LIÉS À LA MOUVANCE PRO-TRUMP QANON

Twitter a annoncé lundi avoir «suspendu de façon permanente» 70 000 comptes affiliés à la mouvance pro-Trump QAnon depuis vendredi, pour les empêcher d’utiliser le réseau social à des fins violentes comme pour les émeutes à Washington la semaine dernière.

La plateforme a entrepris une purge qui a commencé vendredi avec le blocage définitif du compte du président américain, accusé d’avoir encouragé ses partisans à perturber la certification de la victoire du démocrate Joe Biden par le Congrès.

«Ces comptes partageaient des contenus dangereux, associés à QAnon, à grande échelle. Ils étaient essentiellement consacrés à la propagation de ces théories du complot sur tout le service», a expliqué Twitter dans un communiqué.

Le nombre de comptes évincés est élevé, car de nombreux individus en possédaient plusieurs.

La plupart des grandes plateformes ont pris des mesures sans précédent depuis que des partisans du milliardaire républicain ont envahi le Capitole pendant plusieurs heures mercredi, choquant le pays et ternissant son image à l’international.

QAnon est une mouvance conspirationniste d’extrême droite. Ses adeptes défendent l’idée que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte libérale mondiale composée de pédophiles satanistes.  

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L'APPEL DE TRUMPISTES À MANIFESTER DEVANT LE SIÈGE DE TWITTER FAIT UN FLOP 

Des partisans de Donald Trump avaient appelé à manifester lundi devant le siège de Twitter à San Francisco pour protester contre la fermeture du compte du président sortant sur ce réseau social, mais seule une poignée d’entre eux ont répondu présent, rapportent des médias locaux.

Des messages publiés cette fin de semaine sur un forum internet prisé de l’extrême droite, «TheDonald.win», appelaient les partisans de l’ex-magnat de l’immobilier à se rassembler devant le siège de Twitter, certains demandant aux participants de se munir de menottes en plastique pour procéder à des «arrestations citoyennes», selon le quotidien San Francisco Chronicle.

Malgré le fait que la plupart des employés de Twitter pratiquent le télétravail depuis le début de la pandémie de la COVID-19 et que leurs bureaux sont quasiment déserts, la police de San Francisco avait pris ces menaces au sérieux et déployé lundi matin des dizaines d’agents près du bâtiment, protégé par des barrières de sécurité.

Selon les nombreux médias locaux sur place, seule une poignée de manifestants et de contre-manifestants ont finalement fait le déplacement.

«Je n’aime pas être censuré. Et j’ai le sentiment que les voix des conservateurs sont en train d’être censurées», a déclaré l’un des trumpistes à la chaîne de télévision KTVU.

De son côté, Kenneth Lundgreen, 71 ans, brandissait une pancarte proclamant «Déjouez les tentatives de coup d’État de Trump» et expliquait vouloir s’opposer physiquement à une éventuelle «foule agitée», comme celle qui a pris d’assaut le Capitole à Washington la semaine dernière.

Peu après l’intrusion de partisans de Donald Trump dans l’enceinte du Parlement américain, Twitter avait annoncé qu’il allait fermer le compte personnel de ce dernier, face au «risque de nouvelles incitations à la violence».

D’autres plateformes, comme Facebook, Instagram ou Snapchat, ont dans la foulée suspendu les comptes du milliardaire conservateur pour une durée indéterminée.

Donald Trump avait aussitôt accusé Twitter de «museler la liberté d’expression» en l’empêchant de s’adresser à ses quelque 88 millions d’abonnés.

Cette décision de Twitter a été vivement critiquée par les partisans de Donald Trump mais aussi par différentes personnalités hors des États-Unis, à l’instar de la chancelière allemande Angela Merkel, qui l’a jugée «problématique».