Techno

Instagram n’espionne pas ses utilisateurs, assure son patron

NEW YORK — Instagram, la populaire application de partage d’images, ne surveille pas les conversations privées de ses utilisateurs pour leur adresser ensuite des publicités ciblées, a affirmé son patron Adam Mosseri dans une interview à CBS diffusée mardi.

«Nous ne regardons pas vos messages, nous n’écoutons pas dans votre microphone, le faire serait extrêmement problématique pour plein de raisons différentes», y affirme-t-il. «Mais j’ai conscience que vous aurez du mal à me croire», ajoute-t-il.

Le patron d’Instagram, filiale de Facebook, était interrogé sur le fait que des publicités sur des produits évoqués lors de conversations privées pouvaient apparaître par la suite sur le fil des utilisateurs en question.

«Il y a deux façons selon lesquelles cela peut arriver», répond M. Mosseri.

«L’une est tout simplement le hasard. L’autre est que vous avez peut-être évoqué un sujet qui vous est venu à l’esprit parce que vous avez interagi avec ce genre de contenus récemment», détaille-t-il.

«Admettons que vous vous intéressiez à la nourriture et aux restaurants. Vous avez vu un restaurant sur Facebook ou Instagram qui vous a plu. Ça vous est resté à l’esprit, peut-être à un niveau subconscient, et ça ressort plus tard», avance M. Mosseri.

La question de la confidentialité des données des utilisateurs de réseaux sociaux est un sujet particulièrement sensible pour la maison mère d’Instagram, Facebook, depuis le scandale planétaire en 2018 des informations d’usagers récupérées par la firme Cambridge Analytica.

M. Mosseri a aussi évoqué lors de cette entrevue le sujet des vidéos au trucage hyper réaliste qui permettent par exemple de faire dire à des personnalités des propos qu’elles n’ont jamais tenus, les «deepfake».

Techno

Beenox: nouveau départ pour le jeu Crash Team Racing Nitro-Fueled

Amateur de jeu vidéo ou nostalgique des années 90 seront ravis: le populaire jeu vidéo Crash Team Racing Nitro-Fueled est complètement «remastérisé». Près de 130 «fans» l’ont essayé en grande primeur tout en faisant de la course de kart. Un lancement ludique et réussi à Québec, signé Beenox.

Il est 9h30. Un autobus jaune attend devant le studio Beenox. Une vingtaine de jeunes, vêtus de t-shirt à l’effigie de leurs jeux vidéo préférés y embarquent. Direction : le KCR Karting Château-Richer pour le lancement du jeu vidéo Crash Team Racing Nitro-Fueled (CTR). Au programme : jouer au jeu et faire du kart.

À leur arrivée, ils reçoivent une cocarde verte, inscrite «fan». Plus de 100 jeunes dans la vingtaine, dont le trois quart sont des étudiants dans le domaine des jeux vidéo, ont les yeux rivés sur les consoles. Ils meurent d’envie d’essayer la nouvelle version de ce jeu de course. Impatients, ils regardent la partie très intense entre les six joueurs. Le plaisir est au rendez-vous.

Pour Frédérick Sundström qui étudie en conception de jeux vidéo au Cégep Limoilou, participer à cet évènement est un grand privilège. «C’est incroyable d’assister à un lancement et de vivre ça avec les créateurs du jeu», explique-t-il. Même constat pour son collègue Jonathan Lacasse qui lui aussi souhaite travailler dans le domaine. «C’est une immersion totale. Le lancement est trippant et en plus on peut poser des questions aux gens de Beenox», indique-t-il, en attendant son tour pour jouer. La table où se trouve les consoles est sur une terrasse avec vue sur la piste de go kart. Assis dans leurs grosses chaises de «gamer», les joueurs sont complètement hypnotisés par leur partie. Ceux qui attendent en file aussi. Ils commentent les bons et les moins bons coups des joueurs.

Un brin de nostalgie

«J’étais tombé en amour avec ce jeu quand il était sorti», explique le directeur créatif et codirecteur du studio Beenox, Thomas Wilson. En «remastarisant» ce jeu, il était extrêmement important d’être à la hauteur des attentes de la communauté, croit le directeur artistique de Beenox, Jason Godbout. «Notre mission était de prendre un jeu qui fonctionnait vraiment bien il y a 20 ans, mais le rendre encore plus extraordinaire», souligne-t-il.

