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Techno

Le Canada sur le point de taxer les géants du web

OTTAWA — Le Canada va «rapidement» mettre en place une taxe sur les géants du numérique, emboîtant le pas à la France, qui a adopté cet été une législation en ce sens source de tensions avec Washington, ont indiqué lundi deux ministres canadiens.

«Nous avons été très clairs sur le fait que nous voulions nous assurer que les géants du web paient leur juste part d’impôts dans notre pays», a affirmé à la presse le ministre des Finances Bill Morneau.

«Cela signifie que nous allons aller plus loin», a-t-il indiqué.

Le premier ministre Justin Trudeau, reconduit au pouvoir en octobre, avait promis lors de la campagne de taxer les géants du numérique à hauteur de 3 % pour les entreprises ayant au moins 40 millions de dollars canadiens de revenus et un chiffre d’affaires mondial dépassant 1 milliard de dollars.

Dès le 1er avril?

Cette taxe, qui pourrait s’appliquer dès le 1er avril prochain, début de l’exercice fiscal 2020-2021, permettrait au Canada de récolter 540 millions de dollars dès la première année et jusqu’à 730 millions de dollars en 2023-2024, selon la plateforme électorale du Parti libéral.

Le ministre du Patrimoine canadien (culture) Steven Guilbeault a déclaré qu’Ottawa essayerait de déployer cette taxe «rapidement», sans donner de calendrier.

Les deux ministres ont évoqué à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les négociations actuelles pour un système de taxation international, précisant qu’ils espéraient un consensus multilatéral sur ce dossier.

Washington avait réitéré début décembre sa volonté de négocier dans le cadre de l’OCDE et menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires allant jusqu’à 100 % sur une myriade de produits français en rétorsion à la taxe visant les mastodontes américains.

La taxe française impose les géants du numérique à hauteur de 3 % du chiffre d’affaires réalisé en France.

Cette taxe «Gafa» (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) crée une imposition sur le chiffre d’affaires des grandes entreprises et non par sur leur bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l’Irlande ou le Luxembourg.

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Débat sur la responsabilité des plateformes en ligne

WASHINGTON — Qui veut la peau du sacro-saint statut d’hébergeur des plateformes en ligne? Certains députés américains souhaitent leur imposer plus de responsabilités, mais ils se heurtent à une loi presque aussi vieille qu’Internet.

Facebook, YouTube (Google) et de nombreux réseaux et plateformes sont des hébergeurs de contenus essentiellement publiés par des tiers, utilisateurs, annonceurs...

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Google mise sur Montréal pour son nouveau service de jeux Stadia

Sébastien Puel a vu Montréal devenir un centre névralgique des jeux vidéo au cours des 17 dernières années. Selon le nouveau directeur général du premier studio de jeux de Google, il «n'y a aucune limite» à la croissance de ce secteur florissant dans la métropole québécoise.

«Tout a énormément évolué. Tout ce dont on a besoin pour créer un jeu existe à Montréal : les gens qui conçoivent les outils, les gens qui programment, les grands éditeurs et les petits créateurs, mentionne M. Puel au cours d'un récent entretien à La Presse canadienne. C'est franchement incroyable d'avoir tout au même endroit. C'est assez unique dans le monde. Et peut-être que la seule chose qui manquait était un studio first party.»

La mission du studio de Google de Montréal est de concevoir du contenu exclusif pour le nouveau service de jeu Stadia basé sur le nuage du géant technologique. Jade Raymond, une figure bien connue de l'industrie des jeux vidéo et native de Montréal, a été placée à la tête de l'entreprise.

Le studio de Montréal est en train de recruter son équipe. Au cours d'une entrevue au blogue de Google Canada, M. Puel a indiqué que l'entreprise avait reçu en seulement quelques mois «des milliers de candidatures malgré un nombre de postes limité».

M. Puel connaît de première main la réputation que s'est taillée Montréal dans le milieu des jeux vidéo sur le plan de la conception des titres à budget élevé ou «triple A», notamment la franchise «Assassin's Creed». La plupart des titres de cette populaire série ont été conçus dans le studio montréalais de la société française Ubisoft. M. Puel, lui-même, était le producteur de «Assassin's Creed II».

Les principaux acteurs comme Square-Enix, Bethesda, EA et WB Games sont tous présents à Montréal. Behaviour Interactive, créateur du jeu d'horreur de survie le plus vendu «Dead by Daylight», y a même établi son siège social.

«Il y a toujours cette idée que les jeux se font au Japon ou peut-être sur la côte ouest, mais honnêtement, quand on commence à regarder les chiffres, on se rend compte que Montréal, surtout sur le plan de la production de gros jeux triple-A, est l'endroit idéal», soutient M. Puel.

Jack Buser, directeur des jeux et du développement commercial de Google, mentionne que Montréal figure parmi les cinq premières villes mondiales au chapitre de la création des jeux vidéo avec Tokyo, Londres, San Francisco et Austin, au Texas. Selon lui, la réputation de la métropole québécoise pour attirer les meilleurs talents et réaliser des produits à succès en faisait un choix judicieux pour le premier studio de développement de Google.

«Un certain nombre de facteurs étaient en jeu là-bas, dont le moindre n'était pas le riche héritage montréalais dans la production de jeux, a-t-il souligné au cours d'une entrevue téléphonique. C'est une ville mondialement connue qui a créé certains des divertissements interactifs les plus appréciés au monde, et nous ne pouvions pas penser à un meilleur endroit pour commencer avec notre premier studio triple-A.»

M. Puel attribue en partie le succès montréalais aux universités que compte la métropole.

Les universités McGill et Concordia offrent un baccalauréat en informatique axé sur les jeux vidéo tandis que l'Université de Montréal propose un programme d'études supérieures en conception de jeux. Ubisoft et Concordia se sont récemment associés pour lancer un cours en ligne de conception de jeux.

«En 2003, quand je suis arrivé à Montréal, les études pour la conception de jeux n'existaient pas. On devait apprendre par soi-même, rappelle M. Puel. Aujourd'hui, on peut trouver certains des meilleurs cours à Montréal. Nous avons des jeunes vraiment exceptionnels ici.»

Le nouveau service de jeu Stadia a été accueilli le mois dernier par des critiques nuancées. Les moyens techniques derrière le service, qui permet aux appareils des téléphones aux téléviseurs HD de diffuser des jeux en haute qualité, ont été largement applaudis. Son contenu comprenant 22 jeux, dont tous, sauf un, sont déjà disponibles sur d'autres systèmes l'a été beaucoup moins.

«Ma conviction est que ces contraintes disparaîtront d'ici des mois, espère M. Puel. Ce n'est pas seulement un produit, c'est un service, et un service, cela progresse tout le temps.»

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S'enregistrer par reconnaissance faciale pour acheter un cellulaire

PÉKIN — À partir de dimanche, les personnes achetant un téléphone portable dans une boutique en Chine devront accepter de se faire enregistrer par reconnaissance faciale et que leurs données soient gardées comme correspondant au numéro.

Dans un pas supplémentaire pour mieux contrôler le cyberespace, le gouvernement chinois avait publié en septembre une directive destinée à «préserver les droits légitimes et les intérêts des citoyens en ligne», en renforçant l’enregistrement sous son identité réelle.

Elle prévoit notamment que les opérateurs téléphoniques doivent «utiliser l’intelligence artificielle et tous les moyens techniques possibles» pour s’assurer de l’identité réelle de gens achetant un nouveau numéro de téléphone.

Cela signifie que les acheteurs pourront être enregistrés en train de tourner la tête et de cligner des yeux, a expliqué à l’AFP un représentant de l’opérateur China Unicom.

La directive de septembre promet également de «continuer à augmenter la supervision et les inspections» afin d’assurer le respect de l’obligation d’enregistrement sous identité réelle.

Bien que cet enregistrement sous identité réelle soit déjà en vigueur depuis au moins 2013, le recours à l’intelligence artificielle et la reconnaissance faciale est nouveau dans ce domaine.

Sur le web, les utilisateurs réagissaient avec un mélange de soutien et d’inquiétude, craignant que leurs données biométriques ainsi enregistrées ne puissent ensuite être transmises à d’autres entités ou vendues.

«Du contrôle, et encore plus de contrôle», écrivait un utilisateur sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter.

Mais la reconnaissance faciale est une technologie de plus en plus utilisée en Chine, aussi bien pour la sécurité que pour des usages beaucoup plus courants, par exemple aux caisses des supermarchés.

Le pays a récemment connu ses premiers procès sur l’usage de cette technologie. Début novembre, un professeur a ainsi attaqué la direction d’une réserve d’animaux à Hangzhou, non loin de Shanghaï, qui exigeait une identification par reconnaissance faciale pour les visiteurs.

Le site Weibo a, lui aussi, l’obligation d’enregistrer l’identité réelle de ses utilisateurs depuis 2012.

Le gouvernement chinois surveille de plus en plus étroitement les réseaux sociaux pour, dit-il, «promouvoir un développement sain et ordonné d’Internet et protéger la sécurité de l’État et l’intérêt public».

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L'inventeur du World Wide Web lance une action mondiale contre les dérives d'internet

BERLIN — L'inventeur du World Wide Web Tim Berners-Lee a annoncé lundi une initiative mondiale contre les dérives d'internet soutenue par des groupes tels Microsoft, Google et des gouvernements comme la France et l'Allemagne.

Plus de 150 organisations incluant aussi Facebook ou le moteur de recherches DuckDuckGo, des milliers de personnes privées ont rejoint ce plan d'action qui vise «à stopper les abus croissants sur le net», explique la fondation du Britannique dans un communiqué diffusé à Berlin, à l'occasion d'un Forum sur la gouvernance d'internet.

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Dans le monde, la 5G connaît un démarrage très inégal

PARIS — La France a rejoint cette semaine la course de vitesse pour se connecter à la nouvelle génération de téléphonie mobile 5G. Avant elle, plusieurs pays ont déjà commencé à la déployer, avec cependant des fortunes diverses.

