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La période de séchage est cruciale pour le développement des terpènes.
La période de séchage est cruciale pour le développement des terpènes.

Le pot de Potton sur les tablettes de la SQDC [PHOTOS]

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
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Au bout d’un chemin de terre, dans le canton de Potton, est produit un cannabis artisanal haut de gamme, le Gelato 33, qui fait sa place parmi les géants de l’industrie.

En arrivant à l’entreprise Lot 420, la sécurité autour de la serre de 22 000 pieds carrés saute aux yeux alors que le nez détecte une subtile odeur printanière dans les airs.

Au moment du passage de La Voix de l’Est, les employés partagent du poulet frit et profitent de leur heure de dîner.

Après avoir complété les différentes décharges prescrites par Santé Canada, on nous demande de troquer nos chaussures pour des pantoufles en caoutchouc et d’enfiler une combinaison blanche pour éviter toute contamination lors de la visite des installations. « Comme si on s’en allait dans l’espace », rigole Stefan Macdonald, cofondateur et président-directeur général de Lot 420.

Le confondateur et président-directeur général de Lot 420, Stefan Macdonald, a laissé tomber son emploi comme contremaître municipal pour se lancer dans la production de cannabis.

Gelato 33

Le Gelato 33, une génétique de cannabis hybride à dominance indica reconnue pour ses arômes de limonène (notes d’agrumes où dominent le citron et l’orange) et son taux élevé de THC (24-30%), se retrouvent sur les tablettes de la SQDC depuis le 20 avril, après sept ans de préparation.

Les deux amis qui se connaissent depuis l’école secondaire ont eu l’idée en 2014, intrigués par les propriétés médicinales de la plante. « On a fait l’application en 2015, puis on a reçu le permis de construction en 2018, il fallait trouver l’investissement [de 11,5 M$], on a débuté les travaux en 2019 et on les a complété en 2020 », raconte l’un des fondateurs et maître horticulteur, Jean-Romain Péclet.

Le Gelato 33 est considéré comme un produit haut de gamme et se détaille à 42$ pour 3,5g (12$/g). «C’est du AAAA, lance avec sourire Stefan Macdonald. Cette génétique donne un bon pourcentage de THC, un bon pourcentage de terpènes [responsable des arômes et des saveurs], en général les gens aiment le consommer et les effets sont super bons. »

Le taux de THC fait foi du prix et de la popularité auprès des consommateurs. « Il faut que ton produit teste quand même haut en THC pour être en mesure de le vendre correctement. C’est triste, le marché est comme ça en ce moment, parce qu’un cannabis haut en THC n’est pas nécessairement un meilleur cannabis. C’est son goût, son odorat, comment il brûle (s’il fait une cendre blanche), l’humidité quand tu le reçois, le bon processus de séchage qui sont déterminants.»

La période de floraison se fait sous une lumière jaune qui imite la lumière du soleil et au rythme de chansons rock.

Lot 420 affirme sans complexe que son produit est étiqueté haut de gamme non seulement en raison de sa haute teneur en THC, mais aussi grâce au souci du détail de la petite équipe de 25 employés.

Leur production annuelle d’environ 1500 kg est loin derrière celle des gros producteurs qui atteint 10 000 kg par an. Environ 40% de la production pottonaise est destiné au Québec alors que le reste est réparti entre les marchés de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Manitoba.

Cycle de 130 jours

Il faut prévoir environ 130 jours pour compléter un cycle de production comprenant bouture, végétation, floraison, séchage et coupe, avant que les grosses et petites cocottes soient emballées séparément dans des sacs d’un kilo pour être envoyées chez un distributeur. Un cycle est lancé aux deux semaines, ce qui maintient l’inventaire à environ 2000 plants.

Le Gelato 33, une génétique de cannabis hybride à dominance indica reconnue pour ses arômes de limonène (notes d’agrumes où dominent le citron et l’orange) et son taux élevé de THC (24-30%), se retrouvent sur les tablettes de la SQDC depuis le 20 avril, après sept ans de préparation.

Tout débute dans la salle des mères — seuls les plants femelles produisent des cocottes — où des boutures sont prélevées des « mères » et transplantées dans des pots. En plus des Gelato 33, une vingtaine d’autres génétiques sont expérimentées dans différentes conditions pour les prochains produits qui sortiront du Lot 420.

Le cycle de production est d’une durée de 130 jours.

Les boutures sont ensuite transférées dans une des quatre salles de végétation pour 20 à 25 jours, puis dans la salle de floraison pour environ deux mois, nous explique Stefan. Le cycle de lumière passe de 18 heures de lumière et six heures d’ombre à deux blocs de 12 heures. « Tu stresses la plante, tu la fais fleurir», précise-t-il.

Mais il n’y a rien de stressant pour un humain dans cette salle teintée par la lumière jaune. Quelques employés s’activent dans la serre au rythme de la chanson Born to be Wild.

Les grosses et petites cocottes sont emballées séparément dans des sacs d’un kilo pour être envoyées chez un distributeur.

Un travail de moine

La plante entre ensuite dans la phase de postproduction : le séchage (10-14 jours) et la coupe. La période de séchage est critique pour le développement des terpènes, « mais chaque étape est importante, tu n’as pas beaucoup de marge de manoeuvre », explique Stefan Macdonald. Une fois que les plants sont séchés à souhait, ils sont taillés à la main.

Être un producteur de cannabis se révèle être un « travail de moine » dit-il, malgré la part d’automatisation dans le processus. « Ça prend de la détermination, il faut être extrêmement attentifs aux détails. Tu es longtemps seul avec les plantes, oui il y a de l’interaction avec les gens parce que tu travailles en équipe, mais à la base c’est toi et la plante. C’est toi qui travailles pour la plante. »