Maxime Lévesque, un «fan» du jeu depuis longtemps, a entendu parler de cet évènement par le biais des réseaux sociaux. «J’ai su que le lancement allait arriver à cause des rumeurs sur le Web. Je me suis tenu au courant sur les réseaux sociaux, et j’ai gagné un concours sur la page Facebook», confie-t-il. Il trouve la nouvelle version extrêmement plaisante. «Je suis un grand fan du classique, j’ai toujours joué à ce jeu», indique-t-il. Le nouvel esthétisme et les nouvelles fonctions sont grandement appréciés des joueurs. «C’est beaucoup plus beau, et on a ajouté des fonctionnalités. On peut faire des courses en ligne, on peut personnaliser son kart et les personnages. On va aussi sortir du contenu additionnel après la sortie du jeu», explique Thomas Wilson.

Du virtuel au terrain

Pour plusieurs, l’idée de faire un lancement de jeu vidéo de course dans un karting est une idée de génie. «Je n’ai jamais vu un lancement aussi investi et aussi proche du jeu, c’est un concept super intéressant», confie l’étudiant en conception de jeux vidéo au Cégep Limoilou Jérémie Lemelin. Pour les organisateurs, il allait de soi de faire cet évènement sur une piste de karting. «C’était évident qu’il fallait inviter des fans à venir essayer le jeu en primeur et qu’ils aient l’occasion de faire la course dans le vrai monde», souligne Thomas Wilson.

Vers 13h, les organisateurs annoncent la partie ultime virtuelle. Les trois fans qui ont eu le meilleur score contre trois développeurs du jeu vidéo. Une foule se rassemble autour d’eux. Armés de leurs consoles, la partie débute. Au premier tour, ce sont les développeurs qui gagnent. Puis au second, l’équipe des fans. Le directeur créatif, Thomas Wilson, commente le match. La tension est palpable. Puis, l’équipe des développeurs l’emporte. L’un des trois fans, Thomas Sassano essoufflé par cette partie est tout de même heureux d’avoir participé à ce défi. «J’adore la refonte de tous les circuits, et au niveau contrôle, on retrouve bien l’ancien sentiment. Il y a quelques différences, mais mineures. Et j’adore le fait qu’ils ont rajouté du contenu», explique cet étudiant à la maîtrise en jeux vidéo à l’Université du Québec à Chicoutimi. Ravis d’avoir passé la matinée à jouer et à conduire un kart, les fans sont reconnaissants d’avoir pu discuter avec les concepteurs du jeu qu’ils ont découvert avec fébrilité. 

Techno

Optel: la traçabilité au bout des doigts [VIDÉO]

En savourant votre barre de chocolat préférée, trois questions peuvent traverser votre esprit : «D’où vient-elle? Contient-elle de l’huile de palme? Nuit-elle à la planète?» Il est maintenant possible de le savoir grâce à un robot sur l’application mobile Messenger qui détaille la traçabilité du produit, une invention du groupe Optel pour permettre au consommateur de faire des choix éclairés.

«Avec une barre de chocolat, on va pouvoir retracer le sucre et le cacao», explique le vice-­président de l’ingénierie et technologie d’Optel, Florent Bouguin. Il démarre l’application Messenger, ouvre l’onglet du robot, puis prend une photo du code-barre inscrit sur l’emballage du chocolat. 

«Le robot s’appelle Concierge. C’est un genre de détective qui utilise des algorithmes. Il va aller chercher les données du produit», continue-t-il. Le robot à l’allure excentrique scanne le tout. Différentes surfaces s’affichent, allant d’ingrédients, aux conséquences environnementales de l’huile de palme et aux conditions de travail des fabricants du produit. Selon Florent Bouguin, les entreprises qui font affaire avec Optel vont promouvoir la transparence de leur chaîne de production. «Cela permet aux entreprises d’avoir une valeur ajoutée à leur produit», détaille-t-il. La traçabilité des produits peut aussi créer une pression sur le marché. 

Un chef de file

«Plus il y a des compagnies qui sont transparentes, plus elles subiront une pression pour l’être aussi, souligne M. Bouguin. Un consommateur qui a le choix entre une barre de chocolat qui a toutes les informations et une autre qui n’a aucune information va préférer la première. On veut être un modèle de capitalisme responsable.»

«La traçabilité est le suivi des matières premières jusqu’à la consommation et le recyclage», explique le chef de la stratégie mines et environnement d’Optel, Ken Fallu. Depuis 30 ans, le groupe Optel est un chef de file dans la traçabilité de la santé, de l’alimentation et des ressources naturelles. 

«Aujourd’hui on trace le cobalt et l’or dans les mines, l’huile de palme et les médicaments. Au niveau consommateur, on la traçabilité des cafés, du whisky et des cartouches d’encre», détaille Ken Fallu. 

