À ce temps-ci de l’année, le Salon international de l’auto de Québec (SIAQ) finalise son plan d’aménagement qui est envoyé aux constructeurs automobiles. L’événement a lieu au début du mois de mars.
À ce temps-ci de l’année, le Salon international de l’auto de Québec (SIAQ) finalise son plan d’aménagement qui est envoyé aux constructeurs automobiles. L’événement a lieu au début du mois de mars.

La limite de 250 personnes trop contraignante pour les expositions et salons, selon les promoteurs

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
La limite de 250 personnes lors de rassemblements intérieurs ne semble pas satisfaire l’industrie des expositions du Québec. Celle-ci aurait préféré être considérée comme l’ont été les centres commerciaux.

«On n’ira pas loin avec 250 personnes par espace avec notre industrie», commente Dominique Gagnon, président de l’Association des professionnels en exposition du Québec (APEQ). «On va plus loin qu’il y a un mois, mais ce n’est pas suffisant», ajoute-t-il, en spécifiant que cela améliore les choses pour certains de ses membres.

Il y a un mois, l’APEQ demandait au gouvernement Legault et à la santé publique de faire une distinction claire entre les expositions et les rassemblements. «On a eu des discussions avec le Dr [Horacio] Arruda et on avait demandé de permettre l’entrée de 60 % de la capacité d’accueil d’une surface. Par exemple, une salle qui peut accueillir 6000 personnes, on n’en accepterait que 3600. On peut gérer ça mieux que les centres commerciaux», explique M. Gagnon. «Ça a été refusé par la Direction de la Santé publique.»

Selon les explications de M. Gagnon, avec une capacité d’accueil de 250 personnes par salle, cela implique que les promoteurs répartissent les exposants dans différents espaces fermés. Mais les promoteurs devront gérer le trafic qui entre et qui sort de ces espaces et s’assurer que tous portent un couvre-visage et gardent deux mètres de distance.

«Il y a aussi les halls d’entrée où il faut s’assurer qu’il n’y a pas plus de 250 personnes, en plus des mesures sanitaires qu’il faut faire respecter», renchérit le président de l’APEQ. «Certains de nos membres veulent y aller, mais il reste que ce n’est pas très viable pour l’ensemble de l’industrie. Je pense à des événements comme les salons de l’habitation ou de l’auto. Ça va être difficile pour eux qui accueillent jusqu’à 70 000 personnes chaque fois.» 

Et encore, est-ce que les visiteurs seront au rendez-vous? «Juste pour notre assemblée générale annuelle qui doit se tenir le 10 septembre, on n’a reçu que neuf inscriptions de membres souhaitant y participer. On n’a pas le choix de se tourner vers une formule virtuelle», répond M. Gagnon à la question.

«Pas hâte de voir 2021»

«Si l’automne ne repart pas, je n’ai pas hâte de voir 2021», affirme M. Gagnon. Pour certains événements, la logistique se prépare à l’avance. On peut parler de périodes allant jusqu’à six mois.

À ce temps-ci de l’année, le Salon international de l’auto de Québec (SIAQ) finalise son plan d’aménagement qui est envoyé aux constructeurs automobiles. L’événement a lieu au début du mois de mars.

«Normalement, les constructeurs automobiles nous font leurs demandes en juin. Tout a été reporté de quelques mois. Maintenant, on s’attend à les recevoir leurs exigences dans le courant de l’automne», explique Charles Drouin, directeur général du SIAQ et aussi vice-président au sein de l’APEQ.

Toutefois, M. Gagnon se désole de la situation. «Le gouvernement a décidé de tout fermer! Et on est obligé de se battre pour rouvrir les activités de l’industrie», opine-t-il. «En 2020, l’industrie allait battre tous les records et c’est une industrie importante. On est un peu déçus des réponses obtenues et du manque d’écoute», ajoute-t-il, en précisant qu’ils ne sont pas les seuls à souffrir.

Rappelons que selon les chiffres de l’APEQ, plus de 2000 événements d’affaires ont lieu annuellement. Ceux-ci génèrent plus de 100 millions $ en retombées directes. L’industrie des expositions implique 33 750 PME québécoises.

À la fin du mois de juillet, l’APEQ se disait prête pour une «relance sécuritaire» pour les visiteurs et les employés des salons ainsi que ses partenaires dès septembre. Elle avançait alors que l’annulation de rassemblements intérieur et extérieur jusqu’au 31 août, décrétée par le gouvernement provincial, a touché 225 salons d’exposition.