Les opérateurs américains ont ainsi été parmi les premiers à lancer des offres commerciales dans quelques villes du pays, avant même la sortie des premiers téléphones intelligents compatibles 5G, avec un résultat très mitigé.

Pire, le déploiement dans certains endroits a poussé les opérateurs à annoncer de la 5G quand dans les faits il ne s’agissait que d’une 4G améliorée.

«Il risque d’y avoir des retours de manivelle, les consommateurs vont bien découvrir que l’on se moque d’eux en annonçant une 5G qui en fait n’existe pas encore», craint Stéphane Téral, directeur exécutif de la recherche sur l’industrie mobile pour le cabinet IHS Markit.

«Si un opérateur lance des offres spécifiques, les autres suivent très vite, de peur de perdre des abonnés s’ils n’agissent pas», détaille Samer Mourad, analyste pour le cabinet Analysys Mason : «Il peut y avoir de la déception chez les clients, mais si tous les opérateurs lancent leur réseau 5G de même qualité et au même prix, il y a moins de risque de perdre des clients».

Une course de vitesse qui peut aussi ressembler à de la précipitation, provoquant parfois des ratés : au Royaume-Uni, lors du lancement de la 5G, les débits reçus étaient... inférieurs à ceux de la 4G.

«Nous en sommes au tout début», rappelle cependant Samer Mourad, «les opérateurs tentent de lancer rapidement de nouveaux services, mais dans la réalité, il faut du temps pour rendre cette technologie accessible à tous».

Avec un risque : donner l’impression de s’engager sur une technologie qui n’est pas encore prête, alors que l’ensemble de l’industrie travaille toujours à des normes communes pour la partie centrale, qu’on appelle le «cœur de réseau».

«Nous avons retardé les spécifications liées au cœur de réseau afin de permettre les premiers lancements», reconnaissait en octobre un membre de l’organisme international de coopération regroupant toute l’industrie afin de mettre en place les normes.

En Corée, une adoption patriotique

Les blocages peuvent être indépendants des opérateurs, comme en Suisse par exemple, qui doit être à 80 % couverte fin 2019, le déploiement butant sur les inquiétudes de la population concernant les risques sanitaires des ondes.

Conséquence : si l’opérateur Sunrise par exemple annonce officiellement 250 villes et villages couverts, il n’avait en réalité déployé que 300 antennes 5G fin octobre, là où la couverture de la Corée du Sud en a nécessité plusieurs dizaines de milliers.

Ce pays fait d’ailleurs office d’exception et d’exemple systématique pour le secteur quand il s’agit de souligner les possibilités commerciales pour les opérateurs.

Après un déploiement express qui a permis aux trois opérateurs de couvrir la quasi-totalité du pays en 5 G, les abonnés se sont précipités sur les offres mobiles, pourtant plus chères qu’en 4 G, avec plus de trois millions d’abonnements souscrits en à peine 6 mois.

«Les débits sont importants et le taux d’adoption est là, on a affaire à quelque chose de très sérieux», convient Stéphane Téral, «mais dès que l’on bouge un peu, le temps de réponse diminue immédiatement», altérant la qualité de la connexion : un problème dans un pays où l’utilisation de la vidéo et du jeu sur mobile est massive dans les déplacements du quotidien.

«La Corée est un pays très particulier, entourée de pays plus ou moins hostiles. Quand le gouvernement annonce quelque chose, tout le monde s’y met, industriels comme population. La 5G, c’est un élément de fierté nationale», souligne M. Téral, pour qui il s’agit d’un «modèle qui n’est pas reproductible».

Un autre pays pourrait cependant aller dans le même sens : la Chine, où la 5G a été lancée dans les 50 principales villes du pays et où 300 sont prévues pour 2020.

Dans le contexte de guerre économique avec les États-Unis, la course à la 5G face au rival est aussi devenue un enjeu patriotique, qui pourrait inciter la population à s’y convertir massivement.

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Donald Trump loue le «super boulot» de Tim Cook d'Apple

AUSTIN — Les deux hommes ont connu des temps plus orageux : Donald Trump a loué mercredi le «super boulot» de Tim Cook, patron d'Apple, profitant d'une visite d'usine pour faire l'éloge des produits fabriqués sur le sol américain.

«C'est quelqu'un de très spécial pour ce pays», a souligné M. Trump aux côtés du patron de la marque à la pomme.

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«Overloot» de BKOM: petite idée deviendra grande [VIDÉO]

Il y avait une fierté toute spéciale mardi dans les bureaux de BKOM. Ce n’est pas la première fois que l’entreprise lance un jeu, mais le petit nouveau, «Overloot», porte «une belle histoire» pour le studio de Lebourgneuf.

BKOM, en activité depuis 23 ans à Québec, a déjà lancé deux productions originales, Little Lords of Twilight et Tales from Candlekeep : Tomb of Annihilation. La compagnie a aussi développé de nombreux projets à l’international pour des clients comme Hasbro et Disney. 

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La Basse-Côte-Nord passe à l’Internet haute vitesse

RIMOUSKI — C’était jour de célébration, vendredi, à Pakua Shipu, sur la Basse-Côte-Nord, située à plus de 1000 km au nord-est de Québec. Pour la communauté innue et cinq municipalités de la région, le moment était historique : elles ont maintenant accès à l’Internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire. Pour souligner ce grand jour, des représentants du gouvernement du Québec et de Telus se sont joints aux citoyens et aux élus de l’endroit.

Les communautés de Brador, Middle Bay, Pakua Shipu, Saint-Augustin et Vieux-Fort ont maintenant accès à la technologie LTE évoluée pour la téléphonie mobile et peuvent naviguer sur Internet à la maison, dans leur entreprise et à l’école grâce à un service comparable à celui offert dans les centres urbains, selon les experts de Telus. Pour l’entreprise, il s’agit de l’un de ses plus complexes, mais aussi des plus importants projets d’infrastructure numérique au nord du 49e parallèle. 

Cette annonce portait sur la première étape d’un vaste chantier qui devrait être complété à la fin de 2020. Celui-ci est rendu possible grâce à une contribution financière de 23 millions $ provenant à peu près à parts égales de Québec et d’Ottawa, ainsi que d’un investissement de Telus de 1,2 million $. Le réseau desservira quelque 5000 résidents et entreprises.

«Cette route numérique, ici en Basse-Côte-Nord, va amener avec elle une nouvelle ère de communication», a soutenu le président et chef de la direction de Telus Québec, François Gratton. «C’est un pont vers l’avenir que Telus et les gouvernements sont en train de bâtir pour la communauté innue de Pakua Shipu, mais également pour l’ensemble de la Basse-Côte-Nord, s’est réjoui le chef du conseil de bande de Pakua Shipu, Denis Mestenapéo. […] La nouvelle connectivité viendra assurer la pérennité de nos traditions si importantes, tout en nous donnant accès aux précieux outils numériques pour pouvoir partager notre riche culture.»

Pour Telus, le défi était de taille. Pour procéder à l’installation de cette technologie, des pièces d’équipement ont dû être transportées par bateau et par hélicoptère. Les équipes chargées de la construction et de la mise en service des sites éloignés devaient, quant à elles, se déplacer en véhicules tout terrain. La technologie sans fil LTE évoluée telle qu’installée en Basse-Côte-Nord est alimentée par un réseau de transport haut débit composé de 200 km de fibre optique et «l’un des écosystèmes micro-ondes parmi les plus vastes et les plus évolués au monde», selon M. Gratton. À son avis, cette technologie était la plus appropriée pour desservir un territoire éloigné et sans route qui s’étend sur 400 km de littoral.

La prochaine étape sera de brancher les villages de Blanc-Sablon et de Lourdes-de-Blanc-Sablon dans les prochaines semaines et celui de Rivière-Saint-Paul au début de 2020. Le déploiement du service se poursuivra ensuite dans la même année pour les municipalités situées entre Kegaska et La Tabatière. De plus, 16 établissements publics, dont des écoles et des centres de santé, seront connectés à la fibre optique. 

«D’ici 2021, ce sont 14 communautés de la Basse-Côte-Nord qui vont être connectées à Internet haute vitesse, a fait savoir le patron de Telus. C’est un an plus tôt que l’échéancier initial.» 

Pour un meilleur service de proximité, Telus a signé une entente avec un détaillant de Sept-Îles, NNC Solutions, qui a ouvert une boutique à Blanc-Sablon, ce qui en fait l’un des points de services de l’entreprise parmi les plus éloignés du Canada.

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L'OCRCVM instaure un signalement obligatoire des incidents de cybersécurité

TORONTO — L'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) a annoncé jeudi qu'il obligeait désormais les sociétés de placement qu'il réglemente à signaler tout incident de cybersécurité dont elles sont victimes.

En vertu des nouvelles règles, les firmes devront rapporter à l'organisme de l'industrie tout incident de cybersécurité en deux phases.

La première accorde trois jours aux sociétés pour fournir une description préliminaire de l'incident et des mesures prises.

La deuxième phase prévoit une période de 30 jours pour fournir un rapport détaillé qui précise la cause et l'étendue du problème, ainsi que les mesures prises pour réduire le risque de préjudice pour les investisseurs et la société.

Selon l'OCRCVM, les signalements obligatoires permettront d'analyser l'information ainsi obtenue pour détecter toute tendance ou recueillir des renseignements, ce qui aidera à améliorer le degré de préparation du secteur en matière de cybersécurité.

L'OCRCVM est l'organisme d'autoréglementation qui surveille l'ensemble des courtiers en placement et toutes les opérations que ceux-ci effectuent sur les marchés canadiens des capitaux propres et des titres de créance.

Plus tôt cette semaine, le chef de l'exploitation de la Banque du Canada a fait valoir que les gouvernements et le secteur privé devraient développer davantage de moyens pour partager des informations sur les menaces à la cybersécurité qu'ils détectent régulièrement.

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Disney+ fait mieux que prévu avec 10 millions d’abonnés

NEW YORK — Disney a dépassé les attentes en affirmant mercredi avoir attiré 10 millions d’abonnés à sa plateforme de streaming Disney+ 24 heures après son lancement aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas.