Que ce soit par un numéro de série unique sur les produits ou par le biais d’applications mobiles, Optel développe des outils pour s’assurer que la chaîne d’approvisionnement soit transparente. «Dans les mines au Congo, on trace des sacs qui partent de la montagne, et on n’utilise pas de téléphone mobile, car il n’y a pas Internet. On s’adapte en fonction du marché. On utilise plutôt de petits scanneurs avec des feuilles laminées pour collecter l’information», souligne M. Fallu.

Les sols contaminés 

Pour contrer les déversements illégaux de sols contaminés au Québec, le groupe Optel a développé Geotrace, une application mobile qui permet de retracer les matières premières. «On apporte une solution simple et efficace qui fait le suivi de l’excavation à la réception des sols contaminés», indique Ken Fallu. Le gestionnaire de projet inscrit les informations des sols contaminés dans son application, puis fait une authentification par photo. Lors de la réception des sols contaminés au site de traitement, le chauffeur prend une autre photo pour s’identifier. «Le poids exact du chargement sera alors ajouté avec une authentification photo, via l’application mobile GeoTrace, ce qui vient compléter la séquence de traçabilité pour ce chargement», peut-on lire sur le site Web de Optel.

Avec plus de 700 employés dans le monde, dont 500 à Québec, l’entreprise québécoise Optel est un leader en traçabilité.

Techno

Beau temps pour le jeu vidéo à Québec

S’achevait le 13 juin, au Los Angeles Convention Center de Los Angeles, le 25e Electronic Entertainment Expo 2019 (E3). Et la ville de Québec y était largement représentée. La Capitale-­Nationale semble désormais appartenir aux ligues majeures du jeu vidéo.

E3, c’est le plus gros rassemblement de développeurs en Amérique du Nord. On y annonce de nouvelles productions, l’extension d’un programme à télécharger, on y fait la démonstration d’un opus à paraitre : les yeux de l’industrie et de la presse internationale sont rivés sur la convention. Si quelque 66 000 personnes étaient sur place, ce sont des millions qui y assistaient en ligne.

L’événement initié par l’Entertainment Software Association en 1995 se déploie au printemps. «Le E3 était traditionnellement un événement créé pour présenter les jeux qui allaient sortir pour la période des Fêtes, entre Thanksgiving et Noël», explique François Taddei, concepteur en chef de Beenox. Les détaillants devaient alors prévoir l’espace nécessaire sur les étagères pour la réception de la cargaison de jeux et consoles. La fin du printemps était ainsi le moment idéal pour l’industrie. 

L’intermédiaire de la boîte tend toutefois à disparaitre à l’ère de la dématérialisation de l’industrie du jeu vidéo. «Il y cinq ans à peine, 90 % de nos ventes étaient en matériel physique», rappelle Marc-Alexis Côté, producteur senior chez Ubisoft à Québec. Aujourd’hui, ce sont plus de 50 % qui s’écoulent en format numérique. 

Beenox: «Crash team racing nitro-fueled»

À l’orée des vacances d’été, certains tenteront d’introduire une nouvelle génération de joueurs. C’est entre autres le cas du Crash Team Racing : Nitro-Fueled de Beenox, qui sera lancé aujourd’hui au KCR Karting de Château-Richer, mais officiellement sur le marché le 21 juin prochain. «Remaster» de Crash Team Racing paru en 1999 sur PlayStation, il était le premier rival de l’icône de Nintendo, Mario Kart. «Le moment du lancement est propre à chacun, soutient François Taddei. Notre jeu cible les nostalgiques, qui sont souvent rendus avec des enfants.» 

«Depuis une dizaine d’années, on carbure beaucoup à la nostalgie, précise M. Taddei. On a décortiqué les intentions du jeu pour ensuite se l’approprier. Les mécaniques sont les mêmes qu’à l’époque, mais on l’a poussé beaucoup plus loin.»

Un prix de la presse a d’ailleurs été remis au petit nouveau de Beenox lors du E3. Dans la foulée de la convention, le studio a annoncé qu’il prendra part au développement de la version PC de Call of Duty : Modern Warfare avec Infinity Ward.

Gearbox: un DLC pour «Borderlands 2»

Bien que l’événement ne soit plus exclusif à l’industrie depuis 2015, l’E3 serait plus marketing que certaines conventions davantage orientées vers le consommateur comme le Gamescom de Cologne, selon Sébastien Caisse, co-chef de studio chez Gearbox. «Les développeurs parlent aux gens qui vont vendre les jeux. C’est le point de vue des artisans qui est mis de l’avant.»

