Les travaux ont commencé sur le site du futur abattoir La Bêlerie, à Cowansville. Un projet de Jamie Schofield et de Myriam Langlois.
Les travaux ont commencé sur le site du futur abattoir La Bêlerie, à Cowansville. Un projet de Jamie Schofield et de Myriam Langlois.

La Bêlerie lance la construction de son abattoir

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Les premiers coups de pelle ont été donnés sur le site qui accueillera l’usine d’abattage, de traitement et de transformation La Bêlerie, à Cowansville. L’abattoir sera dédié uniquement à l’agneau et sera prêt à répondre aux plus hautes normes de santé et de sécurité, même en temps de pandémie.

L’excavation a débuté la semaine dernière et l’objectif d’ouverture demeure au printemps 2021.

Certains retards ont été occasionnés par quelques étapes plus longues que prévu, mais surtout par la complexification du projet. «C’est plus grand que ce qu’on avait prévu initialement et il a fallu qu’on change certains équipements. On a retravaillé les plans», explique la copropriétaire Myriam Langlois.

Les installations seront construites de telle sorte que les employés pourront travailler à deux mètres ou plus de distance. Une préoccupation qui est née de la situation sanitaire actuelle.

La nouvelle usine, de juridiction fédérale, aura une superficie de 22 000 pieds carrés et des équipements à la fine pointe de la technologie. Elle sera munie d’une salle de découpe et d’une ligne d’emballage.

Avec les changements apportés, l’investissement a par conséquent augmenté, passant de 7 M$ à 9 M$.

Seulement pour agneaux

Au départ, le projet prévoyait des installations pour recevoir des bœufs en plus des agneaux.

«On a changé de cap là-dessus parce que faire du multiespèces nous amenait à avoir des protocoles plus élaborés qu’on devait faire chaque jour, même si on n’avait pas à faire de bœuf cette journée-là. On va se concentrer sur notre spécialité», relève-t-elle.

La Bêlerie œuvre depuis deux ans dans la production ovine, avec 1800 agneaux lourds produits annuellement à la ferme, mais aussi dans la distribution et la transformation pour «rendre l’agneau du Québec accessible à tous». Elle ajoute une corde à son arc avec son usine d’abattage.

Une viande plus accessible

Non seulement la Bêlerie n’aura plus à transporter ses agneaux vers un abattoir de la Rive-Nord de Montréal, de Québec ou de la Beauce, ce qui diminuera le stress lié à de longs trajets en plus de sauver des frais, mais son statut lui permettra d’exporter la viande et de recevoir des agneaux d’autres éleveurs du Québec et des provinces voisines.

Elle précise qu’il y a trois types d’abattoirs au Québec. Le type B n’est pas régi, ce sont des abattoirs de proximité pour de la viande qui ne sera pas revendue. Les abattoirs de juridiction provinciale permettent de traiter des animaux du Québec pour une revente au Québec, mais la viande n’a pas accès aux entrepôts des grandes chaînes d’alimentation.

«Ensuite, il y a la juridiction fédérale avec une approche d’inspection différente. C’est un niveau supérieur et ça nous permet de faire du pancanadien et de l’importation et exportation. Et quand on veut travailler avec de grandes chaînes, le fédéral nous permet d’avoir accès à leurs entrepôts.»

La viande du Québec devient alors plus accessible pour les consommateurs qui ne font leur épicerie que dans les grandes bannières.

«Ça fait un gros parallèle avec l’autonomie alimentaire. On veut que les gens d’ici aient accès aux produits d’ici.»

Mme Langlois, copropriétaire avec Jamie Schofield, espère qu’un abattoir de proximité permettra à l’industrie de l’agneau lourd - entre 16 et 30 kg et âgé de moins d’un an - de reprendre de la vigueur au Québec.

Aide de la ville

Le projet a pu voir le jour grâce à l’apport de la Ville de Cowansville, qui a vendu un terrain à l’entreprise sur le chemin Brosseau pour la somme de 105 000 $. En contrepartie, l’administration municipale a octroyé à l’Abattoir La Bêlerie une aide financière de 100 000 $ selon les critères du règlement sur les crédits de taxes et l’aide financière aux entreprises.

Le montage financier a notamment été complété avec la collaboration d’Investissements Québec et des Services aux entreprises de Granby.

Environ 80 emplois seront créés par cette future usine.