François Renaud et Nicole Ducharme sont prêts à tourner la page après avoir oeuvré près de 30 ans dans le milieu de la restauration, à la barre de la Closerie des Lilas.

Les propriétaires de la Closerie des Lilas tournent la page

Après avoir passé près de 30 ans dans le milieu de la restauration, les propriétaires de la Closerie des Lilas, à Granby, sont prêts à tourner la page et à vivre de nouvelles aventures.

Le restaurant ne ferme pas encore ses portes, mais une affiche à vendre a fait son apparition devant l’immeuble centenaire de la rue Court. « Notre cœur et notre passion vont être là jusqu’à la fin », affirme Nicole Ducharme, copropriétaire du commerce avec son conjoint François Renaud.

En opération depuis 1981, la Closerie des Lilas a su résister à l’épreuve du temps. Il est parmi les plus « vieux » restaurants toujours ouverts à Granby. « Faucheux, le Petit Suisse, l’Aubergade, La Petite marmite, Le Balzac et Da Teresa ont tous fermés. On est dans les dinosaures qui restent », lance à la blague Mme Ducharme.

Si un proverbe dit « Qui prend mari, prend pays », Nicole Ducharme, elle, pourrait dire « Qui prend mari, prend le resto ». Son aventure à la Closerie a commencé en 1993. Forte d’une expérience en restauration, elle avait alors accepté de « dépanner » son amoureux pour un été. Elle n’est jamais repartie. François Renaud s’est porté acquéreur du commerce en 1991, à l’âge de 22 ans, avec Serge Mongeau, après y avoir travaillé deux ans comme aide-cuisinier.

« Dans le fond, c’est une grande histoire d’amour, notre affaire. L’amour de la bonne bouffe, du public, de la vie », dit Nicole Ducharme, qui est devenue copropriétaire de l’endroit en 1998 lorsqu’ils ont aussi acquis l’immeuble. M. Mongeau avait quitté deux ans plus tôt.

Passion

Ayant tous deux terminé des études en administration, le duo s’est investi totalement — elle au service et lui aux fourneaux — dans la Closerie des Lilas, entre autres reconnu pour ses fondues, et le bistro qu’il a aménagé en façade. Le couple a suivi plusieurs formations en restauration.

Avant même l’avènement des microbrasseries, François Renaud et Nicole Ducharme servaient à une époque au bistro 70 variétés de bières, « avec leurs verres originaux ». Les moules et les saucisses étaient la spécialité de l’endroit.

C’est d’ailleurs à cette époque qu’ils ont aménagé un jardin de fines herbes pour avoir sous la main les aromates qui entraient dans leurs recettes de moules — notamment l’oseille, qu’ils ne pouvaient avoir de leurs distributeurs.

Les restaurateurs se sont aussi fait un point d’honneur de ne servir que du bœuf canadien dès 2003. « On a su travailler avec des produits de qualité. Plusieurs clients nous suivent depuis le début. On est contents de ce qu’on a fait », affirme Nicole Ducharme.

Nouveaux horizons

Mme Ducharme s’est engagée au sein de la défunte association de marchands du centre-ville, la SDC. François Renaud a pour sa part été membre durant quelques années du conseil d’administration de l’Association des restaurateurs du Québec.

Au fil du temps, le couple a eu deux enfants. François Renaud s’est aussi découvert une passion pour la menuiserie il y a une dizaine d’années. C’est à peu près à cette époque qu’il a aménagé des résidences de tourisme à l’étage de l’immeuble. Il travaille d’ailleurs déjà dans le domaine de la construction, en plus d’opérer le restaurant. Fermé depuis 2011, le bistro est devenu une salle de réception.

Le chef est toutefois maintenant prêt à troquer définitivement ses casseroles pour un marteau. « Je suis bien là-dedans. C’est aussi une job que j’aime », confirme François Renaud.

Nicole Ducharme, elle, aimerait explorer plusieurs voies. Elle souhaite que son expérience en gestion et en restauration soit mise à profit. Se lancer à nouveau en affaires n’est pas totalement exclu. Chose certaine, dit-elle, « dans ma tête, je suis prête pour de nouveaux défis et de nouvelles aventures ».