En attendant le troisième opus de Borderlands 3, prévu le 13 septembre, le studio de Québec a surpris l’industrie au E3 avec la sortie du DLC (extension) Bordelands 2 : Commander Lilith and the fight for Sanctuary. Il s’agit du premier titre entièrement développé par le studio québécois de Gearbox, qui compte quelque 130 employés. 

«C’est le prélude narratif de Borderlands 3 pour clore le deuxième opus lancé il y a sept ans», explique Maxime Babin, directeur du titre et du nouveau DLC. L’extension est revenue du E3 décorée d’une panoplie de mentions. «Malgré les 100 postes disponibles pour tester le jeu, ajoute Fred Rambaud, directeur artistique de Borderlands 3 et du DLC Commander Lilith & the fight for Sanctuary, la file attente ne cessait de s’allonger.»

Ubisoft: «Gods & Monsters»

En clôture de la conférence d’Ubisoft à l’E3, le studio de Québec a surpris l’assistance. Il sera maître d’œuvre d’un nouveau jeu créé, pensé et développé ici : Gods & Monsters. Un jeu de calibre «AAA», comparable à une «production hollywoodienne», selon Marc-Alexis Côté et Jonathan Dumont, respectivement producteur senior et directeur créatif du titre. 

La Capitale

L’ouverture du campus de l’école 42 dans Saint-Roch reportée

Une école de programmation informatique unique au Canada ouvrira ses portes en avril 2020 dans le quartier Saint-Roch à Québec, au lieu de septembre 2019.

«On n’est pas les seuls à avoir levé la main pour avoir une antenne de l’école 42 à Paris. Il y avait des demandes d’un peu partout dans le monde», explique Dominic Goulet, directeur général de Québec numérique, l’organisme sans but lucratif qui dirigera le campus québécois de l’école 42.

L’ouverture est donc retardée de quelques mois, mais le délai permettra au campus de Québec de s’inscrire dans un réseau mondial de 20 écoles alternatives. «Il y a un principe de mobilité des jeunes qui s’inscrivent. Après un an par exemple, ils pourront faire une demande pour aller terminer leur apprentissage ailleurs dans le monde. Pour nous, c’est une façon d’attirer des gens de l’international qui vont peut-être devenir de la future main-d’œuvre pour Québec», exprime M. Goulet. 

Contrer la pénurie

L’objectif de cette école est de contrer la pénurie de programmeurs informatiques en attirant des étudiants qui n’ont pas le goût de suivre un parcours éducatif traditionnel. Sans horaire de cours ni enseignant, l’école 42 se base sur un parcours d’apprentissage par projets, inspiré des niveaux à passer dans un jeu vidéo. L’école est ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et les étudiants évoluent à leur rythme. 

L’école accueillera des cohortes de 200 étudiants par année et aura la capacité de s’ajuster à la hausse si la demande est très forte. D’ici 2022, l’école 42 prévoit veiller sur 600 apprenants. 

L’emplacement exact de ce lieu d’apprentissage reste à déterminer, mais ce sera dans le quartier Saint-Roch, assure M. Goulet. La recherche du local idéal est toujours en cours. 

Si la pédagogie sera importée de la France, Québec numérique a bien l’intention de donner une «saveur locale» à son école, en développant des projets qui concernent le monde de l’assurance et celui des jeux vidéo, deux secteurs qui embauchent massivement à Québec. 

L’inscription à cette école est 100 % gratuit et n’exige aucun pré-requis. La moitié des places sera réservée aux femmes. «On veut former une nouvelle génération de programmeurs bienveillants et éthiques», souligne M. Goulet. 

Le dg de Québec numérique indique qu’un partenariat public-privé permettra de financer le déploiement de cette école, mais il reste pour le moment discret quant à l’identité des partenaires financiers. Le gouvernement du Québec et la Ville de Québec ont été approchés.

La formule de l’école 42 remporte un grand succès depuis son ouverture en 2013 à Paris. Même si aucun diplôme officiel n’est décerné à la fin du parcours, les entreprises françaises embauchent massivement les étudiants de 42. 

En plus de Québec, des campus ouvriront notamment en Belgique, en Finlande, au Maroc, en Espagne, en Russie, en Indonésie, au Japon et en Colombie.

Techno

Huawei, victime de Trump, voit plonger ses ventes de 40 %

SHENZHEN — Les sanctions de Donald Trump font souffrir le géant chinois des téléphones intelligents : mis à l’index aux États-Unis, Huawei subit une forte chute de ses ventes à l’étranger, l’obligeant à réduire sa production d’un tiers d’ici la fin de 2020.