Le groupe s’est félicité dans un communiqué d’une «demande extraordinaire des consommateurs» et a indiqué «avoir déjà atteint le chiffre remarquable de 10 millions d’inscriptions depuis le lancement».

Le cabinet MoffettNathanson, cité par plusieurs médias américains, avait prévu 8 millions d’abonnés à travers le monde à fin 2019 et 18 millions à la fin de l’année fiscale 2020.

Selon le site Apptopia, qui fournit des données sur les applications mobiles, l’application Disney+ a quant à elle déjà été téléchargée 3,2 millions de fois. L’immense majorité des téléchargements vient des États-Unis (89 %), suivis du Canada (9 %) et des Pays-Bas (2 %).

Elle figure en tête des applications gratuites les plus téléchargées aux États-Unis et au Canada sur l’App Store, le magasin en ligne d’Apple.

À son lancement en 2010, l’application du géant du streaming Netflix avait été téléchargée à 662 000 reprises au niveau mondial.

«Le streaming n’était pas ce qu’il est aujourd’hui et les mobiles n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, le taux de pénétration des appareils mobiles et les préférences des utilisateurs ayant basculé en faveur de Disney», tempère Apptopia.

Le site spécialisé estime également que les utilisateurs ont cumulé 1,3 million d’heures de visionnage des contenus Disney+ au cours de la première journée.

Selon Bob Iger, le patron de Disney, le lancement du nouveau service est «un moment historique pour notre entreprise, qui marque une nouvelle ère d’innovation et de créativité».

Selon Daniel Ives, analyste pour Wedbush Securities, le nombre d’abonnés au lancement de Disney+ «témoigne de la rapidité du succès de M. Iger et de Disney, qui dispose d’un contenu inégalé et d’un réseau de distribution massif, ce qui fait de la Maison de Mickey un rival sérieux de Netflix dès le premier jour». 

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Cybersécurité: la Banque du Canada réclame une meilleure collaboration

TORONTO — Les organismes gouvernementaux et le secteur privé ont besoin de plus de moyens pour partager des informations sur les menaces à la cybersécurité, ce qui pourrait nécessiter de nouvelles réglementations ou lois, a fait valoir mardi un responsable de la Banque du Canada.

Dans un discours livré dans le cadre d’une conférence sur la cybersécurité, le chef de l’exploitation de la banque centrale, Filipe Dinis, a observé que les cadres réglementaires conçus pour protéger les institutions et les clients pouvaient parfois nuire à la collaboration.

«Traditionnellement, la réglementation a été axée sur la protection de la vie privée et la promotion de la concurrence. Ce sont des objectifs importants, mais il faut s’intéresser davantage à la résilience du secteur financier.»

Selon M. Dinis, cela signifie qu’il faudrait envisager d’actualiser les règlements qui n’ont pas encore été revus, et réfléchir aux compromis nécessaires entre la cybersécurité, la concurrence et la vie privée, a-t-il ajouté.

Le spécialiste n’a pas recommandé de changement précis, mais a noté qu’«à tout le moins, un tel cadre ne (devrait) pas nuire à la collaboration.»

M. Dinis a notamment évoqué la mise en place de canaux sécurisés pour la transmission d’informations délicates entre entreprises, agences ou autres sources fiables, et l’imposition de tests sectoriels et intersectoriels qui obligeraient les institutions à régler les problèmes soulevés.

Selon lui, il faudrait aussi adopter des approches et un vocabulaire communs avec les normes internationales, ce qui encouragerait la collaboration transfrontalière et réduirait les possibilités, pour les entreprises, de profiter des règles moins strictes de certains territoires en matière de cybersécurité.

M. Dinis a prononcé son discours lors d’une conférence organisée à Toronto par l’Association canadienne de la technologie de l’information, environ une semaine avant la publication, par la Banque du Canada, d’un rapport semestriel sur l’état du système financier du pays.

Des rapports récents ont indiqué que les menaces à la cybersécurité étaient une préoccupation importante et M. Dinis a dit s’attendre à ce que ce soit le cas dans la prochaine mise à jour.

Il a ajouté que les protections en matière de cybersécurité de la Banque du Canada avaient été améliorées au cours des cinq dernières années. La banque centrale a notamment mis en service son Site des opérations, à Calgary, qui peut assumer les fonctions essentielles de la banque centrale en cas d’urgence.

Il ajoute cependant que la meilleure défense de l’économie globale du Canada réside dans une large collaboration et un partage d’informations, en particulier dans des secteurs critiques tels que les banques, les télécommunications, l’énergie et les transports.

«Cela se produit déjà en partie. J’aimerais en voir plus», a affirmé M. Dinis.

Il a souligné à plusieurs reprises qu’il était «très attentif» au besoin de protéger la confidentialité, mais a ajouté qu’une collaboration idéale permettrait la libre circulation d’informations sur les menaces détectées entre des partenaires de confiance.

«Idéalement, lorsque je parle de partage d’informations - en particulier au sujet de menaces - cela se produirait dans un environnement de confiance et au sein d’écosystèmes sectoriels (tels que les secteurs de la finance et des télécommunications).»

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Une carte sans combats sur «Fortnite» pour commémorer l’Armistice

OTTAWA — Les adeptes du très populaire jeu en ligne «Fortnite» ont été encouragés lundi a déposer les armes virtuelles pour commémorer l’Armistice dans une carte sans combats conçue avec les anciens combattants canadiens.

La Légion royale canadienne s’est associée à l’entreprise de marketing numérique Wunderman Thompson et au créateur de contenu Jadan Allen pour concevoir une «île du souvenir» virtuelle pour ce jeu aux quelque 250 millions d’adeptes dans le monde.

Grâce à un code permettant d’accéder à la carte créée pour l’occasion, les joueurs peuvent ainsi explorer les tranchées de la Première Guerre mondiale, les plages du Débarquement ou les rangées d’un cimetière militaire canadien, toutes recréés à partir d’images d’archives.

L’objectif était d’atteindre un public plus jeune, déconnecté de l’histoire et des sacrifices des soldats. «Nous avons essayé de recréer ce que les soldats ont vécu», déclaré à l’AFP Ari Elkouby, directeur artistique de Wunderman Thompson.

«Dans ces plateformes en ligne, la violence est constante, mais fictive», a-t-il ajouté. «Pour les soldats, à la guerre, la violence était bien réelle, ce n’était pas un jeu, et cette expérience permet de nous en rappeler. Ils se sont sacrifiés pour que nous puissions profiter de la vie et des jeux».

Des milliers de personnes se sont réunies lundi à Ottawa autour du premier ministre canadien Justin Trudeau pour une cérémonie officielle devant le monument aux morts du Canada.

«Aujourd’hui, nous remercions nos militaires, passés et présents, pour tout ce qu’ils ont fait pour assurer notre sécurité et celle des gens du monde entier», a déclaré M. Trudeau dans une déclaration à l’occasion du 101e anniversaire de l’Armistice de 1918.  

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L’équipe chinoise FPX remporte les Mondiaux de «League of Legends»

PARIS — Personne ne s’attendait à une telle claque… L’équipe chinoise FPX a écrasé les Européens de G2 (3-0) dimanche à Paris lors de la finale des Championnats du monde du jeu vidéo «League of Legends», l’un des événements les plus importants de l’année dans l’esport.

Les Chinois de FunPlus Phoenix (FPX) ont soulevé la « Summoner’s Cup », le nom du trophée remis au vainqueur, devant près de 20 000 spectateurs réunis dans la pénombre de Bercy.

Le jeu League of Legends, qui mélange des éléments de jeux de stratégie et de jeux de rôle, soulève les foules partout dans le monde, dans des salles de concert ou des stades toujours remplis à craquer, et revendique quelque 100 millions de joueurs actifs.

Son but est simple : deux équipes de cinq joueurs s’affrontent afin de détruire la base adverse, le tout en évoluant dans un univers fantastique fait de monstres, de dragons, de tourelles et de sbires. « Les personnages sont inspirants, c’est super plaisant », estime Laura, 23 ans, qui suit assidument les ligues européennes et sud-coréennes de League of Legends, parfois plusieurs heures par jour.

Après cette finale à sens unique, le titre de champion du monde reste donc en Chine, un an après le sacre de l’équipe Invictus Gaming.

«Caps» vs «Doinb»

«Je ne pensais pas que ce serait aussi sec », a reconnu auprès de l’AFP Fabien Culié, alias «Chips», qui a commenté la finale en direct pour OGaming TV. «Il y a un petit sentiment de frustration et d’inachevé, j’aurais aimé sentir une forme de suspense.»

Pour la première finale des «Worlds» organisée à Paris, la salle était pourtant largement acquise à la cause de G2, dernier représentant de l’Europe dans la compétition.

Et G2, qui espérait offrir au continent son premier titre depuis 2011, avait largement dominé la saison. L’équipe de l’Espagnol Carlos «Ocelote» Rodriguez avait notamment impressionné en éliminant en demi-finale les triples champions du monde SKT, qui comptent dans leur rang «Faker», considéré comme le plus grand joueur de tous les temps sur League of Legends.

«En général, c’est une équipe hyper plaisante à regarder. Ils ne sont pas statiques, ils sont combatifs», déclare Laura, fan de G2.

Dans les allées de Bercy, remplies de fans en cosplay, la pratique qui consiste à se déguiser en un personnage du jeu vidéo, pas évident de croiser un seul supporter de l’équipe chinoise.

Le soutien de la foule bruyante et colorée, les clappings géants, les chants et les olas, n’ont donc pas été suffisants pour Rasmus « Caps » Winther et ses coéquipiers, submergés par l’agressivité de Kim Tae-sang, aka « Doinb », et Gao « Tian » Tian-Liang, élu MVP du match.  

Tour Eiffel et Louis Vuitton

La finale des «Worlds» de League of Legends, « LoL » dans le jargon des gamers, est considérée comme le Graal des compétitions d’esport, c’est-à-dire les tournois compétitifs de jeux vidéo. Les champions du monde sont repartis avec plus de 800 000 dollars.

