Nicolas van Caloen peut cloner dans son laboratoire des champignons sauvages pour leurs qualités gustatives ou leur capacités étonnantes de décontamination.

Mycotrophe passe à la vitesse supérieure

La champignonnière Mycotrophe basée à Frelighsburg s’agrandit considérablement. La dernière touche aux nouvelles installations a été apportée lundi dernier, ce qui représente un agrandissement de plus de dix fois l’espace de l’ancien laboratoire. Le fondateur Nicolas van Caloen s’apprête ainsi à faire passer son entreprise à la vitesse supérieure.

Une nouvelle étape est franchie pour Mycotrophe. Après une progression constante depuis le démarrage du projet en 2015, le laboratoire maintenant basé à Frelighsburg a augmenté significativement sa capacité de production.

Son propriétaire Nicolas van Caloen se réjouissait mardi dernier de pouvoir enfin profiter de son nouvel espace de travail. Après quelques mois de travaux et plusieurs semaines d’attente, l’électricité a finalement été raccordée au nouveau bâtiment de plus de 1500 mètres carrés. « Je suis situé assez loin du chemin et ce fut problématique avec Hydro-Québec, mais finalement j’ai pu être connecté juste à temps pour que les champignons soient prêts au printemps », explique Nicolas.

Le nouveau bâtiment abritant Mycotrophe permettra à l’entreprise de bénéficier d’un espace de travail dix fois plus grand.

«  La culture extérieure du champignon permet de produire sans même modifier les écosystèmes existants.  »
Nicolas van Caloen, propriétaire de Mycotrophe

Cette construction a permis à Mycotrophe de centraliser ses opérations à Frelighsburg. Ainsi, le petit (117 m2) laboratoire auparavant situé dans le secteur de West Brome a été démantelé et reconstruit à Frelighsburg. Il est maintenant intégré au nouveau local de trois étages.

« Dans la culture du champignon, il y a énormément de manipulations et tout est pensé dans les salles pour être le plus ergonomique possible », précise l’agriculteur. Le bâtiment comporte cinq salles dédiées à la manipulation et à l’incubation. Comme c’était le cas avec le premier laboratoire, l’air y sera filtré et l’humidité étroitement contrôlée.

Le propriétaire de Mycotrophe n’emploie pour l’instant qu’une personne pour lui donner un coup de main. Avec l’agrandissement, ces effectifs pourraient augmenter jusqu’à une dizaine de personnes.

Décontaminer avec des champignons ?

Les activités de Mycotrophe se divisent entre trois volets. Nicolas fait pousser des champignons gourmets, médicinaux, et mène des recherches en laboratoire.

Certains clients souhaitent obtenir les champignons prêts-à-manger et d’autres le mycélium, l’appareil végétatif qui sert à élaborer le champignon. « En fait, le mycélium est au champignon ce que le pommier est à la pomme. Par exemple, lorsqu’on se promène dans un boisé et qu’on voit plusieurs champignons de la même sorte, c’est probablement qu’ils proviennent du même mycélium », explique-t-il.

Le propriétaire de Mycotrophe clone dans son laboratoire des mycéliums qu’il utilise pour obtenir des champignons gourmets ou pour en cultiver d’autres aux qualités particulières. Certains pourraient être utilisés dans l’industrie pour leurs capacités textiles ou fluorescentes.

Nicolas met également beaucoup d’espoir sur la mycoremédiation, une science qui permet de décontaminer les sols grâce aux champignons. « La science prouve déjà que ça fonctionne très bien, toutefois je voulais savoir si le mycélium que j’ai pouvait absorber des contaminants lourds. Ils ont très bien répondu », soutient l’amateur de champignons.

Un projet pilote est en cours de préparation afin de tester l’idée sur le terrain. Une opération de décontamination pourrait être tentée dès l’été prochain.

Engouement

Pour Nicolas van Caloen, les travaux effectués devenaient une nécessité afin de répondre à la demande d’une clientèle grandissante. Avec sa nouvelle capacité de production, il devra trouver de nouveaux débouchés à ces produits. Pas stressé, le passionné est assuré que l’engouement pour le champignon ne fait que débuter.

« Ça fait trois ans que je produis et le problème est que je suis tout le temps à court de champignons ou de mycélium; je ne peux pas répondre à la demande! Ce qui est en train de se passer avec les champignons gourmets c’est la même chose qui s’est passée avec le vin, le fromage ou la bière. Il y a une grande curiosité et les gens veulent avoir accès à une grande diversité. On est en train d’y assister », perçoit-il.

Selon celui qui entretient une passion pour le champignon depuis son enfance, ce type de légume devrait se retrouver de plus en plus dans nos assiettes.

« La culture du champignon est extrêmement intéressante parce qu’elle permet d’ajouter une valeur à la forêt. La culture extérieure du champignon permet de produire sans même modifier les écosystèmes existants », souligne-t-il.

Pour sa part, Mycotrophe prévoit continuer à nouer des liens avec les restaurateurs et les distributeurs de paniers alimentaires.