Lors d’une conférence au siège du groupe à Shenzhen, Ren Zhengfei, l’ancien ingénieur qui a fondé Huawei dans les années 80, a révélé lundi que l’entreprise avait enregistré une chute de 40 % de ses ventes de téléphones intelligents à l’international.

«Oui, [les ventes] ont baissé de 40 %», a déclaré M. Ren, en réponse à la question d’un journaliste.

«Liste noire» 

Une porte-parole du groupe a ensuite expliqué à l’AFP que cette baisse portait sur les mois de mai et juin, à la suite de la menace des États-Unis de placer Huawei sur une «liste noire» des entreprises auxquelles il est interdit de vendre de la technologie américaine sauf autorisation spéciale.

Cette menace brandie mi-mai par l’administration Trump, qui soupçonne Huawei d’espionnage potentiel au profit de Pékin, fait l’objet d’un sursis à exécution de trois mois, soit jusqu’à mi-août.

M. Ren, 74 ans, a cependant assuré que le rythme des ventes sur le marché chinois était «très rapide».

À la suite des sanctions américaines, Huawei a fait l’objet en Chine d’appels patriotiques à acheter ses téléphones au détriment des marques étrangères.

Huawei s’est hissé l’an dernier au deuxième rang mondial des ventes de téléphones portables, derrière le sud-coréen Samsung, mais devant l’américain Apple. Le groupe chinois dit avoir livré pas moins de 206 millions de téléphones, dont environ la moitié hors de Chine.

M. Ren a par ailleurs annoncé une baisse de 39 milliards $ de la production du groupe cette année et la suivante. Il n’a pas précisé quels secteurs de production seraient les plus touchés par cette réduction de voilure.

«Servir l’humanité»

Cette contraction colossale représenterait environ un tiers de la production de Huawei, au regard de ventes ayant atteint 721,2 milliards de yuans (143 milliards $) en 2018.

«En 2021, nous retrouverons notre vitalité afin de servir l’humanité», a-t-il promis.

Huawei se retrouve au cœur de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, qui se double désormais d’une guerre technologique.

Le mois dernier, les États-Unis ont aussi interdit à leurs entreprises de fournir Huawei en équipements télécoms. Un coup très dur pour le groupe chinois, qui dépend des puces électroniques «made in USA» pour ses téléphones intelligents.

Google a annoncé dans la foulée qu’il devrait cesser sa collaboration avec Huawei, à qui il fournit son système d’exploitation Android. Les futurs utilisateurs d’appareils Huawei n’auront ainsi plus accès à des services très populaires tels que la messagerie Gmail ou le service de géolocalisation Google Maps.

Huawei a dit travailler à la mise en place de son propre système d’exploitation, mais, de l’avis des experts, un tel projet, très coûteux, risque de s’avérer long à mettre en place et sans garantie de réussite.

D’autres géants de l’Internet comme Facebook, des télécoms comme le britannique Vodafone ou de l’électronique comme le japonais Panasonic ont également annoncé suspendre certains aspects de leur collaboration avec le chinois.

En réaction, Pékin a annoncé travailler sur sa propre «liste noire» d’entreprises non fiables.

Le différend se double d’un affrontement diplomatico-judiciaire : la propre fille de M. Ren, Meng Wanzhou, a été arrêtée fin 2018 au Canada, sur demande des États-Unis. Ces derniers reprochent à Mme Meng, directrice financière de Huawei, d’avoir violé des sanctions contre l’Iran. Elle risque une extradition vers les États-Unis.

Techno

Facebook s’apprête à bousculer le secteur de la cryptomonnaie

LONDRES — Facebook doit révéler mardi les détails d’un projet qui devrait signer l’entrée du géant américain dans l’univers des cryptomonnaies. Un événement susceptible de révolutionner l’écosystème actuel des devises virtuelles.

Q  Que sait-on déjà?

R  Cela fait plusieurs mois que l’intérêt de Facebook concernant les cryptomonnaies est connu et plusieurs informations ont déjà fait l’objet de fuites dans la presse, même si aucune n’a encore été confirmée officiellement.

La BBC a révélé il y a trois semaines que le réseau social envisageait le lancement de sa monnaie virtuelle au premier trimestre 2020, d’abord dans une douzaine de pays.

Adossée à un panier de monnaies, cette cryptomonnaie qui pourrait s’appeler «Libra» serait susceptible de transiter à partir d’applications détenues par Facebook, notamment Messenger et Whatsapp, qui regroupent plus de deux milliards d’utilisateurs.

