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L’industrie touristique réclame une plus grande prévisibilité pour les mesures sanitaires qui seront en vigueur cet automne.
L’industrie touristique réclame une plus grande prévisibilité pour les mesures sanitaires qui seront en vigueur cet automne.

L’immigration au secours de l’hébergement ?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
Les Coops de l'information
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Faciliter l’immigration saisonnière, à l’image des pratiques éprouvées en agriculture, pourrait être salutaire au domaine de l’hébergement. L’industrie touristique réclame par ailleurs une plus grande prévisibilité pour les mesures sanitaires qui seront en vigueur cet automne, question d’anticiper les besoins de personnel.

Xavier Gret, directeur général de l’Association Hôtellerie Québec, déplore que les métiers de chef cuisinier et de préposé à l’entretien ne figurent pas sur la liste des professions à prioriser selon le gouvernement du Québec. Reconnaître la pénurie permettrait, selon lui, de faire venir la main-d’œuvre étrangère. 

Geneviève Dumas, présidente de Tourisme Outaouais et directrice générale du Fairmont Château Montebello, abonde dans le même sens. «Il nous faut des travailleurs étrangers. L’octroi de permis temporaires pourrait aider.»

Xavier Gret, directeur général de l’Association Hôtellerie Québec

Lysandre Michaud-Verreault, porte-parole de Tourisme Cantons-de-l’Est, évoque elle aussi des solutions gouvernementales rapides comme le modèle des travailleurs temporaires en agriculture. 

L’idée rejoint Mitchell Dion, directeur général de Tourisme Charlevoix. «Nous avons un enjeu démographique, à 29 000 habitants, alors que nous sommes une importante destination touristique. Notre bassin de main-d’œuvre a une élasticité maximale.»

Il propose une forme de maillage entre les entreprises saisonnières pour assurer des emplois à l’année à des employés qui pourraient partager leur temps entre deux employeurs de l’industrie, selon la saison. 

Avancement rapide

Parmi les autres idées avancées, Xavier Gret évoque des incitatifs fiscaux pour les travailleurs d’expérience ou les retraités prêts à mettre l’épaule à la roue dans le domaine touristique.

«Il faudrait aussi donner un coup de main à la promotion de notre métier. Les occasions sont nombreuses : on peut commencer comme plongeur et terminer directeur général d’un hôtel. L’hôtellerie offre des métiers bien payés et il n’y a jamais eu meilleur moment pour y lancer sa carrière. Il sera possible de monter les échelons rapidement.»

Les occasions sont nombreuses en hôtellerie: on peut commencer comme plongeur et terminer directeur général d’un hôtel.

M. Gret cite les chaînes hôtelières établies à l’international comme des occasions de travailler ici et ailleurs dans le monde au cours d’une carrière. 

Amélie Leduc Dauphinais, directrice générale du réseau Ôrigine, estime aussi que le moment est bien choisi pour travailler… dans les hôtels indépendants. «ll y a des avantages à tous les modèles. Dans les hôtels indépendants, il y a un volet humain important.»

Elle s’inquiète par ailleurs pour l’automne, alors que les étudiants embauchés cet été risquent de reprendre les études. 


« Il devient difficile de prévoir ce qui s’en vient. »
Amélie Leduc Dauphinais, directrice générale du réseau Ôrigine

Xavier Gret lui fait écho, espérant des réponses des gouvernements sur les mesures qui seront annoncées cet automne. S’il a tendance à croire à une ouverture des frontières vers septembre, il rapporte qu’il est impossible de confirmer la tenue d’événements cet automne en raison de l’incertitude. 

«Nous sommes intéressés à savoir ce qui se passera avec l’ouverture des frontières», martèle à son tour Jean-Michel Ryan, président du CA de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. «Il nous faut de la prévisibilité pour planifier les budgets et les ressources. Plus on sait d’avance, plus on est en mesure de s’organiser.»

À preuve, Julie Dubord, directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, rapporte que les plus récents assouplissements des mesures sanitaires ont permis à l’industrie de se projeter jusqu’à la fin de la saison estivale.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué jeudi que des ministres fédéraux feraient le point sur la situation des frontières la semaine prochaine.

Enfin, pour Nancy Robitaille, gestionnaire des Hôtels JARO, la solution à court terme passe par une meilleure gestion de la Prestation canadienne de la relance économique, pour inciter les travailleurs à retourner sur le marché du travail.