« Si vous venez pour l’argent et pour rien d’autre, ne venez pas ! », a toutefois lancé «Doinb» à destination des fans de jeux vidéo qui se rêveraient en gamers professionnels.

Depuis une dizaine d’années, le titre édité par le studio américain Riot Games fait figure de locomotive de l’esport, un secteur passé en quelques années d’un petit loisir de geeks à une industrie florissante. L’esport n’est plus une niche mais un phénomène « mainstream » global et LoL en est le champion.

Signe du prestige et de l’importance de l’événement, League of Legends s’était installé au premier étage de la Tour Eiffel pour sa conférence de presse de présentation. Et le trophée a été remis dans une malle de la marque de luxe Louis Vuitton, comme pour la Coupe du monde de football l’an dernier en Russie.

Pour cette finale, un écran géant avait été installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris et l’audience en ligne de la finale devrait dépasser les 100 millions de spectateurs de l’an dernier.

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Téléphonie mobile: pas de forfaits illimités chez Vidéotron

MONTRÉAL — En dépit d'une concurrence qui s'accentue continuellement dans la téléphonie mobile, Québecor n'a pas l'intention d'emboîter le pas à ses principaux rivaux en proposant à sa clientèle des forfaits de données illimitées.

Pour le président et chef de la direction de la filiale Vidéotron, Jean-François Pruneau, les modalités entourant les forfaits prévoyant des quantités illimitées de données à un prix mensuel fixe offerts notamment par Bell, Rogers et Telus ne constituent pas la meilleure option en matière d'expérience client.

Généralement, on offre un plafond mensuel avec une utilisation de données à pleine vitesse. Passé ce plafond, les données ne coûtent rien de plus, mais la vitesse est réduite.

«Lorsque vous consommez d'importantes quantités de données, une fois que l'on réduit votre vitesse, l'expérience devient si mauvaise que vous ne l'appréciez pas», a expliqué M. Pruneau, jeudi, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre de Québecor.

Vidéotron a connu un bon trimestre en accueillant 56 800 nouveaux abonnés, ce qui a surpassé la prévision de plusieurs analystes, qui tablaient sur un ajout d'environ 43 000 clients. En date du 30 septembre, l'entreprise comptait 1,28 million de clients dans le secteur de la téléphonie mobile.

Toutefois, la facture moyenne par abonnée a été de 53,28 $, en recul de 1,8 pour cent, notamment en raison de la popularité des forfaits de type «apportez vos appareils» qui sont offerts aux consommateurs.

M. Pruneau a expliqué que Vidéotron préférait opter pour des forfaits mensuels accompagnés d'une «assurance» de 100 gigaoctets pour le reste de l'année.

«Une fois que vous avez atteint votre limite avant la fin du mois, vous pouvez piger dans ce panier, a-t-il dit. C'est une façon différente d'approcher le marché, mais le service est toujours à pleine vitesse et offre toujours la meilleure expérience client.»

Au troisième trimestre, Québecor a affiché un bénéfice net de 178,5 millions $, ou 70 cents par action, en recul par rapport à 187,1 millions $, ou 80 cents par action, à la même période lors de l'exercice précédent.

L'entreprise a notamment attribué ce recul à une augmentation de sa charge d'impôt sur le bénéfice et un amortissement d'instruments financiers.

De leur côté, les revenus ont été de 1,07 milliard $, en hausse de 1,9 pour cent. Dans le secteur des télécommunications, la locomotive du conglomérat, le chiffre d'affaires a été de 876,7 millions $, en progression de 2,6 pour cent.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté lié aux activités poursuivies a été de 173,8 millions $, ou 68 cents par action, comparativement à 141,5 millions $, ou 61 cents par action, il y a un an.

Cette performance trimestrielle a surpassé les attentes des analystes, qui tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 60 cents, d'après la firme de données financières Refinitiv.

«Le nombre d'abonnés est élevé dans la téléphonie mobile alors que la société demeure concurrentielle malgré les plans de données illimitées offerts par (les autres fournisseurs)», a observé l'analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Au cours de la conférence téléphonique, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, ainsi que M. Pruneau, ont également décoché des flèches au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour le dirigeant de Vidéotron, les orientations des autorités réglementaires canadiennes «l'empêchent de dormir la nuit».

«Parce que je ne peux pas contrôler cela, a dit M. Pruneau. Évidemment, ce que nous voyons de la part des autorités réglementaires, y compris le CRTC, nous n'aimons pas cela.»

Vidéotron fait partie du groupe des entreprises de télécommunications qui se sont tournées vers les tribunaux dans l'espoir de faire invalider une décision de l'organisme réglementaire d'abaisser les prix que les plus petits fournisseurs internet doivent payer pour utiliser leurs réseaux.

À la Bourse de Toronto, l'action de catégorie B de Québecor a clôturé à 30,90 $, en hausse de 63 cents, ou 2,08 pour cent.

Techno

La vie privée des internautes, nouveau marché de l'économie numérique

LISBONNE — Le nombre croissant d’internautes soucieux de protéger leur vie privée et leurs données personnelles est devenu un marché incontournable, selon les lanceurs d’alerte, pionniers de l’économie numérique et jeunes entrepreneurs rassemblés au Web Summit.

«Indéniablement, nous assistons à un mouvement qui pousse les gens à vouloir reconquérir leur droit à la vie privée», déclare à l’AFP l’Irlandais Paddy Cosgrave, organisateur de cet important salon des startup et des nouvelles technologies qui se tient cette semaine à Lisbonne.

Et en conséquence, «l’offre de chiffrement individuel de chaque appareil, pour rendre tout message pianoté illisible par un tiers, est en expansion», cite-t-il en exemple.

«Il y a tout un nouveau secteur d’activité autour de l’identité numérique, la gestion des données et leur monétisation par chacun d’entre nous», affirme pour sa part l’Américaine Brittany Kaiser.

«Les gens se sentent vraiment inquiets», insiste l’ancienne responsable repentie de la société Cambridge Analytica qui, au printemps 2018, s’est retrouvée au coeur du scandale d’utilisation de données Facebook pour faire gagner le Brexit au Royaume-Uni et Donald Trump à la présidentielle américaine en 2016.

Elle a depuis créé la fondation «Own your data» («Possédez vos données») et ne cesse de dénoncer les abus d’un secteur qui fait des bénéfices de l’exploitation des données personnelles des internautes à leur insu.

«Sphère protectrice»

Lors d’une des conférences à laquelle elle participait, parmi la trentaine consacrée à cette thématique, le public semble sensible à ses arguments. À la question «les réseaux sociaux ont-ils détruit notre vie privée ?», trois quarts des participants ont répondu oui.

Brittany Kaiser admet toutefois qu’il sera «difficile» de faire que les produits et les services répondant à cette nouvelle inquiétude atteignent le seuil d’une «adoption de masse».

Mais «les minorités peuvent transformer les marchés», argumente Brendan Eich, chantre d’une «confidentialité par défaut».

Créateur d’un des langages de programmation les plus utilisés, il est venu à Lisbonne vanter les mérites de Brave, un navigateur internet censé permettre aux internautes de se protéger contre la collecte de leurs données personnelles et la publicité non désirée.

«La prise de conscience prend de l’ampleur et ne disparaîtra plus», affirme à l’AFP ce cofondateur de Mozilla, organisation à but non lucratif à l’origine du navigateur indépendant Firefox.

Présenté comme l’inventeur de la première monnaie virtuelle, David Chaum estime lui aussi que l’économie numérique traverse «un moment historique». Selon lui, «il est très difficile de régler tous les problèmes de confidentialité, mais il est nécessaire et suffisant de créer une sphère protectrice pour chaque personne».

Avec son projet Elixxir, il planche sur une application de messagerie mobile couplée à un système de paiement virtuel de type WeChat, plateforme phare du géant chinois Tencent, mais qui serait inaccessible aux gouvernements.

«Exigence de base»

Dans le sillage de ces pionniers déçus par l’évolution de l’économie numérique, le Britannique James Chance vient à 30 ans de quitter Google pour lancer sa startup yourself.online, qui propose aux internautes de retrouver des données personnelles restées publiques sans leur consentement.

«Le plus choquant, c’est l’échelle du problème, dit-il à l’AFP devant son petit stand au Web Summit. Nous trouvons des données personnelles pour 80 % des personnes qui nous sollicitent. Cela peut-être un numéro de téléphone, une adresse courriel ou une date de naissance.»

«Certaines entreprises recueillent les traces que nous laissons sur le web et les utilisent pour déterminer si quelqu’un peut obtenir un emploi ou un emprunt», affirme-t-il.

Vilipendé partout dans le monde pour ne pas assez sécuriser ses données, Facebook a promis récemment de chiffrer les conversations de sa plateforme de messagerie instantanée Messenger de bout en bout, comme l’est déjà son autre application WhatsApp.

La protection de la vie privée est devenue «une exigence de base des usagers», reconnaît Jay Sullivan, embauché l’été dernier par Facebook pour travailler chez Messenger en tant que directeur de la confidentialité et de l’intégrité.

L’époque où son nouveau patron Mark Zuckerberg pouvait affirmer crânement que la volonté de sauvegarder sa vie privée ne faisait plus partie de la «norme sociale» semble révolue. C’était il y a presque dix ans.

Techno

Jeux en ligne : la Chine impose le couvre-feu pour les mineurs

PÉKIN — La Chine prend des mesures radicales pour combattre la dépendance aux jeux en ligne chez les jeunes : les moins de 18 ans se voient désormais interdire de jouer après 22 heures, selon une réglementation publiée cette semaine.

Le couvre-feu sur les jeux en ligne est applicable entre 22 h et 8 h et les mineurs ne peuvent plus s’adonner à leur passion plus de 90 minutes d’affilée par jour, selon ces directives divulguées mardi par le gouvernement central.