Plusieurs entreprises comme Visa, Mastercard, PayPal et Uber ont déjà rejoint le consortium créé par Facebook, selon le Wall Street Journal. D’après le quotidien Les Échos, l’opérateur télécoms Illiad, maison mère de Free, fait également partie des premiers investisseurs.

Des partenaires dont la présence ne manque pas d’étonner Cathy Mulligan, chercheuse spécialisée dans les devises virtuelles, alors que «tout le monde a toujours considéré les cryptomonnaies comme des concurrents majeurs pour Visa ou Mastercard».

S’exprimant à l’occasion d’un panel de discussion organisé à Genève, en Suisse, par l’ONU, Mme Mulligan s’est ainsi inquiétée d’une «monopolisation de ce qui pourrait être une cryptomonnaie mondiale».

Q  Est-ce la même chose que le bitcoin?

R  Pas vraiment. Comme la première et principale monnaie virtuelle décentralisée, la devise Facebook devrait utiliser la «blockchain» (chaîne de blocs), un registre décentralisé, public et infalsifiable, qui permet de garantir la fiabilité des échanges sans faire appel à un tiers de confiance.

En revanche, la cryptomonnaie de Facebook ne devrait pas fluctuer librement selon l’offre et la demande, comme c’est le cas du bitcoin. Ce dernier, qui ne valait rien à sa création et a dépassé les 19 500 dollars en décembre 2017, a souvent été critiqué pour sa forte volatilité, jugée comme un frein à son adoption par le grand public. En effet, selon plusieurs études, le bitcoin est plus souvent conservé à des fins de spéculation qu’utilisé comme moyen d’échange.

Facebook s’acheminerait donc vers la création d’un «stablecoin», une cryptodevise adossée à un panier de devises réelles censé en garantir le cours.

Q  Est-ce positif ou négatif pour le bitcoin?

R  Difficile à dire, au moment où le bitcoin vient de franchir lundi les 9200 dollars pour la première fois depuis mai 2018.

L’engouement autour de la monnaie virtuelle de Facebook pourrait relancer l’intérêt pour les cryptomonnaies après une période de relative accalmie, voire de défiance. Cela «banalise les cryptos», a expliqué à l’AFP Neil Wilson, analyste pour Markets.com, qui y voit un signal «clairement positif» pour le secteur.

En revanche, la puissance de frappe du géant américain, avec ses milliards d’utilisateurs, et son ambition de créer une monnaie décentralisée qui servirait véritablement de moyen d’échange, pourrait également porter un sérieux coup à l’intérêt du bitcoin et tirer les prix des autres monnaies virtuelles vers le bas.

Q  Est-ce une première?

R  Non, à la mi-février, la banque américaine JPMorgan Chase avait annoncé le lancement du JPM Coin, adossé également à un panier de devises réelles. Mais les ambitions des deux cryptomonnaies semblent différentes. Alors que le JPM Coin sera restreint à des transactions financières entre grands investisseurs, la devise virtuelle de Facebook, elle, pourrait potentiellement s’adresser à des particuliers qui ne disposent même pas de compte bancaire.

Techno

Ubisoft lance un jeu inspiré du Brexit

LOS ANGELES — Le géant français de jeux vidéo Ubisoft a dévoilé lundi un service d’abonnement ainsi qu’un jeu inspiré par l’actualité, qui se déroule dans un Londres post-Brexit menacé par la dictature et par les extrémistes.

Avec son service Uplay+, disponible à partir du 3 septembre pour 14,99 $US par mois aux États-Unis et en Europe, les gamers pourront accéder au catalogue Ubisoft depuis un PC et télécharger leurs jeux favoris, a expliqué lundi à l’AFP Brenda Panagrossi, une vice-présidente du groupe, à la veille de l’ouverture du salon annuel des jeux E3 (Electronic Entertainment Expo) à Los Angeles.

Le groupe rejoint ainsi les nombreux autres poids lourds du secteur qui se lancent dans l’abonnement, comme Microsoft.

Uplay+ doit également être disponible à partir de 2020 via la plateforme de streaming de Google, Stadia, qui permet de jouer directement en ligne depuis n’importe quel appareil connecté à Internet. Ubisoft avait participé aux tests de Stadia.

L’accès par abonnement et le streaming sont les deux grandes tendances actuelles du jeu vidéo.

«Le secteur du jeu vidéo bouge constamment et les besoins de nos joueurs évoluent», a souligné Mme Panagrossi.

