Richard Landreville, président de Castorea.
Richard Landreville, président de Castorea.

ISO 9001, toujours d’actualité: Castorea voulait se lancer sur des bases solides

Pierre Théroux
Collaboration spéciale
«Nous sommes certifiés ISO 9001» : Vous vous rappelez ces immenses banderoles apparues au tournant des années 1990, sur plusieurs bâtiments d’entreprises qui affichaient ainsi fièrement leur capacité à concevoir des produits de qualité pour satisfaire les clients. Même si ces affiches sont depuis longtemps disparues du paysage industriel québécois, cette norme internationale n’est pas pour autant révolue.

À preuve : en décembre dernier, au moment de célébrer sa deuxième année d’existence, l’entreprise Castorea recevait sa certification ISO 9001. Cette certification venait confirmer la mission que ce sont donnés les deux fondateurs de cet atelier d’usinage de Granby, Richard Landreville et François Leduc, de vouloir livrer la meilleure qualité de produits possible et dans les délais prévus.

Dès le départ, la PME voulait de cette manière ancrer son nom et sa réputation. Mais la jeune entreprise souhaitait d’abord et avant tout «partir sur des bases solides et mettre en place une très bonne culture organisationnelle alors qu’on n’avait pas encore pris de mauvais plis», explique Richard Landreville, président de Castorea dont la direction des opérations est assurée par François Leduc.

La bible du savoir-faire

Car la famille de normes ISO 9000, lancée en 1987 par l’Organisation internationale de normalisation, va bien au-delà de la seule qualité des produits. «C’est un système de gestion de la qualité qui favorise l’optimisation des méthodes de travail et la pérennisation des bonnes pratiques», rappelle Pierre L’Espérance, cofondateur et associé principal du Groupe Qualiso, une firme de consultants en management.

Les démarches de certification de Castorea l’ont notamment amené à se doter d’un manuel de gestion qui lui a permis de passer en revue tant les procédés de fabrication que la planification des opérations, ainsi que la gestion de la conformité des produits, des achats ou encore des liquidités.

«C’est une vraie bible, qui nous a permis d’implanter des processus clairs et bien établis pour produire et livrer des pièces conformes à nos clients, et à laquelle on peut se référer en tout temps. Ça nous oblige aussi à faire des revues de direction pour faire le point sur notre système de management et voir comment on peut s’améliorer», souligne Richard Landreville, en ajoutant que ça facilite du même coup l’intégration d’employés dans l’entreprise.

Le jeu en vaut la chandelle

Bien sûr, il faut y mettre beaucoup de temps et d’énergie pour se préparer à l’obtention d’une telle certification, indique M. Landreville. Déjà que les dirigeants de petites entreprises doivent porter plusieurs chapeaux lors du démarrage d’une entreprise, comme dans le cas de Castorea, ou pour assurer son développement.

Mais le jeu en vaut d’autant plus la chandelle que la certification ISO 9001 a l’avantage de donner accès à de nouveaux clients ou marchés et de procurer un avantage concurrentiel. «Ça nous ouvre des portes, c’est certain. Il y a des clients qu’on ne pourrait même pas approcher sans la certification», affirme M. Landreville.

Castorea est née de la rencontre entre Richard Landreville et François Leduc qui travaillaient depuis plusieurs années dans le secteur de l’usinage, l’un en vente et l’autre en programmation d’équipements. À la recherche de nouveaux défis, ils ont décidé de fonder leur propre entreprise qui se spécialise dans l’usinage et le fraisage de pièces en petits volumes (10 à 1000 unités) à l’aide d’équipements à contrôle numérique CNC cinq axes qui lui permettent de fabriquer des produits de haute précision. Ses clients, qui sont dispersés dans plusieurs régions du Québec, se retrouvent principalement dans l’industrie aéronautique, de la transformation alimentaire et parmi des fonderies.

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 Normes ISO : des avantages certains

1. Un gage de confiance. «Le défi pour une entreprise, ce n’est pas tant de fabriquer un produit de qualité, mais d’en faire un deuxième, un troisième et des centaines d’autres identiques. Un système de gestion de la qualité permet justement de le faire. Et ça donne confiance non seulement au client, mais aussi à la direction de l’entreprise», indique Pierre L’Espérance, en ajoutant qu’à qualité égale, un client choisira le produit ou le fournisseur qui lui inspirera le plus confiance.

2. Meilleure gestion de risque. Les systèmes de gestion de la qualité «permettent aux entreprises de mieux évaluer les risques potentiels et d’éviter que les problèmes se reproduisent, ce qui aura des effets bénéfiques sur leurs performances», souligne M. L’Espérance, qui est membre du comité technique canadien sur le management de la qualité depuis 1996 et a représenté le Canada lors des rencontres internationales pour les travaux de révision de la nouvelle version d’ISO 9001: 2015.

3. Avantage concurrentiel. «Le contexte de la pandémie a démontré l’importance pour une entreprise de pouvoir s’adapter et réagir en situation de crise. C’est la qualité d’une organisation qui lui permettra de passer à travers et de se différencier de ses concurrents», affirme Pierre L’Espérance.

En collaboration avec l’École d’Entrepreneurship de Beauce