Objectif dans un pays devenu le premier marché mondial des jeux vidéo : mettre le holà à la dépendance précoce aux jeux électroniques, accusés de causer des troubles du sommeil ou de l’attention et de favoriser la myopie chez les accros.

Pékin impose en outre une limite aux sommes d’argent que les mineurs peuvent dépenser sur des jeux en ligne: pas plus de 200 yuans (38 $) par mois pour les moins de 16 ans et pas plus de 400 yuans pour les 16-18 ans.

Les nouvelles règles supposent que tous les joueurs utilisent leur véritable identité pour s’inscrire à des jeux en ligne, en précisant leur date de naissance et leur numéro d’identité.

Le régime communiste appelle aussi les concepteurs de jeux d’ordinateur à «modifier les contenus, fonctions ou règles» susceptibles de favoriser la dépendance chez les jeunes.

Ces mesures ne passent pas inaperçues: le mot-dièse concernant la réglementation avait enregistré jeudi plus de 210 millions de vues sur le réseau social Weibo.

«Cette annonce signifie tout simplement que les adolescents n’ont plus le droit de jouer en ligne puisque la plupart d’entre eux sont à l’école ou sur le chemin de l’école entre 6 h 30 et 22 h tous les jours», dénonçait un internaute.

Un autre disait douter de l’efficacité des mesures gouvernementales, faisant valoir qu’il est facile d’obtenir sur internet de faux numéros d’identité.

Le gouvernement chinois s’attaque depuis l’an dernier à l’industrie en plein boom des jeux vidéo: Pékin a ainsi gelé pendant de longs mois les autorisations de nouveaux titres, au grand dam des entreprises du secteur.

La thématique des jeux est également dans le collimateur, la presse étatique dénonçant volontiers leurs contenus violents ou licencieux.

Le groupe chinois Tencent, numéro un mondial du jeu en ligne, a  imposé en mars «un verrou numérique» pour limiter l’usage de certains jeux vidéo par les moins de 13 ans.

Techno

Airbnb promet de vérifier ses sept millions de locations

SAN FRANCISCO — Airbnb, la plateforme de partage de logements de particuliers, a décidé de vérifier d'ici fin 2020 l'exactitude des informations concernant la totalité des 7 millions de locations proposées sur son site, après plusieurs incidents, dont une fusillade qui a fait cinq morts en Californie.

La vérification doit commencer de suite, a précisé l'un des cofondateurs de la société, Brian Chesky, dans un courriel adressé mercredi à l'ensemble du personnel. Elle devra être achevée le 15 décembre 2020.

Techno

La Californie veut forcer Facebook à la transparence

SAN FRANCISCO — Le procureur général de Californie a saisi la justice mercredi pour qu’elle oblige Facebook à fournir des documents requis dans le cadre d’une enquête sur ses pratiques en matière de respect de la vie privée, alors que l’étau se resserre sur le géant des réseaux sociaux.

«En un an et demi, nous avons émis sept requêtes pour obtenir des documents et réponses de la part de Facebook», a expliqué Xavier Becerra lors d’une conférence de presse.

Mais la réponse de l’entreprise a été «largement inappropriée», selon le procureur, qui lui reproche notamment de n’avoir «ni fourni, ni même cherché, les courriels de Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg [respectivement numéros un et deux du groupe]» liés à l’enquête.

«Il ne nous reste pas d’autre choix que de demander au tribunal de forcer Facebook à répondre de façon adéquate à nos injonctions», a indiqué M. Becerra.

«Nous avons pleinement coopéré avec l’enquête de l’État de Californie. À ce stade, nous avons fourni des milliers de pages de réponses écrites et des centaines de milliers de documents», a réagi Will Castleberry, un vice-président de Facebook.

La Californie a commencé à s’intéresser à Facebook au printemps 2018, après la révélation du scandale de Cambridge Analytica.

Cette firme britannique a récupéré les données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook pour mener des campagnes de manipulation politique, notamment aux États-Unis pendant la présidentielle de 2016.

«Lentement»

En juin 2018, la Californie avait envoyé à la plateforme une première série de requêtes, à laquelle le groupe a «lentement répondu, prenant plus d’un an» pour fournir les documents nécessaires.

En juin 2019, l’État américain a formulé une deuxième série de questions, notamment sur les réglages du réseau en termes d’accès aux données pour les applications tierces (celles qui proposent à leurs utilisateurs de se connecter via leur compte Facebook).

«Nous avons aussi demandé à connaître les communications entre les dirigeants du groupe sur la nécessité d’inspecter l’accès des développeurs à des données d’usagers [...], la relation entre les dépenses publicitaires et l’accès aux données, et la mise en place de nouvelles règles sur la vie privée», a précisé Xavier Becerra.

Le procureur veut déterminer si Facebook a enfreint la loi californienne, «notamment en trompant les utilisateurs et en déguisant ses pratiques sur la vie privée».

«Ce sont des accusations graves quand on considère toutes les informations que nous remettons à Facebook au quotidien», a-t-il ajouté, avant de rappeler que sept adultes américains sur dix utilisaient Facebook, dont les trois quarts tous les jours.

«Plus de contrôle»

Le magistrat compte sur la nouvelle loi californienne sur la vie privée pour donner plus de pouvoir aux usagers, au moins dans cet État.

Le «California Consumer Privacy Act», qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2020, exige notamment que les entreprises rendent public les types de données qu’elles collectent et permettent aux consommateurs de refuser à ce qu’elles soient utilisées à des fins commerciales.

«Les consommateurs californiens auront plus de pouvoir et de contrôle sur leurs données», a affirmé M. Becerra. «Les Européens ont une loi similaire, mais aux États-Unis, aucun autre État n’offre ce niveau de protection en matière d’utilisation d’Internet».

Facebook et d’autres géants de la tech, dont Google, sont également dans le viseur de plusieurs enquêtes menées par les États américains et certaines autorités fédérales — ministère de la Justice et FTC, l’autorité américaine de régulation des communications.

Ils s’inquiètent du pouvoir important qu’ils ont acquis dans les communications et de leur façon de gérer les données personnelles.

Facebook a ainsi été condamné fin juillet à une amende record de 5 milliards de dollars par la FTC pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

Le géant des technologies a multiplié ses efforts pour regagner la confiance des utilisateurs et des autorités.

Techno

Un vent de 227 M$ dans les voiles de Coveo

Bien malin celui qui trouverait le moyen de freiner la croissance de Coveo. Un nouvel investissement majeur de 227 millions $ vient tout juste d’ajouter du vent dans les voiles de l’entreprise spécialisée en intelligence artificielle.

«C’est significatif», a commenté Louis Têtu, chef de la direction chez Coveo. C’est le fonds privé d’origine canadienne OMERS qui a mené l’investissement, signe que le marché du capital de risque est enfin devenu plus mature au pays. «Il y a 10 ans, il fallait aller aux États-Unis pour obtenir ce genre de capital», souligne M. Têtu.

Techno

Elon Musk tweete qu'il quitte Twitter

SAN FRANCISCO — Elon Musk, le patron du constructeur automobile Tesla, a annoncé vendredi en quelques tweets laconiques qu’il quittait le réseau social Twitter, sans revenir sur les nombreux scandales qu’il y a suscités par ses messages controversés ces dernières années.

«Pas sûr que Twitter soit bien», «Reddit a l’air encore bien» et «Je me déconnecte», a tweeté le fantasque milliardaire, sans donner plus d’explication.

D’ordinaire, Elon Musk affectionne particulièrement ce moyen de communiquer directement avec le public. Il poste des messages tous les jours, plusieurs fois par jour, principalement sur son entreprise, mais aussi des plaisanteries et commentaires sur toutes sortes de sujets.

Mais le gendarme américain de la Bourse (SEC) lui reproche d’avoir multiplié des tweets dont le contenu était susceptible de tromper les investisseurs et d’influencer le cours de l’action Tesla.

Le bras de fer entre le patron et la SEC est né après un tweet du 7 août 2018 où l’entrepreneur assurait disposer des financements appropriés pour sortir Tesla de la cotation en Bourse.

Cette déclaration avait fait flamber l’action et fait perdre beaucoup d’argent à des investisseurs ayant parié sur l’effondrement du groupe.

Les deux parties avaient conclu un accord à l’amiable en octobre 2018. Quelques jours après, M. Musk avait qualifié sur Twitter la SEC de «Commission d’enrichissement des spéculateurs».

Au printemps dernier, après une nouvelle déclaration trompeuse, cette fois sur le nombre de voitures que Tesla allait produire en 2019, un nouvel accord est trouvé avec l’autorité des marchés financiers: le cofondateur de Tesla accepte de faire valider ses messages liés au constructeur de véhicules électriques avant de les publier.

Mais ses déclarations à l’emporte-pièce sur le réseau social lui ont valu une autre affaire judiciaire, en parallèle.

Il est poursuivi en diffamation par un spéléologue britannique qu’il avait qualifié de pédophile sur Twitter.

Elon Musk s’en était pris à ce scientifique après que celui-ci avait qualifié de «coup de pub» l’offre avortée du patron de Tesla d’envoyer un sous-marin miniature pour aider au sauvetage des 12 jeunes pris au piège par la montée des eaux.

Face au tollé provoqué par ses commentaires sur Twitter, le patron avait présenté ses excuses au spéléologue et effacé les messages injurieux.

Son troisième - et pour l’instant dernier - tweet, going offline («je me déconnecte»), a suscité plus de 2700 réponses en 5 heures, avec des messages allant de la tristesse («tu nous manques déjà»), à l’humour (une photo de salut militaire) et au désespoir («Dieu nous a abandonnés»).

Techno

Apple TV+, dernière née dans l'univers de la marque à la pomme

SAN FRANCISCO — Après la musique, les jeux vidéo, les paiements et les informations... il fallait bien qu’Apple lance aussi sa plateforme de séries et de films, pour créer un écosystème complet de contenus et services.

Apple TV+ a vu le jour vendredi dans une centaine de pays avec des programmes originaux à un prix cassé, le plus bas du secteur : 4,99 dollars par mois, moitié moins que Netflix, pour toute la famille.

