Des employés sous surveillance?

Pierre Théroux
Collaboration spéciale

Proximité PME présente des contenus qui mettent en valeur des approches et pratiques, d’ici et d’ailleurs, à la fois innovantes et inspirantes. À surveiller le samedi: des cas d’entreprises du Québec qui s’illustrent sur des enjeux importants du monde des affaires. 

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L’employeur a-t-il le droit de surveiller les activités de ses employés sur les réseaux sociaux? Peut-il épier ce qu’ils font en télétravail ou utiliser des systèmes pour surveiller leurs allées et venues. Voilà autant de questions auxquelles répond le magazine Maddyness dans la foulée de l’amende d’un million d’euros imposée à Ikea France après avoir été récemment condamnée pour avoir collecté des données personnelles sur des centaines d’employés.

Le recours massif au télétravail depuis plus d’un an a grandement modifié les limites déjà très poreuses entre la vie privée et professionnelle. Or, la France interdit formellement aux employeurs l’utilisation des keyloggers, ces outils qui permettent d’enregistrer à distance toutes les actions accomplies sur un ordinateur. Le recours à la webcam ou à des appels téléphoniques ne doit pas non plus conduire à une surveillance constante et excessive des employés.

Par ailleurs, une caméra sur le lieu de travail est autorisée si elle est installée dans un but légitime, pour répondre par exemple à des besoins de sécurité des lieux, des biens et des personnes, et non pour surveiller de façon intensive les employés. Il peut donc être légitime de positionner une caméra près d’une caisse, aux entrées et sorties de bâtiments ou encore près des lieux de stockage de marchandises.

Enfin, un employeur aurait tout à fait le droit d’examiner les contenus se trouvant dans un bureau, un téléphone ou un ordinateur professionnel, puisque ces équipements lui appartiennent. S’il s’agit là de règles qui touchent les entreprises françaises, les compagnies d’ici ont tout intérêt à connaître leurs droits et limites en matière de surveillance des employés.

Avec la participation de l’École d’Entrepreneurship de Beauce