Gabriel Bolduc et William Giroux ont fondé l’entreprise KaseMe. Les deux compères ont osé s’attaquer à un marché accaparé par des géants venus notamment de Chine.
Gabriel Bolduc et William Giroux ont fondé l’entreprise KaseMe. Les deux compères ont osé s’attaquer à un marché accaparé par des géants venus notamment de Chine.

KaseMe: propulsée par le web et le marketing numérique

Pierre Théroux
Collaboration spéciale
KaseMe est une entreprise bien de son temps. La startup beauceronne, spécialisée dans la fabrication et la vente d’étuis pour téléphone cellulaire, a vite compris que sa réussite passait d’abord et avant tout par la vente en ligne et le marketing numérique.

«Internet est à la base de notre modèle d’affaires», souligne Gabriel Bolduc, cofondateur avec William Giroux de cette entreprise de Saint-Georges en Beauce qui, comme bien d’autres, a vu le jour dans un sous-sol, celui du chalet familial.

Dès sa création en 2016, KaseMe a conçu un site web transactionnel. Puis, au lieu de s’en remettre aux stratégies de marketing traditionnelles, elle a eu recours à des influenceurs pour se propulser en ligne.

Sous l’influence des médias sociaux

«C’est un concept qui n’était pas encore très utilisé au Québec, par rapport aux États-Unis. On l’a adopté en travaillant avec des influenceurs qui étaient surtout connus sur Instagram, mais aussi sur Facebook. C’est vraiment le véhicule promotionnel qui nous a fait connaître», explique William Giroux.

L’entreprise s’en est ensuite remise aux publicités numériques payantes sur Google et les réseaux sociaux Facebook, Instagram et, plus récemment, sur Pinterest et la toute nouvelle plateforme TikTok. «Le succès d’une stratégie marketing, depuis toujours, repose sur la capacité d’aller à la rencontre de clients, là où ils passent leur temps», note Sylvain Sénécal, professeur au département de marketing et titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier à HEC Montréal.

KaseMe vend toujours ses produits principalement par l’entremise de son site Web, qui génère aujourd’hui environ 75 % de ses revenus. Ses étuis sont aussi disponibles dans des dizaines de boutiques de Simons, Bell, Rogers ou encore Fido. La PME a également conclu des ententes avec plusieurs entreprises, notamment Desjardins et Le Groupe Germain, pour la conception d’étuis corporatifs.

«On ne dira jamais non à des détaillants ou des entreprises qui nous approchent pour vendre nos étuis, mais c’est moins intéressant financièrement pour nous. On préfère mettre l’emphase sur nos ventes sur le web», indique William Giroux.

Pied de nez à la Chine

C’est autour d’un verre que les deux amis beaucerons, diplômés en administration et alors à l’emploi d’entreprises, ont convenu de démarrer leur propre compagnie. «J’ai parlé à William du projet d’entreprise que j’avais élaboré à ma troisième année de bac et on a décidé de se lancer», raconte Gabriel Bolduc.

Les deux compères ont non seulement osé quitter des emplois bien rémunérés, mais aussi s’attaquer à un marché accaparé par des géants venus notamment de Chine. Pour mieux rivaliser, «notre objectif était de fabriquer des étuis haut de gamme, plus stylisés et personnalisés», explique Gabriel Bolduc.

Sans oublier que l’entreprise ne vend pas seulement un produit, mais aussi une marque. «On ressemble plus à une compagnie fashion qui suit les tendances de la mode», fait valoir William Giroux en précisant que KaseMe offre justement des collections saisonnières et que la plupart des clients ont plus qu’un étui.

Les résultats témoignent de leur audace. Les deux entrepreneurs, qui fabriquaient initialement une quarantaine d’étuis quotidiennement pendant leur temps libre le soir et la fin de semaine, en produisent aujourd’hui entre 500 et 700 avec une équipe qui compte désormais une vingtaine d’employés.

Les revenus suivent aussi une courbe exponentielle. Les ventes, qui totalisaient près de 600 000 $ la première année, ont ensuite bondi à 1,4 M$ puis à 4 M$. L’entreprise prévoit doubler son chiffre d’affaires à 8 M$ pour l’exercice financier qui se termine en août 2021. Elle entend le faire en accentuant notamment sa présence aux États-Unis et ailleurs à l’échelle internationale qui génère pour l’instant 10 % de ses revenus, comparativement à 55 % au Québec et 35 % dans le reste du pays. Et ce, en reprenant la même formule qui a fait son succès.

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Comment élaborer une stratégie marketing en ligne efficace

1) Assurer une présence active. «La majorité des consommateurs commencent maintenant leur processus de magasinage en ligne. Il faut y être, sinon le concurrent en sortira gagnant. Mais si le site web date des années 1990 et que le dernier post remonte à plusieurs mois, ce ne sera pas plus efficace», constate Sylvain Sénécal.

2) Choisir la bonne plateforme. Les réseaux sociaux se sont multipliés ces dernières années. Mais «il ne faut pas pour autant toutes les utiliser pour attirer, convertir et fidéliser ses clients. L’important est de bien connaître la clientèle visée et sur quelles plateformes les rejoindre. Sinon, les entreprises y investiront de l’argent pour rien», conseille Sylvain Sénécal. «Les entreprises qui perdurent sont celles qui savent adapter leurs stratégies de marketing rapidement, presque en temps réel, selon les différentes plateformes», ajoute William Giroux.

3) Manipuler avec soin. Le marketing en ligne favorise les interactions entre une entreprise et des clients. Mais les consommateurs misent aussi sur les commentaires d’autres internautes pour forger leurs décisions d’achats. «C’est une arme à double tranchant. L’entreprise doit s’assurer de fournir des produits ou services de qualité, sinon les avis négatifs peuvent jouer contre elle et devenir viraux», prévient Sylvain Sénécal.

En collaboration avec l’École d’Entrepreneurship de Beauce et le Groupement des chefs d’entreprise