La marque à la pomme ne peut pas rivaliser avec les catalogues des pionniers du marché (Netflix, Hulu...) ni des futurs nouveaux entrants (Disney, HBO...).

Elle fait donc valoir d’autres arguments, comme ce prix, le même que pour Apple Arcade (jeux vidéo), dérisoire pour ses clients prêts à dépenser des centaines de dollars pour un smartphone tous les deux ou trois ans.

Un abonnement d’un an sera en outre offert en prime de tout achat d’iPhone, d’iPad ou de Mac.

Apple TV+ se positionne ainsi comme un service «bonus», de la même façon que le leader du commerce en ligne, Amazon, inclut sa plateforme de streaming dans son abonnement premium (Prime) à 8,99 dollars, qui comprend différents services, dont la livraison rapide et gratuite.

«Captivant»

Pour le géant américain des technologies, il s’agit avant tout de se diversifier et de rompre sa dépendance à l’iPhone, en perte de vitesse par rapport à ses concurrents.

Avec Apple Music, Apple Arcade, Apple News+ (infos), Apple Card et Apple Pay, le groupe propose une offre combinée, qui devrait encourager ses adeptes à rester dans son univers.

Le retour sur investissement ne sera sans doute pas immédiat, mais il s’agit plus de fidéliser que de rentabiliser, selon l’expert Avi Greengart, de Techsponential.

«Beaucoup de choses dans l’écosystème d’Apple ne génèrent pas directement des bénéfices», commente-t-il. «Plus vous avez d’options dans l’univers iOS (le système d’exploitation d’Apple), plus tout le reste devient captivant».

Mais cela ne veut pas dire que la firme de Cupertino se lance en dilettante dans la bataille du streaming.

Oprah, Snoopy et Spielberg

«Apple a la possibilité de faire venir 100 millions de consommateurs sur son service de streaming dans les trois à quatre prochaines années», estime l’analyste Dan Ives, dans une note aux investisseurs.

Son cabinet, Wedbush, considère que la marque dispose d’une base de 1,4 milliard d’utilisateurs actifs d’appareils équipés d’iOS.

En plus du prix réduit, la nouvelle plateforme compte sur ses programmes originaux et une brochette de stars.

Reese Witherspoon et Jennifer Aniston se donnent la réplique dans The Morning Show, Oprah Winfrey anime une nouvelle émission, et Jason Momoa (Aquaman, Game of Thrones) joue dans See, une série sur l’histoire d’une tribu dont les enfants disposent du don de la vue quand tout le reste de l’humanité est devenu aveugle.

Pour les enfants, Apple a notamment prévu Helpsters, une série conçue par les créateurs de Sesame Street, ainsi que des nouveaux épisodes de Snoopy.

Lors de la présentation du nouveau service, Tim Cook, le patron du groupe, a promis d’ajouter de nouvelles productions originales tous les mois. Il est notamment question de deux séries originales par Steven Spielberg, une série produite par le basketteur de la NBA Kevin Durant, et des films d’auteur.

La concurrence

La plateforme possède «une liste convaincante de nouveaux programmes. Nous estimons que l’entreprise va dédier six milliards de dollars par an pour des séries et des films originaux», précise Dan Ives. Chez Netflix, c’est 15 milliards de dollars.

Apple ouvre le bal de la deuxième saison de la guerre du streaming. Jusqu’à présent, Netflix, Hulu et Amazon Prime Video pouvaient se concentrer tranquillement sur leur stratégie pour séduire les clients des télévisions payantes.

Mais quatre concurrents de taille vont entrer dans l’arène dans les mois à venir : Disney+ le 12 novembre (en Amérique du Nord, pour commencer), et au printemps 2020, Peacock (NBCUniversal) et HBO Max (WarnerMedia).

«Au bout d’un moment, les plateformes vont devoir augmenter leurs prix ou réduire leurs dépenses dans les contenus, à moins d’avoir d’autres activités, comme Amazon ou Apple», remarque Brahm Eiley, président du Convergence Research Group.

Le créateur de l’iPhone s’est constitué un trésor de guerre de 200 milliards de dollars dans lequel il peut puiser si besoin.

«Vous avez la télévision traditionnelle, qui est encore massive, ainsi que 50 services de streaming, rien qu’aux USA», ajoute Brahm Eiley. «Donc tout le monde ne va pas réussir. Des rapprochements, et des échecs, sont inévitables».

Techno

Google annonce le rachat de Fitbit pour 2,1 mds USD

NEW YORK — Google a annoncé vendredi le rachat de Fitbit, un des leaders mondiaux des objets connectés spécialisés dans la fitness, pour quelque 2,1 milliards de dollars, selon un communiqué de Google.

La transaction devrait être conclue en 2020, explique Google, qui insiste particulièrement sur l’excellente réputation de Fitbit, notamment en matière de protection des données.

À Wall Street, le titre de Fitbit décollait de 17 % dans les échanges électroniques, quelques minutes avant l’ouverture de la Bourse new-yorkaise. Le cours de l’action à 7,23 dollars restait toutefois inférieur à celui investi par Google, qui a déboursé 7,35 dollars par action pour cette acquisition.

«Google est le partenaire idéal pour mener à bien notre mission. Grâce aux ressources de Google et à sa plateforme montiale, Fitbit va pouvoir accélérer l’innovation dans le domaine des objets connectés, faire de plus grandes économies d’échelle  et rendre les outils de santé encore plus accessibles à tous», a réagi le cofondateur et directeur général de Fitbit James Park dans un communiqué.

Les bracelets Fitbit sont omniprésents aux États-Unis, où des millions de gens s’y réfèrent continuellement pour mesurer le nombre de pas faits tous les jours.

En rachetant la marque, Google espère concurrencer Apple, leader sur le marché mondial des montres connectées.

Techno

Google: Toronto poursuit son projet de quartier futuriste

TORONTO — Feux tricolores s’adaptant en temps réel à la circulation, pistes cyclables chauffées en hiver, robots assurant la gestion des déchets : les autorités canadiennes ont donné leur accord de principe jeudi à la poursuite d’un projet controversé de quartier futuriste à Toronto par une filiale de la maison mère de Google. La filiale d’Alphabet, Sidewalk Labs avait été contractée en 2017 par Waterfront Toronto — une entité publique qui réunit la municipalité de Toronto et les gouvernements de l’Ontario et du Canada — pour mener à bien le projet.

Ce dernier prévoit le réaménagement de «Quayside», une friche industrielle de cinq hectares le long du lac Ontario, en un quartier ultramoderne et durable, articulé autour des technologies et des données numériques.

Le conseil d’administration de Waterfront Toronto a voté jeudi pour la poursuite du projet après que la Sidewalk Labs a accepté de revoir son plan directeur, qui avait suscité de nombreuses critiques.

Le vote ouvre la voie à une évaluation formelle du projet par les autorités canadiennes ainsi qu’à de nouvelles consultations publiques. Une décision finale doit avoir lieu le 31 mars 2020.

«Que les choses soient claires : ce n’est pas un accord final», a déclaré le président du conseil d’administration de Waterfront Toronto Stephen Diamond dans un communiqué.

«Il reste beaucoup de travail avant une décision finale», a-t-il ajouté, saluant un projet «qui a le potentiel de créer de nouveaux emplois et des possibilités de développement économique, un environnement carboneutre et des logements plus abordables».

Sidewalk Labs a dû faire un certain nombre de concessions, notamment sur l’étendue du projet ou la gestion des données qui seront collectées. Elle s’est aussi engagée à davantage partager, avec les entreprises canadiennes et Waterfront Toronto, les fruits des innovations et des propriétés intellectuelles qui seront générées grâce au projet.

«Pas la bienvenue»

Selon les plans proposés par Sidewalk Labs, le futur quartier sera construit en bois, mêlera commerces, bureaux et habitations (dont au moins 20 % de logements sociaux) et se veut durable.

Le quartier sera doté de capteurs pour collecter différents types de données sur les comportements des résidents, comme les flux de cyclistes et de piétons, la consommation en eau ou le remplissage des poubelles.

Sidewalk Labs assure que son objectif est d’aider à mieux comprendre les dynamiques de la vie urbaine et stimuler l’innovation, mais l’idée avait soulevé des inquiétudes quant à la protection de la vie privée des habitants et l’utilisation des données collectées.

Face à la levée de boucliers, Sidewalk Labs a finalement accepté de retoquer son plan directeur.

La taille du projet a été ramenée de 77 à 5 hectares, comme c’était initialement prévu. Et toute extension au-delà de «Quayside» sera, si le projet est concluant, soumise à un appel d’offres compétitif, selon Waterfront Toronto.

L’autre point principal des discussions concernait la gestion future des données. Depuis le début, le public s’était dit inquiet à l’idée qu’une société affiliée au géant américain Google puisse collecter des données des résidents, y voyant des risques d’atteinte à la vie privée.

Waterfront Toronto sera finalement responsable de la gouvernance numérique du projet et de toutes les questions liées au respect de la vie privée des résidents. Sidewalk Labs s’est aussi engagée à se conformer aux lois canadiennes en protégeant la vie privée.

La filiale a aussi fait marche arrière sur son ambition d’être le promoteur principal du quartier et devra travailler en partenariat avec d’autres groupes immobiliers qui seront sélectionnés à travers un appel d’offres compétitif.

Techno

Twitter bannit les publicités politiques, Facebook persiste et signe

SAN FRANCISCO — Twitter a lancé un énorme pavé dans la mare mercredi en annonçant que le réseau social n’acceptera plus aucune publicité à caractère politique où que ce soit dans le monde.

«Nous pensons que la portée d’un message politique doit se mériter, pas s’acheter», a tweeté Jack Dorsey, le co-fondateur et pdg du réseau, avant une longue série de micro-messages détaillant sa décision.

