Arrivée en poste en avril 2016, Mme Côté a eu pour mandat de relancer les activités de la chambre de commerce, en semi-dormance depuis quelques années. Quatre ans plus tard, elle tire sa révérence.
Arrivée en poste en avril 2016, Mme Côté a eu pour mandat de relancer les activités de la chambre de commerce, en semi-dormance depuis quelques années. Quatre ans plus tard, elle tire sa révérence.

La Chambre de commerce au Coeur de la Montérégie perd sa directrice générale

La Chambre de commerce au Coeur de la Montérégie (CCCM) devra embaucher une nouvelle personne à sa direction générale. Véronique Côté, qui occupait le poste depuis quatre ans, a choisi de tirer sa révérence.

Étant donné les finances plutôt précaires de la chambre de commerce, Mme Côté a proposé au conseil d’administration de l’organisme de se mettre elle-même à pied temporairement au début de la crise de la COVID-19.

«La pandémie a fait en sorte d’arrêter tous les types de regroupement. Donc, comme la chambre de commerce dépend des activités qu’elle organise pour se financer, on n’avait plus de rentrées d’argent à court et moyen terme, explique le président du conseil d’administration de la CCCM, Mathieu Halle. On parlait de ce qu’on pourrait faire, et Véronique a elle-même suggéré de se mettre à pied et de bénéficier de la PCU [Prestation canadienne d’urgence] pour donner un peu d’oxygène à la Chambre.»


« Elle a toujours eu des ambitions au-delà de ce qui était possible d’accomplir sur notre territoire. Investir autant de travail et d’énergie pour des résultats plus modestes, ça peut être essoufflant. »
Mathieu Halle, président du conseil d’administration de la Chambre de commerce Au Coeur de la Montérégie

Il y a deux semaines, la directrice générale a finalement choisi de quitter le poste qu’elle occupait depuis avril 2016 avec pour mandat de relancer les activités de la chambre de commerce, en semi-dormance depuis quelques années. Un départ qualifié de «perte majeure» par la CCCM, dans une publication diffusée sur Facebook à ce sujet, mercredi.

En un an, la chambre de commerce s’est installée dans un nouveau local, a renouvelé son conseil d’administration et a mis sur pied un tout nouveau site web. Le nombre de membres était par ailleurs passé de 90 à plus de 120 à l’époque.

L’augmentation du nombre de membres et de la présence de la chambre de commerce sur son territoire faisaient aussi partie de sa mission, ce qu’elle a réussi à faire en rapatriant les entreprises d’Ange-Gardien et de Saint-Paul-d’Abbotsford à l’automne 2018. Alors que les entreprises gardangeoises étaient orphelines depuis la fusion des chambres de commerce de Lac-Brome, Farnham et Cowansville, le territoire de Saint-Paul-d’Abbotsford était sous l’égide de la Chambre de commerce Haute-Yamaska. Des discussions s’étant étirées sur plusieurs mois ont récemment abouti au transfert de la municipalité vers la CCCM, qui dessert la MRC de Rouville, Saint-Paul-d’Abbotsford en faisant partie.

Mme Côté est également derrière le Colloque au Féminin, qui s’est tenu à trois reprises, et le Salon de l’emploi au Coeur de la Montérégie, dont les deux premières moutures ont eu lieu au complexe sportif de Saint-Césaire, en février 2019 et 2020.

Un territoire à dynamiser

La gestionnaire, qui est aussi directrice générale de l’organisme Entraide Maternelle du Richelieu, s’est dite triste de ce départ, mais quitte toutefois avec le sentiment du devoir accompli.

« Diriger et mener à bien les actions d’une organisation comme la CCCM a été une expérience passionnante, mais surtout un honneur, a-t-elle fait savoir à La Voix de l’Est, vendredi. Je me considère privilégiée d’avoir contribué à des réflexions et à des actions entourant le développement économique de notre région, entre autres. C’est avec toute la passion qui m’habite que j’ai porté fièrement et à bout de bras la mission de la CCCM, ces quatre dernières années, et cela représente un engagement qui demeurera marquant pour moi. D’ailleurs, j’ai bien l’intention de continuer à m’impliquer de façon citoyenne, mais différemment et éventuellement réussir à créer une belle force de réseau dans ma communauté.»

Le président du conseil d’administration de la CCCM n’a lui aussi que de bons mots pour son ancienne employée. «Véronique a eu un dévouement très marqué pour notre territoire. J’ignore si la personne qui la remplacera en aura autant, note M. Halle. Tous les événements, aussi petits soient-ils, qu’on parle d’un café-rencontre, d’un déjeuner ou bien de notre tournoi de golf et de notre salon de l’emploi, tout était organisé parfaitement. Les gens étaient toujours très satisfaits. Véronique a toujours fait preuve de sérieux et de professionnalisme dans ses fonctions.»

«En même temps, elle a toujours eu des ambitions au-delà de ce qui était possible d’accomplir sur notre territoire. Investir autant de travail et d’énergie pour des résultats plus modestes, ça peut être essoufflant», reconnaît-il toutefois.

Dynamiser la région et mobiliser la communauté d’affaires de Rouville demeure le principal défi de la CCCM qui, compte tenu de ses finances et du contexte pandémique, reportera vraisemblablement l’embauche du successeur de Mme Côté en 2021.

Le fait d’être «enclavé» entre les pôles de Chambly, de Granby, de Saint-Hyacinthe et de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui ont eux-mêmes des chambres de commerce ayant plus de membres et d’activités, rend la tâche plus ardue.

«Idéalement, on devrait avoir au moins 200 membres pour avoir une masse critique et une force de frappe intéressante. Notre bassin de membres potentiels est de 600 à 700 entrepreneurs, entreprises et organismes», calcule le président, mentionnant qu’actuellement, la chambre compte un peu moins de 100 adhérents.

La CCCM tiendra son assemblée générale annuelle de façon virtuelle le 18 juin prochain. Des postes au conseil d’administration seront ouverts; ce sera l’occasion pour les personnalités d’affaires de Rouville de s’investir pour le développement économique de leur région.

«C’est le moment de se présenter, affirme Mathieu Halle. Après la COVID-19, il faudra soutenir nos entreprises locales et c’est le temps de s’investir.»