«Bâtir la résistance»

Ubisoft a aussi dévoilé lundi de nouveaux titres, dont le dernier-né de la franchise Watch Dogs, dans lequel les joueurs endossent le rôle d’un héros porté sur la technologie, capable de pirater les gens et les systèmes.

Watch Dogs Legion, dont la sortie est prévue en mars 2020, se déroule dans un Londres futuriste où l’automatisation et l’intelligence artificielle détruisent l’économie et où les cryptomonnaies ont remplacé la livre sterling.

Le crime organisé et des groupes extrémistes contrôlent le gouvernement dans une ville constamment surveillée par des drones.

«Nous voulions créer un jeu qui fasse écho au monde dans lequel nous vivons [...]. Votre mission est de bâtir la résistance contre l’émergence d’un régime totalitaire», a indiqué Alexandre Parizeau, du studio Ubisoft à Toronto.

Le directeur des créations Clint Hocking a décrit l’univers de ce jeu comme étant un Royaume-Uni post-Brexit arrivé à un tournant politique, où les citoyens sont appelés à combattre l’extrémisme et «à libérer Londres et le monde de la tyrannie».

«L’histoire a déjà montré que ce qu’il se passe à Londres est une bonne indication de notre avenir», a-t-il ajouté.

Techno

Microsoft lève le voile sur sa prochaine Xbox

LOS ANGELES — Microsoft a présenté à l’occasion de la grand-messe annuelle de l’industrie des jeux vidéo à Los Angeles une esquisse de la prochaine version de sa console Xbox, que le groupe américain prévoit de lancer fin 2020.

Baptisée «Projet Scarlett», la console censée succéder à la Xbox One apportera aux créateurs de jeux «le pouvoir dont ils ont besoin pour donner vie à leurs visions créatives», a assuré le responsable de la division Xbox chez Microsoft, Phil Spencer.

Le groupe n’a pas donné de détails sur les prix de la nouvelle console lors de sa présentation dimanche, à l’ouverture du salon E3, mais a précisé vouloir la lancer à temps pour les fêtes de Noël l’an prochain. La société japonaise Sony est elle aussi en train de préparer une nouvelle version de sa célèbre console PlayStation.

«La console pour nous est vitale et centrale à notre offre», a commenté M. Spencer lors de l’événement où étaient aussi présentés 60 nouveaux jeux pour la Xbox.

Alors que nombre de poids lourds de l’industrie se lancent dans le jeu vidéo en streaming, vu comme l’avenir du secteur, Microsoft prévoit par ailleurs de donner aux joueurs utilisant Xbox One la possibilité d’accéder à leur catalogue de jeux à distance, depuis n’importe quel appareil connecté.

Avec ce nouveau service, qui sera détaillé plus tard dans l’année, «ils pourront choisir l’endroit où ils veulent jouer, ce sera à eux de décider», a souligné M. Spencer.

La bataille du cloud

Microsoft se positionne ainsi pleinement dans la bataille du cloud qui fait rage dans l’industrie des jeux vidéo.

Google a notamment pris une longueur d’avance avec sa plateforme Stadia, qui permettra à partir de novembre de jouer en streaming depuis n’importe quel appareil relié à Internet sur le modèle à succès de Netflix dans la vidéo.

«On est en train de vivre la période la plus créative et la plus stimulante de l’histoire des jeux vidéo», a estimé M. Spencer. «En moins de 20 ans, le nombre de joueurs dans le monde a triplé, à plus de deux milliards», a-t-il souligné.

Les jeux sur téléphone intelligent ont alimenté une grande part de cette croissance.

Microsoft a aussi annoncé à Los Angeles le lancement d’une version bêta de son abonnement Xbox Game Pass, un service d’abonnement mensuel pour sa console de jeu Xbox, permettant aussi aux joueurs sur PC d’accéder à un catalogue de plus de 100 jeux vidéo pour 9,99 $US par mois.

Pour 14,99 $US par mois, les joueurs pourront souscrire à l’abonnement «Ultimate» qui leur permettra d’accéder aux jeux en streaming aussi bien sur leur console que sur leur PC.

Cyberpunk 2077 

Microsoft a aussi profité de l’événement pour présenter son nouveau jeu Cyberpunk 2077 dans lequel apparaît le double de l’acteur Keanu Reeves : l’un des personnages est basé sur l’apparence, la voix et la gestuelle de l’artiste célèbre notamment pour son rôle dans Matrix. Il évolue dans un monde futuriste en proie à de nombreux troubles où les humains sont modifiés par la technologie.

«Le sentiment d’y être, de marcher dans les rues du futur, va vraiment vous couper le souffle», a promis l’acteur lors d’une apparition sur scène.

