Les Produits Belt-Tech continuent à croître et le Fonds de solidarité FTQ a annoncé un investissement de 5 M$ pour aider l’entreprise à innover.

Investissement de 5 M$ chez Belt-Tech

La croissance se poursuit de belle façon chez les Produits Belt-Tech, à Granby. Le Fonds de solidarité FTQ a annoncé, vendredi, un investissement de 5 M$ pour appuyer le virage vers l’industrie 4.0 de l’entreprise spécialisée dans le tissage de sangles de sécurité pour les industries automobile, commerciale et de l’aviation.

Il s’agit d’un nouveau partenaire pour Belt-Tech, dont la croissance est telle que cinquante nouveaux employés ont été engagés depuis deux ans, portant leur nombre à 200. Cette fois-ci, l’investissement ne mènera pas à des ouvertures de postes, mais plutôt à l’achat d’équipements pour améliorer la qualité des produits et aider les employés dans leur travail.

« On automatise toutes nos opérations d’application de produits chimiques [teintures] sur nos ceintures de sécurité, explique le président de Belt-Tech, Robert Bélanger, en entrevue avec La Voix de l’Est. Il va y avoir de l’aide humaine, mais ça va être programmé dans des systèmes automatiques. Ça devrait être en place d’ici septembre ou octobre cette année. En plus, on regarde pour installer des machines capables d’inspecter automatiquement notre production de ceintures de sécurité. Dans le moment, c’est fait manuellement. On va avoir encore besoin de l’aide de notre personnel, mais ils vont avoir un outil additionnel pour détecter de façon plus adéquate les problèmes de qualité qu’on peut avoir. On vient rehausser la qualité de nos produits. »

Cet équipement permettra d’inspecter automatiquement 75 % des sangles fabriquées dans l’usine de la rue Dorchester, comme les ceintures de sécurité pour automobiles et avions et une grande partie des autres produits.

Belt-Tech est aussi touchée par la pénurie de main-d’œuvre. Cependant, ces nouveaux équipements ne permettront pas de combler considérablement le manque de personnel.

Une partie de l’investissement du nouveau partenaire permettra également d’augmenter le fonds de roulement. « Nos affaires ont augmenté beaucoup et, ce faisant, on a besoin de fonds de roulement additionnel », ajoute M. Bélanger.

Un prêt et des actions
« L’innovation n’est pas limitée à la nouvelle économie, souligne Patrick McQuilken, conseiller principal aux relations de presse et aux communications du Fonds de solidarité FTQ. On le voit, dans le cas de Belt-Tech, l’innovation n’est pas seulement possible, mais elle est aussi importante. Notre mission est le capital de développement, donc contrairement à des fonds qui investissent sur un horizon d’un ou deux ans, les partenariats du Fonds sont beaucoup plus longs. On évolue dans le temps avec nos entreprises partenaires et leurs besoins. Nous voulons appuyer des fleurons. On voit que Belt-Tech est une compagnie qui a réussi à se bâtir une solide crédibilité dans le marché. »

Le Fonds de solidarité FTQ s’attend à un retour sur investissement. Une partie des 5 M$ est un prêt, tandis que le reste est sous la forme d’actions dans l’entreprise. Les détails du soutien financier n’ont toutefois pas été dévoilés.

Vitesse grand V
De 2009 à 2016, Belt-Tech a connu une croissance de 400 %. Un projet d’investissement de 6 M$ a été lancé en 2017 pour répondre à la demande générée par des contrats à long terme.

Puis, au début de l’année 2018, un investissement de 6,6 M$ avait été annoncé conjointement avec le gouvernement du Québec, par l’entremise du programme ESSOR, qui a accordé un prêt sans intérêt de 1,5 M$, et Développement économique Canada qui a confirmé une contribution remboursable de 287 500 $. Investissement Québec y était allé d’un prêt d’environ 2,5 M$.

Ces montants ont permis l’acquisition d’équipements et l’augmentation du fonds de roulement pour atteindre une production de sangles de sécurité de 100 millions de mètres annuellement.

« Notre volume de production a augmenté de 40 à 45 % depuis l’année dernière », fait savoir Robert Bélanger.

Quant à l’avenir, Belt-Tech souhaite diversifier sa production, par exemple pour fournir le milieu industriel, et elle travaille depuis 2017 sur une modernisation des ceintures de sécurité des avions.

Ceintures intelligentes
L’objectif est de créer des ceintures de sécurité intelligentes, développées avec le Groupe CTT de Saint-Hyacinthe, qui permettraient aux agents de bord de savoir d’un seul coup d’œil sur un tableau quels sont les passagers dont la ceinture n’est pas bouclée.

« C’est encore en développement. Tout le monde à qui j’en parle trouve ça extraordinaire, rapporte le président de l’entreprise. Il n’y a jamais eu dans les avions d’amélioration des ceintures de sécurité. À cause des turbulences, les agents de bord sont à risque quand ils s’assurent que les passagers ont bouclé leur ceinture. »

Belt-Tech souhaite que le fil conducteur, tissé dans la ceinture, ne soit pas apparent pour les passagers. C’est là-dessus que se penchent maintenant les concepteurs.

Ensuite, il faudra vendre le produit aux fabricants d’avions. M. Bélanger compte le faire en s’adressant aux agents de bord. « On veut approcher les syndicats des agents de bord pour leur montrer que leurs membres sont à risque afin qu’ils nous aident à convaincre les fabricants d’avions de les intégrer. »