La microbrasserie Farnham Ale & Lager, qui a célébré son cinquième anniversaire en septembre dernier, sera bientôt moins à l’étroit grâce à un agrandissement de la bâtisse qu’elle loue sur le boulevard de Normandie. Sur la photo, deux des associés, Hugues Ouellet et Jean Gadoua.

Le double de superficie pour Farnham Ale & Lager

Farnham Ale & Lager a grandi à la vitesse grand V. Cinq ans après son apparition dans le marché des bières de microbrasserie, l’entreprise occupera bientôt une bâtisse plus grande — à la même adresse — et instaurera de nouvelles procédures, en plus d’être davantage à la fine pointe de la technologie.

La microbrasserie a toujours eu pignon sur rue à la même adresse, dans une bâtisse qu’elle loue au Fonds de développement Farnham-Rainville, rue de Normandie. « C’est une des choses qui a aidé à garder le fonds de roulement, explique Hugues Ouellet, l'un des associés. On était plus en phase d’acquérir le bâtiment, sauf que pour l’instant, on a d’autres besoins qu’on ne sera pas capable de financer si on l’acquiert. »

Le Fonds de développement investira dans l’agrandissement du bâtiment avec l’ajout d’une superficie de 5500 pieds carrés — au coût d’un demi-million de dollars — aux 6000 pieds carrés actuels. La microbrasserie, qui a négocié un nouveau bail, est si à l’étroit qu’elle loue actuellement un entrepôt de 2000 pieds carrés à Farnham.

« On a cruellement besoin d’espace, dit M. Ouellet. C’est du pied carré et du pied cube qu’on a besoin. Notre entrepôt à Farnham est toujours plein. Il est tellement plein, qu’on ne sait pas ce qu’il y a au bout. »

Les travaux d’agrandissement débuteront au printemps. Une fois le chantier terminé, toutes les activités seront rapatriées sur la rue de Normandie.

« Tout suit son cours. Tout va bien », affirme Jean Gadoua, l’un des quatre associés de Farnham Ale & Lager. « On ne se le cachera pas : on a fait de très bons coups et on a eu de moins bons coups », renchérit M. Ouellet..

Désengorger la production

« Cinq ans après, on se rend compte qu’on se pile sur les pieds, que ce n’est pas sécuritaire, renchérit M. Gadoua. On n’a pas de système instauré pour la grosseur d’entreprise qu’on est, donc on est à revoir ça. Dans le passé, on a eu des problématiques de qualité, donc on instaure de nouveaux protocoles, de nouvelles méthodes pour s’assurer que ça ne se reproduise plus, qu’on soit en contrôle du début jusqu’à la fin. »

La microbrasserie produit actuellement entre 10 000 et 11 000 hectolitres annuellement. Elle aurait la capacité d’en produire 20 000, mais elle est trop à l’étroit. « L’urgence, c’est de désengorger et optimiser la production qu’on fait déjà. En l’optimisant, on coupe sur le coût de travail parce qu’on ne fait pas de double manipulation, on ne fait pas de Tetris. Juste ça, si on fait le même 10 000 ou 11 000 hectolitres, il sera plus facile à faire et le coût de revient sera plus bas. Après, si tu veux monter à 13 000, 14 000 ou 15 000 hectolitres, t’es capable de le faire », explique M. Gadoua.

Farnham Ale & Lager investira aussi 500 000 $ pour adapter et moderniser ses installations, en plus d’installer un système de gestion d’inventaire et de production afin de pouvoir faire des projections au chapitre de la production et des ventes. L’entreprise travaille également avec divers fournisseurs, notamment pour maximiser l’utilisation de ses locaux et l’emballage des produits.

La microbrasserie, qui embauche actuellement 20 employés, prévoit la création de cinq à huit emplois d’ici deux ans.

Cinq ans au compteur

L’entreprise, qui a célébré son cinquième anniversaire en septembre dernier, en a fait du chemin. La première année, quatre produits de sa série classique, c’est-à-dire la 12, une hefeweizen, la 27, une pilsner, la 35, une bitter et la 64, une IPA américaine, ont été lancés et sont toujours disponibles.

Cinq ans plus tard, une vingtaine de recettes sont brassées chaque année, dont une dizaine qui composent le portfolio de l’entreprise et que les consommateurs vont retrouver tout au long de l’année. D’autres sont éphémères, de saison ou brassées en exclusivité pour des commerces.

Les produits de Farnham Ale & Lager sont vendus ou servis à plus de 2000 adresses aux quatre coins du Québec, notamment dans les restaurants, bars, hôtels, auberges, centres sportifs, attractions touristiques, dépanneurs et épiceries. À cela s’ajoute leur présence dans une vingtaine de festivals et événements de tout genre.

Bref, l’entreprise connaît du succès et tire bien son épingle du jeu alors que près de 100 brasseries ont ouvert leur porte au cours des six dernières années, expliquent les deux associés. « On est fiers, dit M. Gadoua. Il faut l’être, malgré les hauts et les bas. C’est ça, être entrepreneur. On s’est quand même rendu là ! »

« La consommation n’augmente pas tant que ça, renchérit M. Ouellet. C’est le virage pour des produits plus raffinés qui augmente énormément. »