La directrice aux Ressources humaines chez Omnifab, Rosalie Morel, posant dans le gymnase réservé aux employés.

Pénurie de main-d'oeuvre: une entreprise vraiment en santé...

La pénurie de main-d’œuvre touche la grande majorité des industries du Québec. Des chefs d’entreprise optent pour la créativité quand vient le temps de contrer ce problème. Les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont répertorié une douzaine de «bonnes idées». À lire jusqu’au 16 janvier.

Dans la grande région de la Mauricie/Bécancour-Nicolet-Yamaska, les soudeurs et machinistes ont l’embarras du choix avec quelque 250 entreprises œuvrant dans le secteur de la conception et fabrication de machines. Mais au-delà de sa vigueur qui se traduit par un agrandissement en 2018, l’entreprise de mécanique industrielle Omnifab, à Louiseville, a de quoi les attirer, et aussi les retenir, avec son offre de soins de santé qui favorise le bien-être de tout le personnel.

Relativement récent, un gymnase est ainsi mis à la disposition de la soixantaine d’employés, un nombre qui a décuplé depuis la création de l’entreprise par Yvon Morel il y a 20 ans. Ayant grandi dans les murs d’Omnifab, sa fille, Rosalie Morel, âgée de 18 ans, assume déjà les fonctions de directrice aux Ressources humaines.

Et la jeune femme cherche à favoriser une bonne intégration des travailleurs au «moule d’Omnifab». «On est une entreprise familiale. On est ici pour se faire du fun. Personne ne crie après l’autre», explique celle qui parle de «la valeur de la personne» et du respect qui est au coeur des relations.

Or, pour elle, l’activité physique en milieu de travail ne peut qu’améliorer la performance du personnel. «C’est important d’être en forme. Ça permet d’être plus concentré. Et les employés peuvent se connaître davantage», soutient Mme Morel.

En lien avec cette installation des plus modernes et éclairée qui fait l’envie de la population, l’employeur fait même appel à un entraîneur à raison de trois fois par semaine, le midi. Et au même rythme, le spinning est aussi offert à l’heure du lunch, mais en plus, le matin et le soir. Et à tout cela s’est ajouté un nouveau module de CrossFit. 

Des employés choyés

Par ailleurs, la direction d’Omnifab requiert les services d’une masso-kinésiologue pour des soins de vingt minutes, ce qui permet de traiter une dizaine d’employés par semaine dans un local situé près du gymnase. «Et on va bientôt offrir les soins de pieds», annonce-t-elle fièrement tout en soulignant qu’une variété de fruits frais sont offerts et même «du pain frais le vendredi matin».

Il faut dire que l’autre avantage accordé au personnel d’Omnifab, c’est la flexibilité des horaires qui permet non seulement de profiter de ces facilités, mais également, de concilier travail-famille. Et si certains ont le loisir de faire tout leur boulot en quatre jours, d’autres préfèrent du temps partiel, sur deux ou trois jours. C’est le cas particulièrement des travailleurs âgés, car chez Omnifab, la moitié du personnel est dans la soixantaine. Même que l’un d’entre eux est âgé de 72 ans. Si un certain nombre de vétérans ont fait leur début au sein de l’entreprise, d’autres se sont laissés séduire par l’horaire variable pour joindre les rangs.

D’ailleurs, Rosalie Morel ne s’en cache pas. Le recours à cette main-d’œuvre plus âgée permet de pallier la rareté de relève, quoique la jeune directrice trouve toujours le moyen de cibler des candidatures intéressantes en cas d’embauche. Et le fait d’être à Louiseville est loin de représenter un désavantage, selon elle, car la majorité de son personnel réside sur le territoire de la MRC de Maskinongé.

Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier l’offre toute fraîche «d’une école de machinistes» à Shawinigan pour commencer une formule travail/études, ce qui permettra au futur stagiaire printanier «de voir s’il aime dans quoi il s’en va». Et souvent, dit-elle, l’expérience mène à un emploi «et les jeunes apprennent avec les plus vieux».

En 2017, la région de la Mauricie et les territoires des MRC de Bécancour et Nicolet-Yamaska ont obtenu un créneau d’excellence Conception et fabrication de machines. Or, l’un des axes de développement est justement la formation de la main-d’œuvre. Et selon un sondage réalisé auprès des membres, 73 % des répondants disent avoir une pénurie de main-d’œuvre et 86 % vont augmenter leurs effectifs en 2018. D’où la présence du créneau dans plusieurs salons de l’emploi, selon sa directrice Nancy Allaire, qui explore différentes pistes, dont le recrutement à l’étranger et les échanges d’employés.