Il explique notamment qu’un message politique gagne en audience grâce à des abonnements à un compte ou des retweets. «Payer pour avoir de l’audience supprime ce choix et impose aux gens des messages politiques parfaitement optimisés et ciblés», estime M. Dorsey, ajoutant : «Nous estimons que cette décision ne doit pas être polluée par l’argent».

Ce choix contraste fortement avec celui de Facebook, le premier réseau social du monde. Mark Zuckerberg a récemment défendu les messages politiques sur son réseau, y compris s’ils comportaient des mensonges ou des contre-vérités, au nom de la liberté d’expression.

Jack Dorsey répond d’ailleurs directement à son alter-ego.

«Pour nous, ce n’est pas crédible de dire : “nous travaillons dur pour empêcher les gens de contourner les règles de nos systèmes pour diffuser des informations fausses mais si quelqu’un nous paye pour viser et forcer les gens à voir leur publicité politique... alors ils peuvent dire ce qu’ils veulent!”» a-t-il lancé.

Techno

Amazon Business lancé au Canada

Amazon poursuit sur sa lancée au Canada. Alors qu’il multiplie les infrastructures pour desservir les clients canadiens, le géant du commerce en ligne déploie maintenant ses services Amazon Business et Business Prime au pays.

«C’est une nouvelle expérience d’achat, dans le même esprit que celle qu’on connaît bien», a expliqué Alexandre Gagnon, vice-­président d’Amazon Business. «Cette fois, elle est personnalisée pour les entreprises, que ce soit des petites entreprises individuelles ou des grandes sociétés et des multinationales. C’est une expérience conçue pour faciliter les achats d’approvisionnement pour les entreprises.»

Il s’agit donc d’une plateforme très semblable à celle d’Amazon, mais réservée au commerce entre entreprises. Rabais d’échelle, comptes à plusieurs utilisateurs, suivi mensuel des dépenses, préautorisation d’achats : les particularités sont arrimées aux besoins des jeunes pousses comme des grandes organisations. Aux États-Unis, où le service existe depuis 2015, on trouve notamment des hôpitaux, des services éducatifs et de gouvernements locaux parmi les utilisateurs.

«En 2018, Amazon Business avait un chiffre d’affaires mondial de plus de 10 milliards $ annualisés, ajoute M. Gagnon. À travers le monde, environ 50 % des ventes sur Amazon Business se font à travers des petites et moyennes entreprises. Ça peut donner accès à des géants comme 3M, des grandes multinationales, mais aussi à des petites entreprises.»

Le service Amazon Business sera lancé au Canada de pair avec l’abonnement Business Prime qui, dans la même logique que l’abonnement Prime pour les particuliers, offrira plus d’avantages aux entreprises, notamment sur le plan de la livraison. 

«Amazon investit énormément au Canada, c’est un pays où la réponse des consommateurs est très favorable. On a fait beaucoup d’investissements notamment au niveau du service de livraison. [...] Amazon Business était le prochain service que nous voulions lancer, ça fait un an qu’on y travaille», a raconté M. Gagnon, un haut placé chez Amazon à Seattle, mais originaire de la ville de Québec.   

Ventes supplémentaires

Selon lui, le service profitera aux PME. «Il y a plus de 30 000 petites et moyennes entreprises qui vendent sur Amazon.ca. L’an dernier, elles ont fait plus de 900 millions $ de chiffres d’affaires sur Amazon.ca. Et ce qui est encore plus intéressant, c’est qu’en vendant sur les autres boutiques Amazon à travers le monde, elles ont eu un chiffre d’affaires supplémentaire de 2 milliards $. Avec Amazon Business, on va leur donner la possibilité de faire des ventes supplémentaires à de larges entreprises qui vont utiliser le service pour leurs besoins en approvisionnement», détaille celui qui est aussi responsable d’Amazon au Canada et au Mexique.

La création d’un compte Amazon Business est gratuite. Le service est déjà offert dans d’autres pays, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, au Japon et en Inde.   

Techno

Princesses des studios et géants de la tech : la guerre du streaming aura bien lieu

SAN FRANCISCO — Cette fois, c’est la guerre. L’empire Netflix a longtemps régné sur un univers qu’il a en bonne partie créé, mais l’arrivée de concurrents de taille va forcer toutes les plateformes de vidéo à la demande à aiguiser leurs armes de séduction, au profit — ou aux dépens — de leurs clients.

«Jusqu’à présent, Netflix a vécu un conte à la Cendrillon, mais la suite de l’aventure va être plus périlleuse», estime l’analyste Daniel Ives de Wedbush Securities. «Pendant les 6 prochains mois, nous allons assister à une bataille sans merci pour l’attention des consommateurs».

Avec pas loin de 160 millions d’abonnés payants dans le monde, 15 milliards $ consacrés aux contenus, et une technologie de recommandation rodée depuis une dizaine d’années, Netflix capture déjà une immense part de cette attention.

Ses concurrents actuels, Amazon Prime Video et Hulu, ont trouvé leur public, sans pour autant représenter de réelles menaces.

Netflix a d’ailleurs toujours considéré que la compétition venait surtout des chaînes de télévision ou d’autres acteurs majeurs numériques, comme Twitch (Amazon), une plateforme de diffusion de jeux vidéo en direct.

Mais le 12 novembre, son ancien allié va entrer dans l’arène avec toute la puissance de son royaume enchanté: la plateforme Disney+ proposera ses catalogues Star Wars, Pixar et Marvel, dont Netflix diffusait une partie, ainsi que des programmes de la Fox (Les Simpson) ou encore des documentaires de la chaîne National Geographic.

«Quand les gens ont commencé à abandonner les chaînes payantes, Disney a réalisé qu’il avait besoin d’un accès direct aux consommateurs», explique Gene Del Vecchio, expert en marketing de l’USC Marshall School of Business.

«Du coup Netflix s’est dit, “Si Disney diffuse ses propres contenus, j’ai intérêt à produire les miens”. Les partenaires sont devenus rivaux, et on est entré dans un monde où il faut posséder à la fois ses contenus et ses canaux de distribution», analyse-t-il.

«Méchante»

L’offensive du studio historique débute avec un abonnement à seulement 6,99 $US par mois aux États-Unis, et monte à 12,99 $US en incluant Hulu (films et séries, dont La Servante écarlate) et ESPN+ (sports).

Mais sur le front des prix, Apple a fait l’entrée la plus remarquée, avec un abonnement mensuel à 4,99 $US, moitié moins cher que celui de base de Netflix.

Sa plateforme Apple TV+ n’aura qu’une offre limitée de contenus originaux à son lancement le 1er novembre, mais elle dispose d’autres atouts : l’expérience du géant des technologies dans les services par abonnement (comme Apple Music) et une immense base de consommateurs fidèles.

À court terme, les spectateurs devraient largement profiter de la guerre du streaming, entre offres à prix cassés et séries vedettes mises à disposition d’un seul coup pour les appâter.

Mais cela risque de ne pas durer. Selon Gene Del Vecchio, les plateformes vont devoir repenser leurs tactiques pour assurer leur avenir — «en pistant les spectateurs qui partagent leur compte, par exemple».

Elle pourraient aussi proposer des abonnements annuels et échelonner la diffusion des épisodes sur plusieurs semaines, pour éviter que les utilisateurs ne changent de fournisseur tous les mois.

En parallèle, «la bataille pour les contenus va devenir de plus en plus méchante», assure-t-il, citant l’exemple de Netflix qui signe des contrats d’exclusivité avec des producteurs américains renommés comme Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) ou Ryan Murphy (Glee).

«On peut imaginer qu’Apple décide d’acquérir un studio l’année prochaine. Pour moi, Sony pictures est mûr pour un rachat», renchérit Daniel Ives.

«Game of Thrones»

Apple et Disney auront quelques mois pour s’imposer parmi les leaders, avant que le champ de bataille ne s’élargisse encore avec deux poids lourds des médias.

En avril, NBCUniversal, filiale du câblo-opérateur Comcast, mettra en service sa plateforme Peacock, avec 15 000 heures de programmes, dont The Office, raflé à Netflix.

WarnerMedia (filiale d’ATT) a de son côté repris les dix saisons de Friends à Netflix pour HBO Max, prévue pour le printemps.

Les experts s’attendent à un prix de 15 $US par mois minimum pour cette dernière. HBO a toujours privilégié la qualité à la quantité, un choix qui a été payant ces 20 dernières années (Game of Thrones, Sopranos, Westworld...).

Mais les téléspectateurs américains déboursent (ou déboursaient) environ 150 $US par mois pour l’accès à internet et un bouquet de chaînes dont ils ne regardaient qu’une fraction. Ils n’ont aucun intérêt à payer aussi cher quand ils basculent vers les plateformes numériques.

«Le point de saturation se situe à 60-70 $US par mois», évalue Daniel Ives.

Netflix, de son côté, assure ne pas se sentir menacé par cette invasion, et continue de lorgner du côté du câble.

«La télévision traditionnelle américaine représente un marché annuel de presque 250 milliards $US, contre environ 22 milliards pour le streaming», note Brahm Eiley, président du Convergence Research Group. «Elle ne va pas disparaître demain».

Techno

Studio Beenox: la nouvelle vie de Modern Warfare [VIDÉO]

Depuis qu’il a embarqué dans le train de la franchise Call of Duty en collaborant à Black Ops 3, sorti en 2015, Beenox n’a pas chômé. Le studio de Québec a dévoilé vendredi le fruit de sa participation au tout nouveau Call of Duty : Modern Warfare, une quatrième collaboration à la populaire série de jeux de tir à la première personne.

Il y a deux ans, l’entreprise avait contribué à remastériser Call of Duty 4 : Modern Warfare, un jeu qui avait marqué les esprits il y a plus de 10 ans. Cette fois, il ne s’agit ni d’une suite aux trois premiers titres de la série Modern Warfare, mais bien d’une «réimagination» de l’univers du premier jeu, où les adeptes retrouveront des visages familiers, comme le capitaine John Price. «On traite d’un conflit géopolitique moderne qui va impliquer les États-Unis, la Russie et des pays du Moyen-Orient. Ce qui est important de comprendre, c’est que l’histoire ne tente pas de dresser un portrait noir ou blanc d’une réalité. Dans la guerre, tout est en tons de gris, on veut créer une histoire moralement complexe», a décrit Thomas Wilson, directeur créatif et codirecteur du studio. 

