Des panneaux séparateurs comme celui-ci peuvent notamment être installés entre deux clients dans un salon de coiffure ou pour séparer des files d’attente dans un commerce.
Des panneaux séparateurs comme celui-ci peuvent notamment être installés entre deux clients dans un salon de coiffure ou pour séparer des files d’attente dans un commerce.

L’entreprise Flexpipe adapte ses produits modulaires à ses clients

L’entreprise Flexpipe, spécialisée dans la fabrication d’équipements modulaires sur mesure, se réinvente pendant la pandémie. Deux nouvelles formules de structures modulaires de protection ont été développées pour protéger les employés et les clients des entreprises oeuvrant dans différents secteurs d’activités.

«On a développé des panneaux et on veut en faire des kits. On peut se démarquer parce que notre produit est modulaire. C’est ça, notre business», explique Julien Depelteau, président de l’entreprise farnhamienne.

Les nouveaux produits qui sont proposés sont prêts à être assemblés, tout comme des meubles IKEA. Les équipes d’ingénierie et de dessin technique ont travaillé de concert pour les développer et répondre aux besoins des entreprises et industries.

Un des produits — offert dans trois dimensions différentes — est le panneau séparateur qui est déposé au sol et qui vient créer une barrière entre les clients à une file d’attente ou encore entre deux chaises dans un salon de coiffure. L’entreprise propose également des panneaux, disponibles en deux formats, qui sont directement déposés sur un comptoir ou un bureau.

De nombreux produits offerts sur le marché sont en Plexiglas. Flexpipe a plutôt opté pour du mica, une toile transparente flexible du même type qu’on retrouve sur les tentes-roulotte. Elle est fixée à la structure au moyen d’oeillets et d’attaches.

«Le Plexiglas se grafigne et se brise facilement. Quand on l’expédie, c’est difficile, expose M. Depelteau. La toile, on la roule, on la met dans un tuyau de carton et on l’expédie.»

Les pièces utilisées pour créer les panneaux séparateurs peuvent être réutilisées et servir à réaliser un autre projet.

Toutes les pièces permettent d’assembler un module. Lorsqu’il n’est plus utilisé, il peut par ailleurs avoir une deuxième vie et une tout autre utilité. «Quand la situation va se résorber, on a développé des recettes pour pouvoir défaire les panneaux et faire autre chose, par exemple un support à iPad, un racking pour le garage ou une lampe», illustre M. Depelteau.

Les produits se détaillent entre 99$ et 230$.

Ces panneaux ne sont pas les seules nouvelles créations de l’entreprise. Un distributeur à désinfectant activé au moyen d’un pédalier a été créé pour les besoins d’un client. Un prototype a été réalisé dimanche et une trentaine de distributeurs ont été fabriqués. «Chaque semaine, on écoute ce que les clients nous demandent et on va ajouter des modèles au besoin afin de pouvoir rejoindre plusieurs commerçants», dit le président de la compagnie fondée en 2011.

Toutes ces idées sont notamment inspirées de la communauté Flexpipe, raconte M. Depelteau. «Les gens fabriquent toute sorte de choses avec nos produits. C’est un peu comme des Lego. J’ai un client qui est super actif au Mexique et il m’envoie des photos. On développe des choses, mais on est très inspirés et motivés par notre clientèle, par la communauté Flexpipe. Et c’est motivant pour les employés.»

Le président de Flexpipe, Julien Depelteau

Période difficile

Le président de l’entreprise ne le cache pas. L’année 2020 est difficile. «On l’a eu dure», dit-il sans hésitation. Plusieurs de leurs clients sont en Asie. L’approvisionnement a été interrompu pendant cinq semaines en raison de la fermeture des frontières. Le blocus ferroviaire a ajouté une complexité à la problématique.

La pandémie a ensuite touché le Québec et les activités de l’usine ont été stoppées. Vingt employés se sont retrouvés temporairement mis à pied. La moitié des travailleurs ont depuis été rappelés puisque Flexpipe a dû créer des postes de travail destinés à des industries qui se sont réinventées à leur tour en se lançant dans la production de masques ou de produits désinfectants, par exemple. Quelque 600 panneaux séparateurs ont notamment été fabriqués et vendus à différents clients. «C’est marginal par rapport à ce que l’on fait habituellement», précise M. Depelteau.

Trois employés de bureau sur les vingt sont mis à pied en raison de la COVID-19. Les différents programmes d’aide offerts par les gouvernements ont permis de garder le plus grand nombre d’employés en poste. «En mettant sur le marché les nouveaux kits, on espère pouvoir rappeler les autres membres du personnel», espère M. Depelteau.