Les nouveaux propriétaires de la Laiterie Chagnon, Adam Coape-Arnold et Éloïse Grondin-Bouchard, ont de grands projets pour l’entreprise. Le président Nathan Kaiser est absent de la photo.

La Laiterie Chagnon­ va ramener sa «run de lait»

La Laiterie Chagnon va ramener sa « run de lait ». Les nouveaux propriétaires de la PME de Waterloo veulent relancer un service de livraison à domicile avec une formule d’abonnement en ligne, tout en planchant sur le lancement de plusieurs nouveaux produits.

« On va combiner la nostalgie de la livraison à domicile à la modernité d’une application. On va être les premiers à marier l’histoire et la technologie », affirme le vice-président et chef du marketing, Adam Coape-Arnold.

Si tout se déroule comme prévu, ce nouveau service sera lancé dans quelques semaines dans la région, mais aussi à Montréal. Dans les Cantons-de-l’Est, la livraison sera assurée par un livreur aux couleurs de Chagnon, tandis qu’un partenariat sera établi dans la région montréalaise avec le service Uber Eats et des restaurateurs.

Ceux et celles qui le désirent pourront ainsi s’abonner, sur une base hebdomadaire ou autre, à la livraison de paniers contenant notamment du lait (au choix du client parmi la gamme offerte), du yogourt et du beurre. Ces paniers, livrés dans des contenants isolés à des périodes prédéterminées, pourront être bonifiés au choix. Le site rundelaitchagnon.com devrait être mis en ligne prochainement, dit Adam Coape-Arnold.

Ce dernier ainsi que sa conjointe et partenaire d’affaires Éloïse Grondin-Bouchard, tous deux à la barre de Cult Yogourt, se sont portés acquéreurs de la Laiterie Chagnon en mars 2017 avec la famille Kaiser, propriétaire de Lait Kaiser. Nathan Kaiser assure la présidence de la Laiterie Chagnon.

Nouveaux produits
Les nouveaux patrons de l’entreprise n’ont pas chômé au cours des derniers mois. Ils ont revu l’image de la marque, investi dans les installations, embauché une dizaine de nouveaux employés et développé une nouvelle gamme de produits qui envahiront les tablettes des supermarchés au cours des prochains mois.

Chagnon fait ainsi dorénavant dans le yogourt. Deux saveurs — nature et érable — ont récemment été lancées. Le nombre de points de vente est appelé à augmenter au fil des semaines. Les yogourts sont pour l’instant offerts en pots de verre de 950 grammes. Les propriétaires veulent ainsi tester le marché, mais ils pourraient éventuellement opter pour des pots de plastique pour être plus compétitifs, dit Adam Coape-Arnold.

Les yogourts à boire devraient suivre au printemps. Les crèmes glacées de l’entreprise ont aussi été revues, autant au niveau de l’image que des saveurs. Les mélanges érable et bacon, ainsi que pouding chômeur devraient s’ajouter à la gamme de saveurs offertes.

Chagnon vise aussi à produire éventuellement un « lait de Pâques » à saveur de chocolat et de caramel, du fromage à la crème et du fromage cottage. « Nous sommes de nouveaux propriétaires et nous voulons introduire de nouveaux produits, mais nous n’oublions pas le passé. C’est encore Chagnon », assure le vice-président. Il souligne au passage que la PME est revenue à son logo original, qui représentait la signature du fondateur de l’entreprise, Jacques Chagnon, père des dirigeants précédents, Denis et Luc Chagnon.

Transition
Selon Adam Coape-Arnold, Luc Chagnon a quitté un mois après la vente de l’entreprise, tandis que Denis Chagnon est demeuré cinq mois auprès des nouveaux propriétaires pour leur apprendre le B-A.-BA de l’usine.

« Ça a été une année de reconnaissance. Il nous a fallu apprendre à connaître l’usine, à savoir quel produit marche ou pas », souligne Éloïse Grondin-Bouchard, directrice de la recherche et du développement. La transition a aussi dû être effectuée avec le personnel afin de « placer tout le monde au bon endroit et monter l’équipe dont on a besoin », fait-elle valoir. Laiterie Chagnon emploie environ 55 personnes à l’heure actuelle.

Des investissements, non chiffrés, ont été réalisés dans l’usine au cours des derniers mois afin d’acquérir les équipements nécessaires à la production des nouveaux produits, dont les yogourts. « C’est un processus de deux à trois ans pour transformer l’usine, mais les installations sont géniales. Nous avons aussi 12 camions de distribution, une équipe de vente et des employés fiers et dévoués pour la marque », estime le vice-président.

Le développement de la marque Chagnon n’empêche pas les propriétaires de travailler aussi au rayonnement de leur entreprise respective, soit Lait Kaiser, qui commercialise le Vita Lait (sans OGM), de même que Cult Yogourt, un produit haut de gamme, élaboré à partir du lait de vache Jersey.

« Le fait d’être chez Chagnon et d’avoir une équipe nous permet de faire les deux », dit la directrice de la R et D. « Mais Chagnon et Cult Yogourt conservent leur propre identité. Celle de Chagnon, c’est l’histoire, la run de lait et le terroir des Cantons-de-l’Est », conclut Adam Coape-Arnold.