C’est un autre studio californien d’Activision, Infinity Ward, créateur original de la série Call of Duty, qui a agi comme développeur principal. Beenox est venu en appui pour réaliser la version PC, destinée aux ordinateurs. Le studio a aussi eu comme mandat de rendre possible le support du clavier et de la souris sur console, pour ceux qui préfèrent cette méthode de jeu à l’utilisation d’une manette. 

Ces développements sont d’ailleurs en lien avec une nouveauté importante, celle du jeu interplateformes. Pour une première fois, le mode multijoueurs de Call of Duty permettra à des joueurs de différentes plateformes, ordinateurs et consoles, de jouer dans une même équipe. 

«C’est un bon défi, faire en sorte que tous ces appareils se parlent, explique Thomas Wilson. Il faut s’assurer que l’expérience soit agréable pour tout le monde. Il peut y avoir la perception que quelqu’un qui a un clavier et une souris a plus de chance de réussir que quelqu’un qui a une manette, mais en fait c’est faux. Tout ce qui compte, c’est l’habileté du joueur.»

L’esthétique de Call of Duty : Modern Warfare repousse encore un peu plus les limites du réalisme dans les jeux vidéos. Marc-Alexandre Milot, directeur de jeu, a présenté quelques caractéristiques du nouveau produit aux médias. Au rayon des principales améliorations : la vision de nuit, qui a été repensée pour imiter au plus près possible le fonctionnement de vraies lunettes de vision nocturne. L’utilisation de la photogrammétrie, une technique qui permet de photographier un objet sous tous ses angles pour l’intégrer dans l’environnement du jeu, a grandement amélioré le réalisme. «Ça permet en peu de temps d’avoir des textures vraiment authentiques, qui auraient pris un temps fou à créer par nos artistes», a expliqué le directeur de jeu. 

Utilisation de drones, capture de mouvements sur des acteurs en chair et en os, «rien n’est laissé au hasard» dans ce genre de mégaproduction, a relaté Marc-Alexandre Milot. «On veut vraiment que les joueurs ressentent beaucoup d’émotions dans les visages des personnages, comme dans un film d’action», a-t-il ajouté. 

Ce genre de jeu hyperréaliste contraste avec le dernier né de Beenox, Crash Team Racing Nitro-Fueled, un jeu de course avec une esthétique de dessin animé. «Je dis souvent à la blague que Beenox est un studio Mini-Wheats, avec un côté nutritif et bon goût et un petit côté givré et sucré», lance Thomas Wilson en riant. 

Techno

Facebook News pour endiguer les fake news

NEW YORK — Accusé de propager la désinformation, Facebook a annoncé vendredi le lancement d’un fil d’actualités dédié au journalisme «de qualité», un projet limité aux États-Unis pour l’instant, mais salué par plusieurs experts comme un pas important pour soutenir la presse et endiguer les fake news.

«Il est clair que le travail que vous faites tous, dans la presse et le journalisme, est essentiel pour la démocratie», a assuré Mark Zuckerberg, pdg du premier réseau social mondial, en présentant à New York ce fil «Facebook News», actuellement en test auprès d’un sous-groupe d’utilisateurs américains.

«Les grands services Internet ont la responsabilité de s’associer aux organes de presse pour instaurer des modèles viables à long terme pour financer ce travail important», a-t-il ajouté.

Facebook News sera le fruit d’une sélection alimentée par une équipe de journalistes professionnels «indépendants», suivant des principes visibles par tous, combinée à des algorithmes de «personnalisation».

Il sera distinct du flux d’informations que reçoivent les utilisateurs de Facebook via leur news feed — sur lequel on trouve nombre d’informations non issues de médias professionnels -- et inclura des articles d’organisations de presse partenaires.

Plus de 200 partenaires 

Parmi ces partenaires, plus de 200 médias, dont le Wall Street Journal, le Washington Post, le New York Times, People, les chaînes ABC, CBS News ou Fox News, mais aussi le site Breitbart, proche de l’extrême droite américaine.

Facebook News vise à donner aux gens «davantage de contrôle sur les articles qu’ils voient et la possibilité d’explorer un éventail plus large de centres d’intérêts, directement via l’application Facebook», a affirmé le groupe californien.

Il «mettra en évidence les principales informations nationales de la journée», tout en mettant l’accent sur «le divertissement, la santé, l’économie, le sport», quatre thèmes dont les utilisateurs de Facebook se sont dits particulièrement friands.

Certains partenaires, dont Breitbart, ne seront pas payés pour leur contenu, selon Mark Zuckerberg. Il n’a pas expliqué clairement comment les revenus de ceux qui seront rémunérés seraient calculés, soulignant simplement qu’il n’y avait pas de «formule unique».

Il n’a pas chiffré le coût global du projet, évoquant «des engagements financiers sur plusieurs années, qui nous l’espérons créeront un modèle économique viable sur le long terme».

Il a aussi souligné que Facebook ne s’attendait pas à voir une proportion importante de ses quelque 200 millions d’utilisateurs actifs aux États-Unis aller sur Facebook News dans l’immédiat.

«On va commencer petit, ça va prendre du temps», a-t-il déclaré. «Je pense qu’on peut probablement arriver à 20-30 millions d’utilisateurs en quelques années [...] Ce serait déjà significatif», a-t-il poursuivi, en indiquant que l’idée était d’étendre progressivement le fil à des médias locaux et non américains.

«Un pas important»

Ce lancement illustre la volonté de Mark Zuckerberg, cible de plusieurs enquêtes et critiqué de toutes parts, de redorer son blason auprès des médias traditionnels.

Malgré quelques projets ponctuels pour soutenir le fact-checking ou la presse locale américaine, la plateforme est accusée d’être un vecteur majeur de propagation de fausses informations et de siphonner une partie des recettes publicitaires des entreprises de presse.

Le projet constitue «un précédent fort, qui va résonner dans toutes les salles de rédaction», a assuré Robert Thomson, directeur général de News Corp., qui détient le Wall Street Journal et Fox News et présentait le projet avec Mark Zuckerberg à New York.

Même si le chemin sera «long» avant de sortir les médias de leurs difficultés financières, «c’est un pas important», a-t-il ajouté.

D’autres experts des médias ont exprimé l’espoir que Facebook News contribue à endiguer les fausses informations sur les réseaux sociaux.

«Les consommateurs qui ne sont pas de fins connaisseurs de l’information peuvent ne pas voir la différence entre des informations exagérées ou fausses et virales, et du vrai journalisme émanant de médias respectés», a estimé Dan Kennedy, professeur à l’université Northeastern. Ce projet «devrait donc beaucoup aider».

«J’ai bon espoir pour cette initiative de Facebook, car elle signale à un public habitué au scepticisme face à l’information que “ça, c’est bien, cela a été filtré et publié par des professionnels”», a aussi déclaré Ken Paulson, directeur du Centre pour la liberté d’expression à l’université Middle Tennessee State.

D’autres, comme l’organisation de surveillance des médias «Media Matters», ont néanmoins critiqué l’inclusion du site Breitbart parmi les médias partenaires, y voyant «un nouvel exemple que Mark Zuckerberg sert les suprémacistes blancs et l’extrême droite».

«Une diversité de vues est nécessaire pour que [Facebook News] soit une source d’informations digne de confiance», a répliqué le patron de Facebook.

Techno

Des sénateurs américains veulent enquêter sur les risques de sécurité de l'application TikTok

WASHINGTON — Des sénateurs ont appelé jeudi l’administration américaine à étudier les menaces que pourrait poser l’application chinoise de partage de vidéos TikTok, plébiscitée par les adolescents américains, craignant qu’elle ne soit utilisée par Pékin pour les espionner.

«Avec plus de 110 millions de téléchargements rien qu’aux États-Unis, TikTok pose un risque de contre-espionnage que nous ne pouvons pas ignorer», ont affirmé dans une lettre deux ténors du Sénat américain, réclamant à la direction du renseignement national de «conduire une évaluation sur les risques pour la sécurité nationale» que pose l’application.

Le leader des démocrates au Sénat Chuck Schumer et le républicain Tom Cotton estiment que le propriétaire chinois de TikTok, ByteDance, «qui est obligé de respecter les lois chinoises» pourrait être obligé «de coopérer avec les services de renseignement du Parti communiste chinois», même si les données des utilisateurs sont stockées aux États-Unis.

Ils craignent également que l’application n’offre aux renseignements chinois un accès secret aux cellulaires et ordinateurs des utilisateurs. Les États-Unis accusent déjà le géant chinois des télécoms Huawei de ce même procédé.

«Il semblerait que TikTok censure des contenus jugés trop politiquement sensibles à l’encontre du Parti communiste chinois, y compris en référence aux manifestations de Hong Kong, aux événements de la place Tiananmen, l’indépendance taïwanaise et tibétaine, et le traitement des Ouïghours», ont ajouté les sénateurs, estimant que la plateforme pouvait être une «cible potentielle» d’attaques durant la campagne électorale présidentielle de 2020.

Dans un communiqué publié sur son site internet, TikTok a fermement démenti ces accusations: «Nous ne sommes sous l’influence d’aucun gouvernement étranger, y compris du gouvernement chinois», a martelé l’entreprise.

Les centres de données de TikTok sont situés hors de Chine et «aucune de nos données ne sont soumises à la loi chinoise», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le réseau social a également démenti supprimer des contenus «sur la base de leur sensibilité par rapport à la Chine».

«Le gouvernement chinois ne nous a jamais demandé de supprimer un contenu et nous ne le ferions pas si on nous le demandait. Point final», a souligné TikTok.

Avec 500 millions d’utilisateurs dans le monde, la popularité de l’application de partage de courtes vidéos a explosé ces deux dernières années, notamment auprès des adolescents.