Prograin espère développer significativement ses activités en Chine après la visite du ministre de l’Agriculture mardi.

Prograin à la conquête de la Chine

Prograin prépare le terrain pour conquérir la Chine. L’entreprise agricole a accueilli mardi après-midi le ministre chinois de l’Agriculture, Han Changfu, et espère que cette rencontre ouvrira certaines portes dans l’Est asiatique.

Après l’Ukraine, la République tchèque et le Japon, l’entreprise fondée il y a 38 ans à Saint-Césaire s’apprête à augmenter ses activités dans ce marché de près de 1,4 milliard de consommateurs. Des dignitaires du ministère de l’Agriculture chinois sont venus visiter les locaux de Prograin, mardi après-midi, après avoir fait de même dans ceux du géant agroalimentaire Olymel en matinée.


«  On leur a demandé s’il serait possible de revoir les tarifs douaniers qui sont de 13 % pour le soya canadien [...] On a senti de l’ouverture, beaucoup.  »
Alain Létourneau, président-directeur général de Prograin

« Ils sont restés à peu près une heure et quart. Ils ont visité nos locaux puis ils ont regardé notre vidéo corporative. Nous avions également une conférence pour eux et des demandes à leur formuler », explique Alain Létourneau, président-directeur général de Prograin. Des élus fédéraux canadiens accompagnaient le ministre Han dans sa tournée.

L’homme d’affaires de Saint-Césaire a été séduit par les connaissances du ministre chinois en matière agricole. « Il était beaucoup plus connaissant que j’aurais pensé. Il a posé des questions assez pointues. »

Si aucun engagement formel n’est venu conclure la visite des dignitaires chinois, Alain Létourneau a senti chez ses interlocuteurs une écoute quant aux problématiques que vivent les exportateurs canadiens.

Prograin compte d’ailleurs parmi les plus importants exportateurs de soya et de semences de soya au Canada.

« On leur a demandé s’il serait possible de revoir les tarifs douaniers qui sont de 13 % pour le soya canadien dans un possible accord de libre-échange avec le Canada ou même sans accord. Leur population augmente et ils sont de plus en plus intéressés à acheter du soya de l’étranger et le Canada pourrait être un bon partenaire. On a senti de l’ouverture, beaucoup. »

Exporter

La Chine cultive le soya depuis des temps immémoriaux, mais avec l’explosion démographique qu’elle connaît, les terres arables disponibles ne suffisent plus à nourrir sa population. Selon l’Organisation des Nations Unies, la Chine est à la fois le 4e plus important producteur et le 1er importateur du soya dans le monde.

Prograin a amorcé sa conquête de l’Est asiatique il y a déjà quelques années en faisant des affaires en Corée du Sud et en ouvrant un bureau de vente au Japon, qui est devenu l’un de ses plus importants marchés. La Chine demeure jusqu’à présent un marché peu important en terme de volume, explique Alain Létourneau.

Une situation qui pourrait toutefois rapidement évoluer après la visite du ministre Han Changfu. « En Chine, il faut que nos partenaires locaux obtiennent un permis d’importation délivré par le gouvernement pour que nos produits entrent au pays. C’est sûr que ça va mieux quand on connaît les bonnes personnes et que le gouvernement chinois reconnaît l’entreprise », indique M. Létourneau.

Question d’augmenter significativement les affaires de Prograin dans l’empire du Milieu, l’entreprise ouvrira dans les prochains mois un bureau de vente à Harbin, dans la province de Heilongjiang, dans le nord-est du pays.

« Avec l’accroissement de la population chinoise, de la consommation de viande et l’amélioration du niveau de vie, on est convaincu que la demande est là. Après, ça sera les politiques qui vont influencer qui seront les fournisseurs », explique Alain Létourneau.

Celui-ci espère ainsi doubler, voire tripler la valeur de ses exportations en Chine au courant de la prochaine année.

Par ailleurs, Prograin pourrait également collaborer avec des centres chinois pour ses recherches sur le soya.

Politique

Des élus fédéraux canadiens avaient déjà rendu visite à l’entreprise Prograin au courant de l’été dans le cadre de la préparation d’un plan de soutien aux exportateurs, mentionne Alain Létourneau. C’est également le ministère canadien de l’Agriculture qui a joué les chaperons avec le gouvernement chinois.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada ignorait si une rencontre était prévue entre le premier ministre Justin Trudeau et Han Changfu.

Par ailleurs, le ministre chinois a refusé la présence de médias lors de ses visites. Le consulat de la République populaire de Chine à Montréal a expliqué que M. Han Changfu ne pouvait accorder d’entrevues puisqu’il n’était de passage que pour un « très court séjour ».