Le jeu devrait être disponible en avril 2020 sur PlaySation 4 et sur Xbox One ainsi que sur PC.

Affaires

Huawei privé des applications de Facebook

SAN FRANCISCO — Facebook a rejoint vendredi les nombreuses entreprises technologiques contraintes de couper tout ou partie de leurs liens avec le chinois Huawei devenu bête noire de Washington : les nouveaux téléphones asiatiques du géant asiatique vont être privés des applications du premier réseau social du monde.

Facebook est «en train d’examiner» les textes officiels des autorités américaines et de «prendre les mesures pour s’y conformer», a indiqué une porte-parole à l’AFP.

Pour l’heure, le groupe a suspendu la fourniture de technologies permettant à Huawei de préinstaller ces applications, a précisé le réseau social qui revendique 2,7 milliards d’utilisateurs sur l’ensemble de ses plateformes.

Les propriétaires actuels de téléphones intelligents Huawei disposant de ces applications (Facebook, WhatsApp, Instagram, Messenger) pourront continuer à les utiliser et à les mettre à jour, a précisé le groupe à l’AFP, confirmant des informations de presse.

Comme beaucoup d’applications populaires, Facebook est préinstallé sur les téléphones intelligents, ce qui suppose que le réseau social collabore technologiquement avec le groupe chinois pour rendre cela possible.

Mais l’administration américaine a interdit le partage de technologies entre groupes chinois et américains, ce qui entraîne des effets en cascade sur tout le secteur technologique.

Des conséquences qui pénalisent du même coup aussi des entreprises américaines, tant les deux économies sont interdépendantes en matière de technologies et tant Huawei est un poids lourd du secteur.

Alors que les États-Unis et la Chine sont embourbés dans une guerre commerciale à coup de droits de douane punitifs, Huawei cristallise en effet en grande partie le conflit, d’autant que les deux puissances sont en concurrence frontale dans le domaine technologique.

Washington a placé mi-mai le groupe chinois, actuellement numéro deux des téléphones intelligents et leader mondial de la 5G — Internet nouvelle génération ultrarapide — sur une liste d’entreprises soupçonnées d’espionner pour le compte de Pékin. Ce que dément fermement le groupe chinois.

Les États-Unis a peu après donné trois mois de délai à Huawei, jusqu’à mi-août, avant d’imposer les sanctions, le temps que les industriels s’adaptent.

Android et puces électroniques

Conséquence de ces sanctions, les coups durs s’enchaînent pour Huawei.

Les sanctions mettent sa survie en péril, car elles le privent de technologies et de composants dont ses appareils ont besoin, depuis le système d’exploitation Android de Google jusqu’aux indispensables puces électroniques sans lesquels ne peuvent fonctionner les cellulaires.

Les groupes américains Qualcomm et Intel notamment, qui figurent parmi les plus importants producteurs de puces électroniques, ont annoncé qu’ils ne fourniraient plus le groupe de Shenzhen (sud de la Chine), à l’issue du sursis de 90 jours accordé par la Maison-Blanche.

Google a aussi indiqué qu’il devait couper les ponts avec Huawei, le privant de fait de l’accès à son système mobile Android et à ses applications. En toute logique, si les sanctions américaines restaient en l’état, les appareils de Huawei pourraient donc perdre l’accès à la boutique en ligne d’applications de Google, le Play Store.

Sans Facebook préinstallé et sans accès au Play Store, impossible pour les propriétaires des futurs téléphones Huawei d’accéder aux applications du réseau social comme à nombre d’autres applications.

Le géant japonais de l’électronique Panasonic ou l’opérateur britannique Vodafone, entre autres, ont aussi annoncé qu’ils allaient devoir suspendre certains aspects de leur collaboration avec le groupe chinois. Pourrait s’ajouter à la liste le Britannique, ARM, qui conçoit des semi-conducteurs utilisés par l’ensemble de l’industrie des télécoms.

En plus des sanctions directes contre Huawei, les États-Unis s’attachent depuis plusieurs mois à convaincre les autres pays de cesser de faire affaire avec le groupe chinois.

En retour, Pékin hausse le ton, notamment en laissant entendre qu’il pourrait bloquer ses exportations de «terres rares», des métaux dont l’industrie américaine a besoin dans de nombreux secteurs de pointe.

La Chine a aussi indiqué jeudi qu’elle donnerait «bientôt» des détails sur sa très attendue liste noire d’entreprises étrangères «non fiables», une mesure destinée à contrer les États-Unis et qui devrait toucher les entreprises ayant déjà annoncé couper les ponts avec Huawei.