Partenaires dans la vie et en affaires, Nathalie Archambault et Jean-Philippe Robert ont commencé à planter 1000 pommiers sur leur terre en 2006 pour faire une petite production de cidre artisanal.
Partenaires dans la vie et en affaires, Nathalie Archambault et Jean-Philippe Robert ont commencé à planter 1000 pommiers sur leur terre en 2006 pour faire une petite production de cidre artisanal.

La cidrerie Autour de la pomme ouvre ses portes au public

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Une idée née il y a près de 15 ans se concrétise à Shefford, sur le chemin Jolley. La cidrerie Autour de la pomme a subi des rénovations afin d’ouvrir ses portes au public grâce à une toute nouvelle boutique.

Partenaires dans la vie et en affaires, Jean-Philippe Robert et Nathalie Archambault, ont obtenu l’an dernier leur permis de producteur de cidre artisanal leur permettant de produire et commercialiser quatre cidres, dont un cidre de glace, un cidre mousseux et un cidre léger, déjà en vente dans quelques épiceries et fermes de la région.

« Comme on n’avait pas de boutique de dégustation encore, on n’avait pas commencé à en parler, mais avec la rénovation qu’on a faite, on est prêts pour recevoir les gens », explique M. Robert.

Ce qui l’intéresse le plus dans la production de cidre? Les assemblages de pommes. « Il y a des pommes acides, sucrées, tanniques et souvent, c’est le mélange que tu vas créer qui va donner quelque chose d’intéressant. »

Au verger, le cidriculteur cultive neuf variétés de pommes. Certaines d’entre elles, qui ne se trouvent pas en épicerie, comme la Liberté et la Eden, sont des variétés qui résistent naturellement aux maladies, ce qui permet de réduire considérablement l’usage de pesticides.

L’an dernier, la cidrerie Autour de la pomme a obtenu son permis de producteur de cidre artisanal lui permettant de produire et commercialiser quatre cidres.

Jusqu’à tout récemment, M. Robert faisait la culture des pommiers et la transformation du cidre en parallèle à son emploi de pharmacien. Il a décidé de prendre une année sabbatique sans date de retour pour se consacrer à temps plein à l’agrandissement de la cidrerie et à l’opération de la boutique, un projet qu’il chérissait depuis longtemps déjà.

Des spiritueux

Pour pousser l’expérience encore plus loin, les propriétaires ont obtenu leur permis de distillateur la semaine dernière, les autorisant à créer des spiritueux à base de pomme qu’ils comptent vendre à la SAQ. « On va faire des vodkas, des calvados (brandys de pomme). On a déjà fait quelques tests », laisse entendre M. Robert.

Des produits qui ne demandent pas de vieillissement, comme la vodka ou l’eau-de-vie de pomme, pourraient être disponibles dans les prochains mois, tandis que les produits comme le calvados, qui exigent un élevage en barrique, devraient être en vente dans un an ou deux, estime l’entrepreneur.

Actuellement, M. Robert dit avoir une capacité de production de 5000 à 6000 bouteilles par année. Selon le produit, ce chiffre est toutefois appelé à diminuer, fait-il savoir. « Si on fait beaucoup de cidre de glace, on divise le volume par cinq parce que c’est un produit très concentré. Si on fait un spiritueux, on divise par dix. C’est ce qui explique les prix un peu plus élevés, car ça prend beaucoup de matière première pour arriver à ça. »

Celui qui dit être toujours en expérimentation pour l’élaboration de ses produits n’écarte pas l’idée de faire des collaborations avec d’autres producteurs. « Il y a une distillerie, un vignoble, une microbrasserie et notre cidrerie à Shefford. On a une offre complète au niveau des boissons alcoolisées. »

La boutique sera ouverte tous les jours jusqu’à Noël. Elle sera ensuite ouverte tous les week-ends.

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DE LA FRANCE À SHEFFORD

Jean-Philippe Robert et Nathalie Archambault ont commencé à planter 1000 pommiers sur leur terre en 2006 pour faire une petite production de cidre artisanal. Dégustations, essais et erreurs ont fait partie de leurs premiers pas en tant que cidriculteurs.

Les deux entrepreneurs travaillant dans le domaine de la santé ont habité sept ans aux Îles-de-la-Madeleine. Un choix de vie qui aura été déterminant puisqu’ils y ont fait la rencontre d’un sommelier devenu un bon ami. « C’est là que j’ai eu la piqûre. J’avais le goût d’explorer plus loin, je ne voulais pas juste déguster des alcools, je voulais en faire. La partie technique et scientifique des vins et des alcools m’intéressent beaucoup », explique M. Robert.

Cette passion l’a mené, avec sa conjointe, en France, où il a pu faire une immersion complète dans le monde viticole. « J’ai fait un cours à l’Université de Montpellier et ensuite j’ai travaillé dans des vignobles en France. Ça a été un drôle de moment de notre vie. On avait déjà un petit garçon et ma femme était enceinte de notre fille. On a décidé de partir juste après sa naissance », se remémore M. Robert.

Le couple est revenu au Québec avec des idées plein la tête et la ferme intention de démarrer leur entreprise. « J’avais envie de travailler la pomme, car ça me parlait plus que le raisin. J’arrivais d’une région où le climat est très chaud. En arrivant au Québec, avec le climat froid, ce n’était pas du tout le même genre de vin », souligne-t-il.

Le duo, originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, cherchait une ville « où la culture de la pomme est idéale » pour installer leur petite entreprise. Shefford a sans contredit été un coup de cœur. « On n’a jamais regretté! »