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L’une des boutiques phares du centre-ville de Granby, Strauss, fermera ses portes le 31 août. L’heure de la retraite a sonné pour les propriétaires, Jocelyn Chagnon et Luce Michon.
L’une des boutiques phares du centre-ville de Granby, Strauss, fermera ses portes le 31 août. L’heure de la retraite a sonné pour les propriétaires, Jocelyn Chagnon et Luce Michon.

Strauss fermera ses portes en août

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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L’une des boutiques prisées du centre-ville de Granby, Strauss, fermera ses portes le 31 août. L’heure de la retraite a sonné pour les propriétaires, Jocelyn Chagnon et Luce Michon.

«On a une belle clientèle et le magasin va bien. Mais quand on avance en âge, on a envie de profiter de la vie. Et, à l’aube de la soixantaine, c’est là qu’ils [les propriétaires] sont rendus. C’est amplement mérité», a fait valoir la gérante de la boutique, Nathalie Demers.

Strauss s’est d’abord installé aux Galeries de Granby il y a 33 ans, mais la boutique loge depuis près d’un quart de siècle dans l’un des plus vieux — sinon le plus vieil — édifices de la rue Principale à Granby, soit l’ancien presbytère de la paroisse anglicane Saint-Georges. Celui-ci a été construit en 1854.

Des travaux d’agrandissement ont été réalisés en 2002 à l’arrière de l’immeuble, également la propriété de Jocelyn Chagnon et Luce Michon, afin de permettre l’aménagement de bureaux de professionnels.

Strauss compte également une boutique à Saint-Hyacinthe. Celle-ci demeurera toutefois ouverte. «Les deux boutiques ont des propriétaires différents. Mais ce sont les mêmes produits, les mêmes collections, qui sont offerts», souligne Mme Demers.

Strauss a réussi à faire sa niche avec le service personnalisé offert par ses stylistes. Avec la fermeture annoncée de la boutique de Granby, les trois employés devront se trouver un nouvel emploi. Mais jouissant d’une belle réputation dans le milieu de la mode, cela ne devrait pas être trop difficile, laisse entendre Mme Demers.

Pour l’heure, aucun projet n’est par ailleurs dans l’air pour combler l’espace qui sera laissé vacant par la fermeture du commerce, dit la gérante.

Exemple à suivre

La conseillère en développement commercial chez Commerce Tourisme Granby région (CTGR), Ysabelle Duchesne, affirme que c’est avec «un pincement au coeur» qu’elle a appris la fermeture de la boutique. «C’est une adresse de qualité et, clairement, une valeur ajoutée à l’offre commerciale du centre-ville. Ce n’est pas sans tristesse qu’on les voit fermer boutique», fait-elle valoir.

Cela dit, Mme Duchesne dit comprendre que les propriétaires soient rendus à une autre étape de leur vie professionnelle. «J’ose croire qu’en 33 ans, ils auront directement ou indirectement donné de belles leçons de services à la clientèle hors pair. La relève pourra prendre exemple sur eux», dit-elle.

«C’est une adresse de qualité et, clairement, une valeur ajoutée à l’offre commerciale du centre-ville. Ce n’est pas sans tristesse qu’on les voit fermer boutique», fait-elle dit la conseillère en développement commercial chez CTGR, Ysabelle Duchesneau (à gauche), photographiée avec la codirectrice générale de CTGR, Fanny-Ysa Breton.

Cette relève est d’ailleurs au rendez-vous, assure-t-elle.

Vent de changement

Selon la conseillère en développement commercial, un «changement de garde», ou un «passage générationnel», s’observe au centre-ville. Certains commerçants établis de longue date songent ou optent pour la retraite, tel que l’ont aussi fait récemment les propriétaires du fleuriste Pat et tralala, tandis qu’une relève se met en place. «La rue Principale vit ça présentement», dit Ysabelle Duchesne.

Même si certains grands locaux sont vacants depuis longtemps, la pandémie n’a pas freiné l’ouverture d’une flopée de petites boutiques au cours des derniers mois. À preuve, le taux de vacances des locaux de la zone commerciale du centre-ville (qui englobe grosso modo la zone comprise entre les rues Drummond, Cowie, Boivin et Saint-Charles) est passé de 16,9% en septembre 2020 à 13,7% au 30 juin 2021.

«Ce vent de changement est réel dans toutes les villes du Québec, souligne-t-elle en outre. On le voit dans les villes comparables, comme Victoriaville, Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Drummondville».