L’an dernier, l’un des copropriétaires des Habitations Novadomus, Benoit Aubin, avait expliqué les retards sur les chantiers par une croissance trop rapide des commandes par rapport à la capacité de production de la compagnie.

Les Habitations Novadomus en faillite

C‘est la fin pour les Habitations Novadomus. L’entreprise, qui a fait les manchettes cet automne en raison d’un grand nombre de chantiers inachevés et de la piètre qualité de certains travaux, a déclaré faillite.

La faillite de l’entreprise a été enregistrée au Registre des dossiers de faillite et d’insolvabilité le 4 avril dernier. Selon la fiche que La Voix de l’Est a consultée, les actifs de l’entreprise totalisent 1,33 million de dollars alors que son passif était de 3,92 millions de dollars.

La syndique au dossier est Nathalie Brault, de Laval. Celle-ci a mentionné au journal que beaucoup de créanciers au dossier sont des sous-traitants ou des fournisseurs de l’entreprise n’ayant pas été payés, de même que des institutions financières.

La première assemblée des créanciers aura lieu le 23 avril prochain en après-midi.

Les travaux repris par GCR

Sur le Registre des entreprises du Québec, les noms de Benoit Aubin et de son associé Sébastien Bontyes ne figurent plus sur le dossier des Habitations Novadomus. Le site Internet de l’entreprise est devenu inactif alors que sa page Facebook a été désactivée.

Rappelons qu’en septembre dernier, La Voix de l’Est publiait les témoignages d’une douzaine d’acheteurs de maisons neuves ayant été livrées avec plusieurs mois de retard ou dont les travaux n’avaient pas été exécutés.

L’un des copropriétaires de l’entreprise, Benoit Aubin, avait alors expliqué cette situation malencontreuse par une croissance trop rapide des commandes par rapport à la capacité de production de la compagnie. De plus, disait-il, le fait que les acheteurs refusaient de laisser aller des retenues de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour manifester leur mécontentement a privé son entreprise des liquidités nécessaires pour payer ses fournisseurs et sous-traitants, dont plusieurs ont depuis déposé des hypothèques légales sur les maisons toujours en construction.

Puis, à la fin octobre, l’entreprise a perdu son accréditation chez Garantie de Construction Résidentielle (GCR), en raison d’un nombre « élevé » de plaintes. Elle ne s’était pas conformée aux décisions des conciliateurs à la suite d’un processus de médiation et parce qu’elle n’avait pas fourni des documents demandés, avait fait savoir François-William Simard, vice-président aux communications et aux relations avec les partenaires de l’organisme à but non lucratif indépendant mandaté par la Régie du bâtiment du Québec pour administrer les plans de garantie des maisons neuves.

Ce faisant, Novadomus avait automatiquement perdu les licences de la Régie du bâtiment du Québec lui permettant de bâtir des immeubles résidentiels neufs.

M. Simard, qui a confirmé la faillite des Habitations Novadomus, indique que les travaux effectués au compte de GCR pour compléter les maisons inachevées ou pour réparer des travaux mal exécutés précédemment ne sont pas compromis. « Ça ne change rien pour les clients. Notre rôle est de nous assurer que tout soit complété et fait correctement », a-t-il indiqué en entrevue avec La Voix de l’Est.

Jeudi, il n’a pas été possible de connaître le nombre de résidences dont la construction et la finition n’ont pas été complétées.

Les travaux effectués au compte de GCR pour compléter les maisons inachevées ou pour réparer des travaux mal exécutés précédemment ne sont pas compromis.

Le maire déçu

La municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby s’était associée aux Habitations Novadomus pour son nouveau développement domiciliaire à titre de promoteur. Le maire de l’endroit, Marcel Gaudreau, a par le passé défendu l’entreprise plusieurs fois.

C’est La Voix de l’Est qui lui a appris la faillite de l’entreprise. « Ils ont essayé de faire faillite dans le passé, mais en étant bloqué partout, ça n’était pas possible », a-t-il commenté.

« Il a mis un peu trop de chantiers en marche en même temps, et il vivait de déboursé en déboursé, a poursuivi l’élu, jusqu’à ce que la Caisse arrête de les lui verser. »

Tous les terrains vendus par la Ville à l’entrepreneur ont été payés. La municipalité ne fait donc pas partie des créanciers.

M. Gaudreau reconnaît néanmoins qu’il a été très tolérant avec les Habitations Novadomus. « Oui, on lui a donné des chances. Oui, je suis déçu », a-t-il dit en entrevue.

« Si j’avais pu régler le problème moi-même, je l’aurais fait », a-t-il ajouté, désolé.

Le maire a également allégué s’être fait « tasser » du dossier. « J’ai été mis en demeure de m’enlever le nez de là », a-t-il fait savoir, refusant toutefois de dévoiler qui était à l’origine de la mise en demeure.

Deuxième faillite

Il s’agit d’une seconde faillite pour l’entrepreneur Benoit Aubin, qui avait mis la clé sous la porte de son entreprise Construction Rénovation Ben & Fils Inc. Le syndic à ce dossier était la firme Raymond Chabot.

Benoit Aubin est également actionnaire, avec son père et Karl Painchaud, de l’entreprise Projets Nova-Lagons Inc., spécialisée dans l’aménagement de piscines-plages.

À la fois en relation d’affaires avec les Habitations Novadomus et des clients floués, la Caisse Desjardins Granby Haute-Yamaska n’a pas voulu commenter le dossier, alléguant que ses relations tant avec l’entreprise autant qu’avec les membres ayant contracté une hypothèque pour acheter une maison neuve sont de nature confidentielle.

M. Aubin n’a pas rappelé La Voix de l’Est vendredi.